Téléchargez les Contributions aux 18èmes Controverses européennes de Marciac
Comme une remise à jour de la modernité…
L’agriculture et les agriculteurs ont-ils le droit d’être modernes ? En faisant de cette question le sujet d’un appel à contribution, la Mission Agrobiosciences n’espérait pas obtenir autant de réponses, ni une telle diversité d’auteurs : vingt-cinq textes en un mois seulement, dont un quart issu d’agriculteurs, un quart d’agronomes, le reste se partageant entre des représentants de syndicats de producteurs, des consultants, des étudiants et des chercheurs de disciplines diverses (économie, philosophie…), sans oublier des citoyens éclairés qui questionnent le lien entre producteurs et consommateurs, mais aussi les représentations de l’agriculture à l’œuvre dans notre société.
Il y a là des plaidoyers, des cris d’alarme, des coups de gueule, des témoignages, de savants éclairages, des analyses pointues, des retours sur l’histoire et des pistes pour demain.
Si la notion de modernité a été largement interrogée et a souvent fait l’objet d’un réel effort de définition, elle a d’abord été entendue comme le synonyme classique de productivité, progrès et compétitivité- critiqués par la plupart, défendus par une minorité. C’est dans un second temps que d’autres significations possibles ont été avancées : liberté, solidarité, capacité à s’interroger et à débattre, aptitude à concilier économie et écologie, à jeter des ponts entre passé et avenir, à tisser des liens entre les différents acteurs de l’agriculture, de l’alimentation et de la société. Autant d’innovations sociales, organisationnelles, politiques, culturelles et économiques… Des propositions qui constituent une troisième voie, entre la remise en cause d’une modernité technoscientifique pure et dure et le recours au passéisme le plus archaïque.
Comment ne pas souligner enfin l’élan qui anime ces textes : un besoin de s’exprimer, un goût pour la réflexion, une envie de se colleter avec des questions complexes et un appel à en débattre. Cette lecture ne peut que nous renforcer dans notre conviction : plus que jamais, l’agriculture est un grand sujet de société - et, en cela, elle n’a rien de ringard ! Pour tout cela, que leurs auteurs en soient remerciés.








