12/10/2004
Goma
Avec : Gérard Goma

Gérard Goma

Un parcours atypique, un propos haut et franc, une démarche suffisamment rare pour qu’on la dise exemplaire... En bon chimiste qu’il est, Gérard Goma a toujours fait la synthèse entre plusieurs cultures. Professeur de classe exceptionnelle, ancien responsable du Département de Génie Biochimique et Alimentaire au sein de l’Institut National des Sciences Appliquées de Toulouse, département qu’il a d’ailleurs contribué à créer, il ne dédaigne pas afficher sur son CV qu’il a commencé par un ... CAP d’ajusteur et de tourneur-fraiseur.

Celui dont certains disent qu’il est en Midi-Pyrénées, l’«  homme des biotechs » n’a cessé d’innover. Pas seulement dans ses travaux scientifiques, mais aussi dans sa compréhension de ce qu’est un ingénieur. « Nous devons aller de l’idée au marché », l’avons-nous souvent entendu affirmer. Rares sont les chercheurs dont la fameuse tour d’ivoire est aussi ouverte. Parallèlement aux fonctions publiques qu’il assume avec un sens aigu de l’utilité collective, il a aussi irrigué le tissu industriel, de missions en expertises, de conseils en montages de joint ventures. Bref, une « défense et illustration » du transfert technologique. Spécialiste des « bio-procédés », il réussit cette alchimie qui, à l’époque, n’était pas encore à la mode (nous sommes alors en 1990) : faire naître au sein de l’Université un parc scientifique qui regroupe incubateur, pépinière et plateaux techniques, pour héberger des start-up. Et ça marche depuis plus de vingt ans...
Résumons : se consacrant à la microbiologie, il semble avoir le don de transmettre le virus de l’ingénierie et l’art de catalyser les énergies. De formation plurielle, il est reconnu internationalement par ses pairs à travers plus de 180 publications « primaires » scientifiques, mais peut laisser tomber le jargon pour parler le même langage que les industriels qu’il côtoie, dans les secteurs de l’alimentation, du bois-papier, de la pharmacie, de la cosmétique ou de l’environnement. De plus en plus associé aux réflexions sur les stratégies de rapprochement entre recherche et industrie, Gérard Goma s’est notamment impliqué, ces dernières années, sur les politiques de site bio-industriel, les réseaux industriels et européens en matière de bio-ingénierie microbienne, ainsi que dans la création de l’Institut des Technologies Avancées des Sciences du Vivant (ITAV), un des piliers de la future Cité des Biotechnologies conçu par Alain-Michel Boudet.
En 2004, succédant à Marie-France Barthet, il est nommé Délégué Régional à la recherche et à la Technologie Midi-Pyrénées, poste qu’il occupe jusqu’en 2007. Toujours associé au Département de Genie Biochimique et Alimentaire de l’Insa Toulouse, il est l’un des co-présidents du conseil scientifique de Deinove, une entreprise de technologies vertes.

Si la Mission Agrobiosciences-Inra a souvent sollicité, au fil de ses débats, le chercheur, c’est l’ami dont elle souhaite ici saluer la mémoire. Gérard Goma est décédé le 10 septembre 2017.

Chimiste, ancien DRRT Midi-Pyrénées.
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