Mais que l’on ne s’y trompe pas : ce petit livre fait du bien, car au-delà de la souffrance morale de délégation de la mort aux abattoirs et de la dénonciation d’un système basé sur la seule productivité – « Les animaux on s’en fout, on ne fait que du fric avec. »-, ces femmes et ces hommes demandent de retrouver du rituel pour mieux faire le deuil. Pas un blabla biblique, non, mais simplement le temps de l’accompagnement de ces animaux dont la valeur dépasse largement celle du steak, du jambon ou du gigot sur pattes.
Alors oui, les éleveurs revendiquent un droit de regard et un droit d’agir sur la manière dont leurs bêtes sont abattues, pour pouvoir assumer la mort de leurs compagnons de travail. Mais mieux, ce petit livre appelle aussi à un dialogue entre tous les acteurs, éleveurs, bouchers, consommateurs, et propose des alternatives. Nous, omnivores consommateurs de ces productions, entendrons-nous cet appel ?
Un essai de Jocelyne Porcher, sociologue, Elisabeth Lécrivain, éco-éthologue, Nathalie Savalois, anthropologue et Sébastien Mouret, sociologue. Préface d’Elisabeth de Fontenay.
Les éditions du Palais, octobre 2014 (104 pages, 14,50 euros).
Ce livre repose sur les résultats d’une enquête collective menée en 2013 auprès de 66 éleveurs et sur un ensemble d’entretiens avec des éleveurs portant sur l’abattage et sur les abattoirs.








