14/12/2003
Les Cafés-Débats de Marciac "Comprendre les Agriculture du Monde". 22 Mai 2003
Nature du document: Actes des débats
Mots-clés: Foncier , Modèles , Politiques

Quelle évolution pour les paysans d’Afrique noire, dans le cadre de la fin d’un modèle colonial de développement ?

Reflux de l’Etat et des politiques publiques, programmes d’ajustement structurels, crise urbaine, baisse des cours des matières premières, libéralisation des filières agricoles, etc. Des décennies 80 et 90, sortent des paysanneries africaines de plus en plus fragmentées et désorientées face à la crise généralisée du modèle de développement colonial et néo-colonial.
Dans ce contexte, est-il possible de tracer quelques orientations majeures sur la façon dont les paysans d’Afrique noire peuvent redéfinir leurs activités et leurs rapports aux lieux et aux territoires ?
Bernard Charlery de la Masselière, Professeur des Universités, enseignant-chercheur, du département Géographie à l’Université Toulouse-Le Mirail était l’invité de ce café-débat.

A propos
Il faisait chaud cette soirée là sous les arcades du Café de l’Hôtel de Ville à Marciac, comme pour s’accorder avec le sujet du jour : ’’Quelle évolution pour les paysans d’Afrique noire, dans le cadre de la fin d’un modèle colonial de développement ?’’
Très vite, le dialogue s’engage entre l’invité, Bernard Charlery de La Masselière, professeur à l’Université de Toulouse-Le Mirail et Jean-Claude Flamant, directeur de la Mission d’Animation des Agrobiosciences. Puis c’est le groupe local de réflexion qui donne le coup d’envoi du débat, avec trois grandes questions : d’abord sur la paysannerie africaine, dont il est difficile de parler tant les disparités sont grandes à l’échelle du continent. Ensuite sur le problème du partage des terres : l’agriculture extensive, grande dévoreuse d’espace, risque de déborder bientôt sur les zones pastorales préservées. Entre ces deux extrêmes, l’Afrique peine à trouver un juste milieu, bien que des sociétés agraires particulières aient d’ores et déjà su adapter les techniques importées. Un exemple ? La culture du café, qui a permis l’émergence d’une véritable société de producteurs locaux, facteur d’équilibre social, bien qu’elle soit uniquement tournée vers les marchés extérieurs.
En dernier lieu, le groupe local de réflexion a abordé la question de la « privatisation » des terres communautaires car, en dépit d’initiatives locales encourageantes (Mozambique), la situation reste incroyablement complexe, et les droits fonciers anarchiques, la terre appartenant à qui l’exploite.
Les interventions du public se sont attachées, dans un second temps, à d’autres particularités du système africain : les mutations entraînées par la mondialisation, la question alimentaire et la démographie, l’explosion urbaine, la chute des cours des matières premières, les investissements, le bras de fer Nord/Sud ou encore le thème des économies solidaires, ce qui a fait de ce Café-Débat l’un des plus longs qu’ait connu Marciac !

Bernard Charlery de la Masselière
Professeur des Universités, enseignant-chercheur, du département Géographie à l’Université Toulouse-Le Mirail, Bernard Charlery de la Masselière est également enseignant à l’École Supérieure d’Agronomie de Purpan, à l’Institut Universitaire de Technologie de Castres, à l’Université de Dschang (Cameroun), à l’Université du Burundi et à l’Université de Conakry (Guinée).
Ces cours aussi nombreux que variés ne l’empêchent pas d’être membre de l’UMR Dynamiques Rurales, du groupe de recherche Montagnes et Café (MOCA) au CNRS, et co-directeur de la collection ’’Ruralités Nord-Sud’’ à ses heures perdues, ainsi que directeur de thèses. Il est par ailleurs responsable de formation doctorale ESSOR à l’ENFA(Logiques Économiques et Sociétés Rurales).
De 1995 à 1999, il a été Directeur de l’Institut Français de Recherche en Afrique (IFRA) à Nairobi. Enfin, il consacre également le temps restant à l’écriture de nombreux ouvrages. Citons entre autres ’’Fruits du Terroir, Fruits Défendus. Identités, Mémoires et Territoires’’ (Presse Universitaires du Mirail, Toulouse, 2003) et ’’Caféiculture d’Afrique Orientale, Territoires, Enjeux et Politiques’’ (avec François Bart et Bernard Calas, Karthala-IFRA, Paris, 1998, 307p.)

Télécharger le cahier

A propos des Cafés-Débats

Organisés à l’initiative de la communauté de communes Bastides et Vallons du Gers et de la Mission d’animation des agrobiosciences, les cafés-débats de Marciac se sont tenus de juin 2002 à juin 2006. Objectif : éclairer les mécanismes des agricultures du monde et, du même coup, mieux cerner les enjeux et dynamiques des agricultures françaises et européennes.
Chaque conférence-débat était introduite par le Groupe Local de Réflexion qui livrait le fruit de ses réflexions sur le sujet pour amorcer le débat. Chaque intervenant proposait ensuite, durant environ 3/4 d’heure, sa lecture de la problématique, laissant un large temps à la discussion et au débat avec le public.
Le tout dans une ambiance des plus conviviales puisque les rencontres étaient précédées, pour celles et ceux qui le souhaitaient, d’un dîner voire même d’un interlude jazz proposé les élèves du collège de Marciac.
A l’issue de chaque rencontre, la Mission Agrobiosciences a édité un Cahier. Vous pouvez retrouver tous les cahiers des cafés-débats de Marciac ICI. Nous attirons cependant votre attention sur le fait que le contenu de ces derniers n’a pas été réactualisé depuis leur édition.

Avec Bernard Charlery de La Masselière. Professeur des Universités.

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