16/04/2008
Dans le cadre de "Ça ne mange pas de pain !" de février 2008

Le marché au secours de la biodiversité ? Ou l’économie du gène n’est-elle qu’un mirage ?

www.develop-pement durable le journal.fr

Dans le cadre de l’émission radiophonique "Ça ne mange pas de pain !", spéciale Biodiversité : petits arrangements avec le vivant, organisée par la Mission Agrobiosciences et diffusée sur Radio Mon Païs (90.1) les 19 et 20 février 2008, la séquence "Les Pieds dans le plat" se penchait sur les marchés de la Biodiversité.
Le vivant serait devenu aujourd’hui une marchandise. Un marché qui mettrait en scène des firmes des pays du Nord et des Etats ou de petites populations des pays du Sud, dont les jungles feraient office de nouvel Eldorado pour ces "biotech". Pour mettre de l’ordre dans ce marché et permettre l’échange de ces ressources sans nuire à la préservation de la biodiversité, il existe, depuis 1992, une Convention internationale sur la diversité biologique.
Plus de quinze ans après la mise en place de cette Convention, la biodiversité se porte-t-elle mieux ? Réponse avec Valérie Boisvert, économiste à l’Institut de Recherche pour le Développement. Une interview suivie d’une table ronde avec Bruno David, responsable des approvisionnements végétaux pour les laboratoires Pierre Fabre, et Joël Gellin, généticien, qui donne sa définition de la biodiversité.

Le marché au secours de la biodiversité ?
Ou l’économie du gène n’est-elle qu’un mirage ?

La chronique de Sylvie Berthier :

S. Berthier : « De l’affaire Kokopelli, et ses semences interdites à la vente, à la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées, en passant par la forêt de Madagascar, mais aussi les abeilles, les grands singes, les pandas, le thon rouge et autres plantes en péril, les polémiques sur la biodiversité reviennent régulièrement à la Une des médias empruntant, selon les époques, des figures emblématiques différentes et révélant de multiples enjeux.
Ainsi, nous serions confrontés à la sixième extinction de masse des espèces que la vie aurait connue sur la Terre. Il y aurait un consensus scientifique sur ce point. En cause, l’évolution de la nature certes, l’extinction des espèces étant un phénomène naturel bien connu mais, aussi, l’homme dont on sait aujourd’hui que les activités impactent durablement notre environnement. Comprenez : pollution, réchauffement climatique et surexploitation commerciale.
Car le vivant est bien devenu une marchandise. Pour caricaturer, ce marché met en jeu de grosses firmes des pays des Nord et des Etats ou de petites populations autochtones du Sud, dont les jungles et les jardins feraient office de nouvel Eldorado pour les “biotech” : pharmacie, cosmétique, agroalimentaire, etc.
En tout cas depuis une quinzaine d’années, une Convention internationale sur la diversité biologique tente de mettre de l’ordre dans ce marché mais aussi de garantir l’équité des échanges entre les pays qui souhaitent acquérir ces ressources végétales et ceux qui les détiennent. Depuis, la biodiversité se porte-t-elle mieux ? Et l’équité règne-t-elle enfin au pays de l’or vert ? Ou ce modèle n’est-il qu’un mirage ?
Pour répondre à ces questions, nous avons invité Valérie Boisvert, économiste à l’Institut de recherche pour le développement, IRD, équipe Politique de l’environnement, et co-auteur d’un ouvrage collectif pluridisciplinaire qui s’intitule "Les marchés de la biodiversité". Ensuite nous discuterons avec Bruno David, responsable des approvisionnements végétaux pour les laboratoires pharmaceutiques Pierre Fabre, et Joël Gellin, généticien, qui nous donnera sa définition de la biodiversité.

S. Berthier : Valérie Boisvert, vous êtes économiste, spécialiste de l’environnement. Vous connaissez bien cette question de la biodiversité et des marchés du végétal. Depuis quand parle-t-on d’un commerce de la biodiversité ou des ressources végétales ?
V. Boisvert : On en parle en ces termes depuis le milieu des années 1980, époque où le génie génétique commence à se développer. Avec son essor, on a commencé à considérer les ressources génétiques des forêts tropicales comme de nouvelles ressources pour les industries des pays du Nord. On pensait alors que ces dernières allaient être très intéressées par l’exploitation de ces nouveaux gisements. Parallèlement, les pays du Sud, eux, étaient demandeurs de règles juridiques d’accès pour que leurs ressources ne soient pas pillées.

C’est donc dans cette perspective que s’est tenu, en 1992, le Sommet de la Terre à Rio. Les Etats ont signé, au cours de ce Sommet, une Convention sur la diversité biologique. Quels en étaient les grands enjeux ?
Il y avait tout d’abord un enjeu technique. De nombreuses conventions étaient alors consacrées à la protection de l’environnement, dont les domaines se recoupaient plus ou moins. Il manquait une Convention cadre qui englobe toutes les autres et mette de la cohérence dans ce droit environnemental. C’est ce qui a été fait avec cette Convention sur la diversité biologique.
Ensuite, il était d’important d’avoir une Convention qui englobe non pas une partie mais l’ensemble du vivant. On insistait alors sur les logiques d’emboîtement entre les gènes, les espèces et les écosystèmes. Il semblait important de disposer d’une Convention qui tienne compte de l’ensemble de ces niveaux d’organisation du vivant.
Enfin, comme je l’ai déjà dit, elle était une réponse aux enjeux économiques naissants associés au développement du génie génétique. D’un côté, les industriels du Nord souhaitaient avoir accès aux gisements représentés par les ressources génétiques du Sud. De l’autre, les pays du Sud craignaient que leurs ressources soient pillées ou exploitées sans contrepartie.

La Convention s’était fixée trois objectifs : 1- la conservation de la diversité biologique ; 2- l’utilisation durable de ces éléments ; et 3- le partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources. Après quinze ans d’existence de cette Convention, où en sommes-nous ? Concernant les deux premiers objectifs, peut-on dire que la biodiversité se porte mieux ?
Il faut souligner que cette Convention a signé un tournant dans notre conception de la protection de ces ressources. Car sous l’intitulé “utilisation durable”, on considère désormais que la protection de ces ressources n’empêche pas leur utilisation. C’est un nouveau modèle né au début des années 80 car, auparavant, on pensait que pour protéger certaines espèces, il fallait en limiter voire en interdire l’exploitation, créer des aires protégées, des sanctuaires.
Aujourd’hui, on estime qu’en utilisant de façon raisonnée la nature, on peut promouvoir sa conservation. L’utilisation de ses ressources permet d’en tirer profit, de dégager des revenus qui pourront par la suite être réinvestis dans sa conservation. C’est une perspective assez nouvelle.

Dans les faits, les choses se sont-elles déroulées ainsi ?
Oui. Dans la mesure où l’utilisation est désormais permise, les Etats n’ont pas le droit de s’y opposer. Par contre, ils ont le droit et même le devoir de l’encadrer.

Concernant le troisième objectif, qui affiche le partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques, cela a-t-il fonctionné ? Est-ce que les populations autochtones, qui revendiquaient dans le même temps une reconnaissance culturelle, ont pu jouer à armes égales avec les grosses firmes ?
Pour qu’il y ait partage juste et équitable des avantages, encore faut-il qu’il y ait des avantages.
Lorsque que la Convention a été signée, on pensait que la bioprospection - la recherche de nouveaux principes actifs à visée pharmaceutique, à partir de ces ressources génétiques issues, principalement du monde végétal - allait exploser. La biodiversité était alors considérée comme un or vert susceptible de générer d’énormes revenus. Dès lors, on a imaginé que, grâce à la mise en place de règles d’accès et de partage des avantages, les populations gardiennes de cette biodiversité allaient pouvoir tirer des revenus de son utilisation. Des revenus qui devaient à la fois favoriser la reconnaissance de leur spécificité culturelle, de leurs droits politiques et leur permettre de pérenniser des pratiques favorables à la conservation de leurs ressources.
En fait, il y a eu une forte spéculation sur l’économie du gène. Quinze ans après, on se rend compte que ce modèle n’était qu’un mirage. Non seulement parce qu’il est difficile de mettre en place des règles de partage juste et équitable mais aussi parce que, finalement, il y a peu de choses à partager.

Ce fut donc une sorte de mythe d’abondance aux attentes disproportionnées par rapport aux possibilités réelles. En outre, la Convention ne nourrissait-elle pas un autre mythe : celui que les savoirs dits traditionnels et les savoirs scientifiques pourraient fonctionner en bonne harmonie ?
Tout à fait. Il y avait cette idée que l’on pouvait mettre sur un pied d’égalité les populations locales, détentrices de ces ressources génétiques mais aussi de savoirs traditionnels liés à des pharmacopées locales, et, de l’autre, les industriels détenteurs de techniques particulières comme le génie génétique, qui avaient les moyens de tirer profit de ces ressources. On imaginait qu’il aurait un échange harmonieux entre ces pays du Sud avec leur culture, leurs racines, leurs savoirs et leurs ressources traditionnelles et les pays du Nord dotés de technologies pointues, de droits de propriété intellectuelle dont il était possible de dégager d’importants profits.

La Convention est en cours de révision pour une nouvelle application en 2010. Quelles sont les modifications envisagées ? Et cela vous semble-t-il aller dans le bon sens ?
En fait, la Convention est en révision en permanence. Elle est réévaluée périodiquement. Concrètement, on évolue vers davantage de multilatéralisme. Je m’explique. Initialement, la Convention laissait aux pays du Sud la responsabilité d’organiser le commerce des ressources, sauf qu’ils n’avaient pas véritablement les moyens de le faire d’une façon qui leur soit profitable. Aujourd’hui, on s’engage vers une réglementation internationale dans laquelle il sera plus facile, pour ces pays et leurs populations, de faire valoir leurs intérêts. Quant à savoir si cela va dans le bon sens, il me semble que cette nouvelle donne internationale engage ces échanges dans une voie plus juste que celle suivie jusqu’à présent. Mais, c’est l’avenir qui nous le dira.

Propos de table
Table ronde avec Joël Gellin, généticien, et Bruno David, responsable des approvisionnements végétaux pour les laboratoires Pierre Fabre

S. Berthier : On parle, au travers de ce sujet de biodiversité, de ressources génétiques sans pour autant définir le terme. Joël Gellin, vous êtes généticien, directeur de recherches à l’Inra, qu’est-ce qu’une ressource biologique, une ressource génétique ?
J. Gellin : Dans le sens commun, il y a des confusions entre les termes espèces, races et variétés. Ces confusions, quoique dommageables, pourraient rester des problèmes de spécialistes. Prenons le mot race, par exemple. On peut l’utiliser sans problèmes pour qualifier nos animaux d’élevage. Par exemple, concernant le porc, il y a l’espèce porc, Sus scrofa, et des races telles que la Large white ou la Piétrain. Pour les plantes, on parle plutôt de variétés, de cultivars. Mais, chez l’homme, ce mot race est lourd de non-sens.
Tout se tend quand il s’agit de préserver, de soigner notre biosphère et surtout avec l’apparition du bio-business. « Votre biodiversité nous intéresse... » Il faut alors faire des lois, des règlements, permettre le commerce, le développer en respectant les gens et la nature. Le mot biodiversité donc, ce n’est pas simple à définir car des idéologies et des visions du monde sont à l’œuvre. Pour le public, il y a une idéalisation de cette nature souvent bien éloignée de la perception scientifique.

Nous n’avons toujours pas de définition de la biodiversité...
C’est vrai ! Je reprends la définition la plus large, celle de E.O. Wilson : « la totalité de toutes les variations de tout le vivant ». Elle inclut donc l’homme. Je reprends tout simplement ce que l’on retrouve dans Wikipédia : la biodiversité est la dynamique des interactions dans des milieux en changement. Elle se décline en diversité écologique - les milieux -, diversité spécifique - les espèces -, et diversité génétique, c’est-à-dire les variations génétiques des différents individus d’une espèce.
Définition compliquée, mais il y a dedans des choses qui relèvent du fondamental. Et ce fondamental, il ne faut pas l’oublier. Par exemple, le célèbre naturaliste Carl Linné a dit : « si tu ignores le nom des choses, même leur connaissance disparaît ». Alors il a nommé. C’est un travail formidable. Par exemple, le nom de l’espèce porc - Sus scrofa - c’est de lui, de même que la girafe, le lion, le chat... Mais il faut ici préciser que pour lui, et à son époque, au 18ème siècle, il y a des espèces, et que chaque espèce est bien définie. L’espèce chat ne donne que des chats. Il a raison. Mais cela va plus loin pour Linné : il y a un type bien précis. Il a une vision dite typologique. Pour Linné, c’est le type qui est important car c’est l’œuvre de Dieu. Il néglige les variations dans chaque espèce, les multiples variations pré-existentes et parfois amplifiées par le jardinier ou l’éleveur - les races et variétés dont je parlais précédemment. Pour lui, cela n’est pas important. Noé, avec son arche, prend un couple de chaque espèce, lion, girafe, cochon... et, dans l’idée, cela est suffisant pour sauver la biodiversité.

Et ce n’est pas le cas ?
Non. Depuis Darwin, nous avons une toute autre idée de la biodiversité. On prend en compte la diversité génétique dans chaque espèce. Et c’est d’ailleurs sur ces différences que la sélection a prise. C’est cette diversité qui représente à mon sens la biodiversité, celle qu’il faut préserver. Si l’on reprend la définition de départ, la biodiversité est bien la dynamique des interactions dans des milieux en changement.

Et concernant les règlements ? Il faut bien des règlements pour gérer tout cela entre les pays.
Tout à fait. Il nous faut des règlements internationaux, et ils sont bien décrits dans le livre de Valérie Boisvert. Mais soyons bien clairs sur le but ultime et les urgences. Sachons bien définir ce que l’on veut sauvegarder et utiliser. Ne faisons pas comme Noé avec son arche à la recherche des gènes.

S. Berthier : Alors justement, nous avons sur le plateau, Bruno David. Va-t-il comme Noé à la recherche des gènes tropicaux ? Je rappelle, Bruno David, que vous êtes responsable des approvisionnements végétaux pour les laboratoires pharmaceutiques Pierre Fabre. Qu’est-ce que cela veut dire ? Que vous partez avec vos bottes au fin fond des jungles tropicales pour chercher les petites plantes qui vont nous donner les molécules anti-cancéreuses de demain ?
B. David : C’est tout à fait cela puisqu’une partie de mon activité consiste à effectuer des missions de récolte sur le terrain. Mais la plus grande partie consiste à contracter avec les pays qui ont mis en place une réglementation d’accès à leur ressources végétales pour approvisionner nos laboratoires de recherches en échantillons végétaux.
En effet, en 1992, suite à la Convention sur la biodiversité, il s’est passé quelque chose de tout à fait important. Jusqu’alors et depuis des siècles, les animaux et les végétaux faisaient partie du patrimoine commun de l’humanité. Et c’est ainsi que les hommes ont utilisé des ressources végétales et animales pour créer les médicaments qui ont prévalu jusqu’au début du 20ème siècle. A partir de 1992, on a pris conscience de l’érosion de cette biodiversité suite à la pression anthropique et l’ensemble des Gouvernements ont pris les mesures pour préserver cette richesse. Un des points importants a été le transfert de la responsabilité de l’humanité aux différents pays.

S. Berthier : Valérie, vous dites dans votre livre que la question de cette bioprospection ne va pas de soi. Cela coûte très cher. Les firmes pharmaceutiques y investissent de plus en plus d’argent et mettent pourtant de moins en moins de nouvelles molécules sur le marché, ce qui pose problème.
V. Boisvert : Oui, dans cet ouvrage, on dit surtout qu’il y a eu un mythe, une spéculation autour de la bioprospection. Il y a quand même d’autres voies en matière de recherche-développement dans le secteur pharmaceutique et dans les autres secteurs qui étaient visés par la Convention. Qui plus est, il y a plein d’autres moyens de se procurer les substances naturelles que d’aller les chercher au fond des forêts tropicales.

S. Berthier : Bruno David. Cela coûte très cher mais vous continuez quand même à aller... Dans quels pays, d’abord, et pourquoi ?
B. David : Nous avons commencé par notre propre environnement c’est-à-dire la région toulousaine et les Pyrénées. Notre premier brevet sur des substances naturelles à visée anticancéreuse a été confectionné à partir d’une plante récoltée dans un jardin à Toulouse.

S. Berthier : Donc, la bioprospection, pour vous, va de la région toulousaine jusqu’aux tropiques. Pourquoi continuez-vous à aller dans ces contrées reculées ? Vous attendez quelque chose de miraculeux ?
B. David : Nous avons contracté avec différents pays, notamment en Asie du Sud-Est - je pourrais vous parler du Cambodge, du Laos qui sont des pays riches en biodiversité et où la pression anthropique, c’est-à-dire les activités humaines, fait que la forêt disparaît tous les jours un peu plus. Chaque année, pour citer précisément l’exemple du Cambodge, 2% de la forêt tropicale disparaît. On peut imaginer qu’à ce rythme là, puisqu’on connaît bien cette image de l’équivalent de la superficie d’un terrain de football qui disparaît toutes les deux secondes, les forêts tropicales vont disparaître à tout jamais avec leur potentiel de richesse chimique aussi intéressant pour l’industrie pharmaceutique que cosmétique.

S. Berthier : Vous récupérez donc des échantillons, des molécules en “banque” pour pouvoir vous en resservir plus tard ?
B. David : Ce que nous faisons, c’est contracter avec les pays pour lesquels il existe une réglementation. Comme le disait Valérie Boisvert, étant donné les sommes importantes investies par l’industrie pharmaceutique, on ne peut pas prendre de risques. Les industries pharmaceutiques ne s’amusent pas à faire des coups, comme certaines petites start-up, en essayant de breveter des choses qui sont connues depuis des siècles. Notre logique est une logique de développement sur des durées de douze à quinze ans, avec des investissements colossaux de l’ordre du milliard d’euros. Ceci nous oblige à contracter avec des états et prendre contact avec ce que l’on appelle le point focal, c’est-à-dire l’office qui a mandat pour gérer la biodiversité.

S. Berthier : Valérie, quand Bruno David dit que la forêt est en train de disparaître à vitesse grand V, est-ce que cette Convention va permettre de limiter cette disparition due à une exploitation industrielle à outrance ou pas du tout ?
V. Boisvert : C’était l’un des objectifs qui lui était assigné. En fait, à Rio, il y avait l’idée de faire plusieurs conventions internationales. Trois ont réussi à voir le jour : celle sur le changement climatique, celle sur la désertification et celle sur la biodiversité. Depuis avant Rio, on cherche à faire une Convention sur la forêt, mais elle rencontre l’opposition d’un certain nombre de pays dont, en particulier dans les années 1990, du Brésil. Donc un certain nombre des objectifs de conservation que l’on voulait trouver dans une Convention sur la forêt se retrouvent dans la Convention sur la diversité biologique. On parle plus volontiers de partage des avantages, de marché mais il y a des volets dans cette Convention sur la diversité biologique qui traitent strictement de la conservation de certains types d’écosystèmes, dont la forêt.

J. Gellin : Il y a aussi une très grande biodiversité dans le fond des océans. Dans ce cas, nous sommes en zone internationale. Y a-t-il des règlements particuliers ?
V. Boisvert  : Absolument. Sur les zones internationales, effectivement, il y a des enjeux. Il y a des enjeux économiques aussi autour de toutes sortes d’organismes qui ne sont pas couverts par la Convention, notamment toutes sortes de bactéries, des cyanobactéries par exemple que l’on va trouver dans différents milieux et qui font actuellement l’objet d’une prospection. Les textes de droit international qui régissent la diversité microbienne ne sont pas les mêmes que ceux qui régissent l’environnement à l’échelle des espèces ou des milieux. Il y a des zones grises qui, sans être tout à fait des zones de non droit, pour le moment, offrent quelques possibilités de faire de la bioprospection sans tomber directement sous le contrôle des Etats.
B. David : Nous avons travaillé dans le passé sur les fonds marins avec l’Institut de Recherche pour le Développement, sur des récoltes effectuées dans le lagon néo-calédonien, mais nous n’étions pas en zone internationale.

J. Gellin : Actuellement, cette prospection dans le cadre des océans n’est donc pas couverte par ces conventions ?
V. Boisvert : Non.

S. Berthier : Une dernière question pour Bruno David. Pour les laboratoires Pierre Fabre, quels sont les grands enjeux pour les 20 ans à venir pour ces marchés de la bioprospection.
Bruno David : La biodiversité permet de trouver les sources d’inspiration pour faire les médicaments de demain puisque cela a été depuis la nuit des temps une source efficace, qui a montré sa pertinence. Nous utilisons les végétaux, qu’ils soient de France, de Toulouse, des pays avec lesquels nous avons des contrats d’approvisionnement. Nous croyons - puisque le groupe Pierre Fabre est né à partir de la découverte par notre président des propriétés vénotoniques du petit houx - aux plantes dans le domaine de la pharmacie mais aussi à la dermo-cosmétologie. C’est un savoir-faire particulier de notre groupe. Nous essayons de développer des savoir-faire dans tous les registres de la recherche qu’il s’agisse de l’oncologie, des maladies cardio-vasculaires, du système nerveux central, d’Alzheimer jusqu’à la recherche pour les produits de dermo-cosmétologie. »


Accéder à l’Intégrale de l’émission de février 2008 : "Biodiversité : petits arrangements avec le marché du vivant"

Lire aussi, sur le thème de la biodiversité :

L’Interview de Valérie Boisvert, économiste à l’Institut de Recherche pour le développement (IRD), par Sylvie Berthier, Mission Agrobiosciences. Suivie d’une table ronde avec Bruno David, des laboratoires Pierre Fabre et Joël Gellin, généticien

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