07/07/2014
20ème anniversaire des Controverses Européennes de Marciac

"Non, je ne suis pas musicien, je viens pour débattre de l’agriculture et du monde rural"

Faites appel à vos souvenirs, a-t-on demandé à celles et ceux qui ont déjà assisté aux Controverses Européennes de Marciac... Pour ce vingtième anniversaire, quels temps forts vous restent en mémoire ? Un trait d’ambiance, un sujet, une parole, un moment particulier, une manière de faire, une rencontre… Régulièrement invité pour ponctuer ces journées avec humour par de courtes interventions, Marc Gauchée nous livre ici, avec son irrévérence habituelle, une sorte de journal de bord de l’intervenant parisien...

"Cela fait déjà quelques éditions que je suis invité à « ponctuer » les journées de Marciac ; L’occasion de vous livrer les affres d’un intervenant…

Avant .

Écouter Jean-Marie Guilloux m’expliquer le thème de l’année. Téléphoner à Valérie Péan pour comprendre le thème de l’année.
Accepter de ponctuer les interventions des autres.
Dire « Sucré » au lieu de « Salé » à l’hôtesse dans l’avion et avaler une éponge sirupeuse en guise de gâteau d’apéritif.
Expliquer sans rire au bénévole du festival qui vient me chercher à l’aéroport que « Non, je ne suis pas musicien, je viens pour débattre de l’agriculture et du monde rural ».
Convaincre le bénévole du festival qui vient me chercher à l’aéroport qu’il faut quand même m’accepter dans la voiture.
Se taper une heure et demi de tournants en voiture. Ne pas vomir. Arriver enfin à Marciac et se taper un ultime tour de bastide. Ne pas vomir.

Pendant.

Suer sous un chapiteau surchauffé. Flipper pour improviser sur les interventions des autres. Intervenir l’après-midi après le Saint-Mont et l’armagnac. Du coup, avoir la fâcheuse impression que les tables sont moins rondes que l’auditoire. Espérer que les Bataclowns ne reprennent surtout pas mon intervention. Rire quand les Bataclowns reprennent mon intervention. Éponger avec du Noir de Bigorre les verres de Saint-Mont et de Colombelle de l’apéritif. Se retrouver le soir à croiser les lecteurs du Nouvel Observateur avec leur Borsalino noir pour faire jazzy. Déplorer le changement de nom, « L’Université d’été de l’innovation rurale » devenue les « Controverses », parce que ça fait plus Bruno Latour à Sciences-Po que Manuel Valls à La Rochelle. Aller pisser dans des préfabriqués. Ne pas oublier les pièces pour les jeunes qui nettoient les toilettes dans les préfabriqués. Se rappeler Stéphane Le Foll en short avant qu’il soit ministre. Chercher Jean-Claude Flamant. Constater que la chambre qu’on m’a attribuée pourrait contenir tout mon appartement parisien. Constater que la chambre qu’on m’a attribuée contient aussi un autre intervenant.

Après.

Devoir admettre, sous les platanes, que « C’était encore très bien, mais très différent cette année ». Partir quand même. Se retaper une heure et demi de tournants. Ne pas vomir. Oublier de dire « Salé » ou « Sucré » à l’hôtesse dans l’avion et avaler seulement un verre d’eau tiède en guise d’apéritif. Attendre l’année prochaine avec impatience. Revenir."

Marc Gauchée

Un texte de Marc Gauchée. Juillet 2014
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