30/01/2012
Vient de paraître dans le cadre de "Ça ne mange pas de pain !". Janvier 2012

Et si l’huître devenait une perle rare ?… (interview originale)

pedagogie.ac-toulouse.fr

Voilà plusieurs années que la filière conchylicole doit faire face à un problème d’envergure : une mortalité massive des naissains d’huître. Pour expliquer celle-ci, plusieurs raisons ont été avancées - agent infectieux, pollution, réchauffement climatique... Que sait-on réellement ? Quelles sont les causes avérées, supposées ? Et celles qui sont désormais écartées ?
Pour le savoir, la Mission Agrobiosciences conviait lors de l’émission "Ça ne mange pas de pain !" de janvier 2012, Jean-Pierre Baud, biologiste, coordinateur Transversal Conchylicole à l’Ifremer, à dresser l’état des connaissances scientifiques sur cette question. Une interview qui permet tout à la fois de faire le point sur la multitude de facteurs impliqués à des degrés divers dans ce phénomène, d’en saisir la complexité, mais aussi d’identifier les pistes actuellement explorées par la recherche en lien avec la profession, pour que l’huître ne devienne pas une perle rare...

Et si l’huître devenait une perle rare ?…
Séquence "Sur le pouce" de l’émission de janvier 2012 de "Ça ne mange pas de pain !" : Pour que la mer monte... Les défis de la pêche et de l’aquaculture.

L. Gillot. L’huître va-t-elle devenir une perle rare ? Au-delà du jeu de mot, nous avons souhaité pour cette séquence « Sur le pouce », revenir sur le phénomène de mortalité massive qui touche les naissains (c’est-à-dire les jeunes huîtres de moins d’un an), depuis 2008. La production annuelle est en nette diminution : 130 000 tonnes en 2009, 85 000 tonnes en 2010 ; pour l’année 2011, elle est estimée à environ 80 000 tonnes, ce qui entraîne une tension sur les prix : 30 à 40% d’augmentation moyenne en deux ans [1]. Si le taux de mortalité des jeunes huîtres est habituellement de l’ordre de 10 à 30 %, il oscille depuis 2008 entre 60 à 80%. D’où la dénomination de mortalité massive ou surmortalité. Depuis 2008, plusieurs raisons ont été avancées pour expliquer ce phénomène. Qu’en sait-on aujourd’hui ? Et quelles sont les pistes pour y remédier ? C’est ce que nous allons voir avec Jean-Pierre Baud, biologiste, spécialiste des mollusques, coordinateur Transversal Conchylicole à l’Ifremer, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer.

L. Gillot : Avant toute chose, le phénomène de surmortalité des huîtres touche-t-il de manière indifférenciée toutes les espèces élevées en France ou est-il spécifique à une espèce en particulier ?
J.-P. Baud. Ce phénomène est spécifique à une espèce, l’huître creuse « Crassostrea gigas », huître majoritairement élevée en France, puisqu’elle représente plus de 90 % de la production. Cette espèce, originaire du Japon, a été introduite sur le littoral français dans les années 70 suite à l’effondrement des huîtres portugaises.
L’huître plate, espèce endémique de notre pays, n’est en revanche pas touchée par ce phénomène. Reste que son élevage demeure minoritaire – 10% de la production. Par ailleurs, elle rencontre des problèmes de parasitoses.

A-t-on une idée précise des facteurs impliqués dans la surmortalité ?
Nous travaillons activement sur le sujet depuis 2008 et nous pouvons dire aujourd’hui que la piste infectieuse est avérée. L’agent impliqué est un virus de la famille des "herpès virus" [2]. Précisons que cette famille est vaste et que ce dernier n’a rien à voir avec l’herpès virus humain ; il n’est donc pas transmissible à l’homme. Les dernières recherches montrent que ce virus agirait de façon additive ou/et en synergie avec un vibrion, c’est à dire une bactérie, ce qui rend le phénomène d’autant plus complexe.

Vous citez l’exemple du vibrion. Existent-ils d’autres facteurs qui influencent ce phénomène ?
Effectivement, d’autres facteurs entrent en considération. Le principal d’entre eux est la température. Au printemps et en été, on observe une hausse relativement rapide des températures de l’eau qui, lorsqu’elle attend le 15 à 16 degrés, va activer les agents infectieux. D’ailleurs, si ce phénomène de mortalité massive des huîtres touche tous les bassins de production, il n’apparaît pas au même moment. Il sévit de manière graduelle du Sud vers le Nord, les bassins de production méditerranéens étant touchés en avril-mai, tandis que ceux situés en Bretagne ou en Normandie, le sont en août-septembre.
Ainsi, et malheureusement, tous les sites sont concernés à des degrés divers et avec des cinétiques variables selon la qualité et la température de l’eau comme l’environnement.

Sur cette question de l’environnement, certains avancent l’idée que la pollution ne serait pas étrangère au phénomène. En sait-on plus ?
Il semblerait que l’environnement présente un effet renforçateur de ce phénomène, en fragilisant les huîtres et en les rendant, de fait, plus sensibles aux agents infectieux. Plus précisément, cette fragilisation pourrait être due à des molécules organiques d’origine terrestres. C’est l’hypothèse sur laquelle nous travaillons actuellement en partenariat avec des collègues du CNRS et des universités de Brest et de Montpellier, et qui devrait être éclaircie prochainement.
Par ailleurs, on peut penser que le réchauffement climatique a lui aussi une influence sur le contexte général via ses répercussions sur la chaîne alimentaire. Il induirait en effet une modification des séquences et des tailles du phytoplancton, nourriture essentielle de l’huître. Ceci pourrait provoquer des carences dans l’alimentation qui pourrait s’avérer problématique pour l’animal, notamment au niveau de la maturation, de la survie larvaire et de sa résistance face à des agents infectieux.

Plusieurs éléments entrent en jeu. La presse en relevait un autre : les pratiques conchylicoles [3]. Leur impact est-il avéré ?
Ce point fait l’objet de travaux conduits avec les professionnels et le Ministère en charge de l’agriculture et de la pêche. Comme vous le savez peut-être, les naissains d’huître creuse sont collectés – "recrutés" - selon deux méthodes. Première méthode possible, la pratique traditionnelle, également nommée « captage », consiste à récolter les naissains dans le milieu naturel. Ces huîtres sont donc issues d’une procréation dans le milieu naturel.
La seconde est une reproduction des animaux en laboratoire, communément dénommé « écloserie ».
Il faut savoir que le captage traditionnel n’est pas réalisé n’importe où. Il se fait dans des sites bien particuliers, tels que Marenne-Oléron et Arcachon. A l’issue de la récolte, les animaux sont transportés sur tout le littoral français, vers les sites d’élevage, où ils grandiront. Ce transfert est nécessaire mais doit cependant être pratiqué de manière à minimiser les risques, et éviter, au maximum, la transmission des agents infectieux.

Certains conchyliculteurs ont également pointé du doigt l’huître triploïde, mise au point par l’Ifremer à la fin des années 90. Contrairement à l’huître diploïde capable de se reproduire, l’huître triploïde est stérile, ce qui signifie qu’elle ne présente pas l’aspect laiteux des huîtres en période de reproduction. Qu’en est-il ? Et y a-t-il une différence de sensibilité à ce phénomène entre les deux catégories ?
L’hypothèse d’une implication de l’huître triploïde dans la surmortalité émane d’une partie de la profession conchylicole. En réponse à cette question, le Ministère de l’agriculture et de la pêche a commandité une expertise indépendante de l’Ifremer, auprès d’experts de l’INRA, du CNRS et des universités. Ces derniers ont rendu un rapport dans lequel ils concluent à l’absence de lien entre l’élevage de l’huître triploïde et la surmortalité. En outre et pour répondre à votre deuxième question, qu’elle soit diploïde ou triploïde, l’huître est indifféremment touchée.

Toujours sur cette question des facteurs impliquées dans la surmortalité, y a-t-il des hypothèses soulevées en 2008 et qui sont désormais écartées ?
Oui. Citons en premier lieu la théorie de l’épuisement génétique de l’espèce, puisque, rappelons-le, les huîtres creuses sont originaires du Japon et ont massivement été implantées. Reste que les travaux scientifiques menés sur ce sujet ne confirment pas cette hypothèse ; les souches françaises présentent une belle diversité génétique.
Ensuite, certaines personnes ont avancé l’idée qu’il y avait une forte relation entre la surmortalité des huîtres et l’environnement. Malheureusement, ce phénomène est massif et présent sur tout le littoral. On ne peut conclure aujourd’hui qu’il soit intimement lié à l’environnement.

Plusieurs pistes de recherche sont envisagées pour remédier au phénomène. S’il y en a une que vous deviez citer parce qu’elle vous semble la plus porteuse, quelle serait –elle ?
Parmi les pistes qui me semblent pertinentes, je retiendrais la sélection collective et publique d’animaux résistants ou tolérants à ces mortalités. Ce projet devrait être subventionné par le Ministère de l’agriculture et de la pêche et les régions littorales. Il regroupe le monde de la recherche et les professionnels. L’objectif est de sélectionner des familles d’huîtres résistantes afin de produire des animaux intégrant ce caractère et susceptibles d’être immergés dans les sites de captage afin d’améliorer à terme la survie moyenne du naissain capté en France.

PROPOS DE TABLE.
Discussion avec les chroniqueurs.

B. Sylvander. Je ne sais si cela vaut pour le règne animal mais dans le domaine végétal, on a remarqué que les plantes sont plus fragiles et vulnérables lorsqu’elles sont monospécifiques. Pensez-vous que la diversification des espèces pourrait renforcer l’huître ?
J.-P. Baud. Tout à fait. C’est une des pistes sur lesquelles travaillent les scientifiques. Ce n’est pas la première fois qu’une étude de la sorte est menée puisque des expérimentations similaires ont été mises en place, dans les années 70, sur la palourde ou l’huître plate. Actuellement, des recherches sont menées en ce sens sur d’autres espèces telles que le pétoncle, la coquille Saint-Jacques et l’ormeau. Le problème de ce type de démarche réside cependant dans le laps de temps très long qu’elle nécessite.

J. Rochefort. Vous avez bien montré qu’il n’y avait pas au fond de différence entre l’appartenance de l’huître, qu’elle soit élevée en Méditerranée, dans le bassin d’Arcachon ou en Bretagne, et le phénomène de surmortalité. Ceci étant dit, peut-on penser que la production pourrait remonter dans les années à venir ? Si oui comment et par quel(s) moyen(s) ?
Nous sommes actuellement dans le creux de la vague, puisque nous avons subit de plein fouet durant les quatre dernières années un recrutement minimal en jeunes huîtres. Actuellement, les démarches se multiplient pour pallier au phénomène, ce qui devrait permettre à la filière de se réapprovisionner en naissains. Outre la sélection collective que j’évoquais, les écloseurs privés tentent de leur côté de mettre au point des souches d’huître creuse résistantes.
Par ailleurs, nous travaillons beaucoup à l’Ifremer et en collaboration avec les professionnels, sur la qualification zoosanitaire et la certification des produits. Ceci, dans le but d’éviter au maximum les pratiques à risques et de diminuer les impacts sur le milieu. Toute cette synergie d’actions devrait mener à terme à une augmentation, que j’espère continue, de la production par rapport aux années que l’on vient de vivre.

V. Péan. Puisque le sujet gravite autour des huîtres japonaises, les huîtres au Japon connaissent-elles, en dehors de Fukushima, des problèmes de surmortalité liés au virus ?
Sur le phénomène de surmortalité en lui-même, d’autres pays producteurs sont concernés. Citons en Europe, l’Irlande et l’Angleterre et, sur d’autres continents, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Là aussi, les recherches mettent en évidence le rôle de l’herpès virus. Il semblerait néanmoins que les souches ne soient pas identiques.
En ce qui concerne spécifiquement le Japon, les producteurs ne sont apparemment pas touchés par ce phénomène. Néanmoins, vous l’avez dit, ils doivent faire face aux problèmes de Fukushima et, en outre, à d’autres agents pathogènes étrangers à nos eaux. C’est d’ailleurs pour ces raisons que la piste visant à ré-introduire des huîtres japonaises a du être arrêtée.

Interview réalisée le 16 janvier 2012, lors de l’émission "Ça ne mange pas de pain !" : Pour que la mer monte... Les défis de la pêche et de l’aquaculture.

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Interview de Jean-Pierre Baud, biologiste, coordinateur Transversal Conchylicole à l’Ifremer.

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