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Les Controverses européennes de Marciac
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Contribution aux 22èmes Controverses européennes de Marciac (29 et 30 juillet 2016)
Le changement, c’est ici et maintenant
Par Gérard Rass, Secrétaire Général de l’APAD, Association pour la Promotion d’une Agriculture Durable

G. Rass. © V. Brill pour la MAAAfin de recueillir une pluralité de points de vue et d’alimenter en amont les 22èmes Controverses européennes de Marciac (29 et 30 juillet 2016), posant la question "Avec quoi nous faut-il rompre pour réinventer l’avenir ?", la Mission Agrobiosciences a lancé un appel à contribution.
Voici celle de Gérard Rass, Secrétaire général de l’Apad (Association pour la Promotion d’une Agriculture Durable), fidèle contributeur aux Controverses de Marciac.
Un papier clair et net dénonçant le manque de réalisme des décideurs et leur proposant d’y remédier lors d’une première rencontre à Marciac avec les agriculteurs qui font le changement, chez eux, dans leurs champs. Et puis Gérard Rass invite la Mission Agrobiosciences à organiser tout au long de l’année une « Université aux Champs », une sorte de formation continue pour partager expériences et références, et faire, ensemble, la chasse aux mythes les plus bloquants. Message reçu !
Lire ci-dessous sa contribution et accéder à toutes celles déjà publiées, qu’elles soient écrites ou filmées.

 

Le changement, c’est ici et maintenant.

Ma thèse, à la lumière de l’expérience de l’APAD [1], tient en trois points :
1) Ce qui bloque le changement souhaitable de la société française vers le développement durable, c’est le manque de réalisme des décideurs.
2) On peut trouver le moyen d’y remédier assez facilement.
3) Cela peut se décider ici et maintenant lors des Controverses de Marciac 2016.

Le système français de prise de décisions est dominé par des leaders d’opinion, élites intellectuelles qui pilotent les institutions, qu’elles soient de recherche et d’enseignement, ou d’administration de la chose publique, ou politiques, et on peut y rajouter les grandes entreprises privées du CAC 40, ou semi-publiques héritées de l’époque des entreprises nationales ou d’économie mixte.
Dans ce jeu très politique et institutionnel, les patrons de PME, artisanales ou agricoles, ne pèsent que très peu. Occupés qu’ils sont à faire survivre leurs entreprises et à faire tourner l’économie réelle, ils ont très peu de temps pour développer stratégies collectives et influence.

Les intellectuels réfléchissent entre eux, dénoncent ce qui ne va pas et proposent leurs solutions, qui selon les écoles de pensées, sont plus ou moins sociales, libérales, ou écologistes.

Leurs doctrines, leurs idéologies, ont en commun d’avoir un ancrage historique, de répéter des schémas connus, de peu se remettre en cause face aux faits de la vie réelle. Les débats tournent le plus souvent autour de la répétition d’idées toutes faites, de mythes, qui deviennent vérités par leur répétition, dont l’acceptation par le plus grand nombre est révélée par la fameuse phrase « tout le monde sait que »…

Quelques exemples de mythes auxquels les agriculteurs de l’APAD, pratiquant l’Agriculture de Conservation des Sols, se heurtent de la part de donneurs de leçons de tous ordres : « on n’arrête pas le progrès », « les technologies vont nous permettre de progresser vers la durabilité », « les biotechnologies, c’est l’avenir », « idem pour l’agriculture de précision, ou les technologies informatiques », « il faut revenir aux méthodes traditionnelles », « le travail du sol est bon pour la terre », « le travail du sol désherbe », le travail du sol limite les parasites », « la nature est bonne », « autrefois c’était mieux », « les produits naturels c’est bien », « la bio c’est parfait », « les pesticides c’est mal », « toutes les agricultures ont leur place », sous-entendu « elles se valent toutes »…

Face à ce déluge de leçons, issues d’un monde intellectuel très prescriptif, très descendant et très conceptuel, il y a ceux des agriculteurs qui les écoutent et en dépendent pour leurs décisions. Et donc pour leurs résultats. C’est la majorité. Qu’ils soient « conventionnels » ou « alternatifs », dans tous les cas leurs résultats sont limités par la pertinence des modèles et des doctrines qu’ils appliquent et par le système organisationnel qui les crée et les sert. Système à bout de souffle, en témoignent les crises environnementales et économiques.

Ceux qui devraient intéresser la société et les décideurs, ce sont ceux qui font mieux que la moyenne, ceux qui ont une réussite minimale d’abord pour eux-mêmes et leur entreprise, et dont les exemples sont reproductibles à plus grande échelle. Que leur réussite soit économique, sociale ou environnementale. Idéalement les trois en même temps.
Or ils existent, ils font mieux pour eux-mêmes, et en plus ils produisent des résultats intéressants non seulement pour eux-mêmes et l’économie de leurs territoires, mais aussi pour leurs collectivités, leurs concitoyens et la planète, en produisant services de l’alimentation, de l’eau, du climat, de la biodiversité, et même de l’énergie pour certains.

Ils ne l’ont pas forcément théorisé (quoique, ne les sous-estimez pas…), promu à Marciac ou ailleurs, ou fait étudier par des chercheurs réputés. Mais ils pratiquent le développement durable, et peuvent être des exemples inspirants pour le reste des acteurs de la société.

A condition toutefois que le système de gouvernance de notre société, piloté par les décideurs, ces élites intellectuelles que j’ai citées tout à l’heure, leur laisse visibilité et parole.

Que pouvez-vous faire ? Que pouvons-nous faire ? Ici et maintenant, à Marciac en cette fin juillet 2016 ?

Décidons d’organiser la rencontre, entre vous-mêmes, intellectuels, penseurs et leaders d’opinion, et les agriculteurs qui font le changement, chez eux, dans leurs champs.

Questionnez-les, écoutons-les, donnons-leur la parole. Vous aurez alors, vous, intellectuels de bonne foi, des exemples et de la matière pour comprendre les freins et les ressorts du changement et co-construire ensemble, avec les acteurs de ce changement, les mesures que la société devrait prendre pour faciliter le changement, et impulser et déployer à grande échelle des systèmes agronomiques qui produisent des résultats durables pour le bénéfice de tous.

Une première occasion de dialogue de ce type aura lieu le 16 septembre à Toulouse, où une conférence d’une journée sera co-organisée par l’INRA, l’ENSAT, Agro-Nutrition et l’APAD.
Aux mêmes dates, les agriculteurs de Sol et Eau en Ségala, l’APAD du Tarn, organiseront à Albi une restitution des résultats de leur travail avec l’Agence de l’Eau Adour-Garonne.

Mais rien ne valant le terrain, nous maintenons la proposition d’organiser avec la Mission Agrobiosciences des visites et débats dans nos fermes tout au long de l’année. Une sorte de formation continue dans une « Université aux Champs » pour partager expériences et références, et faire, ensemble, la chasse aux mythes les plus bloquants.

Une contribution de Gérard Rass, Secrétaire Général de l’APAD. (18 juillet 2016)
gerard.rass(à)apad.asso.fr – www.apad.asso.fr

Accéder au programme et au bulletin d’inscription des Controverses de Marciac 2016

Accéder à toutes les contributions aux 22ièmes Controverses européennes de Marciac :
- L’agribusiness survivra-t-il à la fin des paysans ?, par Auréline Doreau et Tanguy Martin, Ingénieurs sans frontière.
- Crise de la production agricole... ou échec d’une agriculture "low cost", par D. Michenot (agriculteur, ancien administrateur de Terrena), F. Colson (économiste, ancien directeur de l’Ecole nationale d’horticulture) et M. Jouvet (ancien directeur de la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique)
- Une révolution mentale et sociale est nécessaire !, par Hervé LE STUM, Retraité d’organisations professionnelles agricoles
- Renouvellement des générations et des modèles de production agricoles : accompagner l’alternatif !, par D. Michenot, agriculteur à la retraite.
- Oser un vrai débat stratégique pour sortir de la crise , par Jean-Marie SERONIE, agroéconomiste indépendant
- Si l’on veut produire autrement, il faut distribuer autrement ! par Jean-Pierre Bernajuzan, agriculteur à la retraite.
- Vers une rupture éthique pour réussir la transition agroécologique, par Philippe Cousinié, Ingénieur agronome (agronomie tropicale et économie agroalimentaire), économiste et animateur national du réseau thématique « Agronomie Ecophyto »
- Inventer de nouveaux rapports à la nature pour se construire un futur, par Aurélie Javelle, ethnologue, ingénieure de recherche à Montpellier SupAgro
- Rompre avec…. le désenchantement de l’avenir, par Gérard Choplin, analyste, rédacteur indépendant (politiques agricoles, alimentaires et commerciales).
- Rompre définitivement avec un système financier, économique, agricole, technologique et social voué à l’échec. par Agnès Gosselin, d’après l’appel du pape François à une conversion écologique intégrale dans son encyclique « Laudato si ».
- Quelques « ruptures » pour ré-inventer l’avenir, par Rémi Mer, consultant, auteur de l’essai « Le paradoxe paysan ».
- Le changement, c’est ici et maintenant !, par Gérard Rass, Secrétaire Général de l’APAD.
- Mes gélules de la PAC, Tomás García Azcárate, ancien fonctionnaire européen.
- Le blaireau, une occasion de penser le futur, par Muriel Mambrini-Doudet, chargée de mission auprès du directeur scientifique Agriculture–INRA, et Christian Peltier, Enseignant, Doctorant sciences de l’éducation (UBFC).

Les contributions filmées
- Coopération alimentaire : rompre avec les modèles de gouvernance et de formation et réorienter la consommation par Jean-Louis Rastoin, membre de l’Académie d’agriculture de France (3’52)
- Coopération agricole : le Sud doit-il copier le modèle du Nord ou adopter au plus vite les ruptures que le Nord engage ?, par Omar Bessaoud Ciheam-IAMM
- Quand des étudiants parlent de rupture


Accéder à toutes les publications de la Mission Agrobiosciences sur les thèmes de  :
Alimentation et Société ; Cancers et alimentation ; Obésité ; Consommation & développement durable ; Lutte contre la faim ; Crises alimentaires ; "Ça ne mange pas de pain !" ; Méditerranée ; Agriculture et société ; Politique agricole commune ; OGM et Progrès en Débat ; Les relations entre l’homme et l’animal ; Sciences-Société-Décision Publique ; Science et Lycéens ; Histoires de... ; Produits de terroir ; Agriculture et les bioénergies ; Les enjeux de l’eau ; Carnets de Voyages de Jean-Claude Flamant.

ACCEDER A LA TOTALITE DE LA REVUE DE PRESSE DE LA MISSION AGROBIOSCIENCES

 

[1APAD = Association pour la Promotion d’une Agriculture Durable, association française d’environ quatre cents agriculteurs et éleveurs pratiquant l’Agriculture de Conservation des Sols, fédérés en neuf associations régionales, et participant au réseau mondial GCAN (Global Conservation Agriculture Network).

 

Dans cette rubrique

"Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde" Gandhi.
Le blaireau, une occasion de penser au futur
Mes gélules de la PAC
Quelques « ruptures » pour ré-inventer l’avenir
Rompre définitivement avec un système financier, économique, agricole, technologique et social voué à l’échec.
Rompre avec... le désenchantement de l’avenir
Inventer de nouveaux rapports à la nature pour se construire un futur.
Vers une rupture éthique pour réussir la transition agroécologique
Quand des étudiants parlent de rupture ...
Coopération alimentaire : rompre avec les modèles de gouvernance et de formation et réorienter la consommation
Coopération agricole : le Sud doit-il copier le modèle du Nord ou adopter au plus vite les ruptures que le Nord engage ?
Si l’on veut produire autrement, il faut distribuer autrement !
Oser un vrai débat stratégique pour sortir de la crise !
Renouvellement des générations et des modèles de production agricoles : accompagner l’alternatif !
Une révolution mentale et sociale est nécessaire !

   
   
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