13/01/2021
Analyse de controverse par les étudiant.es de Sciences Po Toulouse
Nature du document: Contributions
Mots-clés: Cancer , Crises , Politiques , Risque

Comment sauver sa peau, une controverse au futur

Imaginez. Nous sommes en 2035, la prévalence de cancers de la peau au sein de la population s’aggrave au rythme de l’appauvrissement la couche d’ozone. A la crise du Covid-19 succède celle des UV. Pour lutter contre l’épidémie, le ministère de la Santé Publique se dote d’un organisme spécialisé, « Melani », contraction d’Ameli et de mélanome. L’objectif ? Édicter des recommandations à l’égard des individus classés selon leur « phototype » et leurs chances de développer la redoutée tumeur. S’ensuit l’émergence d’une myriade de restrictions et de devoirs, à l’image du dépistage systématique des enfants ou de l’obligation de se soumettre à un bilan épidermique. Bref, l’instauration d’une surveillance sanitaire de masse. A destination des plus vulnérables face à la maladie, une vaste campagne de communication promeut l’utilisation d’un implant développé par la start-up « Solaris ». Véritable banque de données à portée de clic, ce dernier permet de suivre, en temps réel et depuis son smartphone, l’évolution du génome de son utilisateur ou utilisatrice. Et d’enjoindre ces derniers.ères à adopter les bons « gestes parasols ». « Tous responsables face au soleil » devient alors le mot d’ordre d’un gouvernement qui porte à son comble le régime de la biopolitique. C’était sans compter la constitution d’une « Assemblée des objecteurs sanitaires » où Julien, Annette, Basile, Moussa, Marie-Victoire, Melvin et Clara prennent successivement la parole, fermement décidé.es à ne pas « gober tout cru leur [du gouvernement] soupe sanitaire ». Qu’ils et elles soient ouvrier dans le bâtiment, dermatologue, militant de la première heure ou fervente croyante en Dieu, chacun.e donne à voir, à travers son témoignage, de multiples facettes de la controverse. C’est criant de réalisme, quand ce n’est pas à se tordre de rire… ou à pâlir d’horreur. Voilà, dans les grandes lignes, pour le scénario imaginé par un groupe d’étudiant.es de l’Institut d’Etudes Politiques de Toulouse invité.es à « instruire une controverse au futur ». Et, si elle tient beaucoup de la dystopie façon Aldous Huxley, la prospective s’appuie tout autant sur l’analyse des signaux faibles que sur l’inquiétante étrangeté éprouvée par beaucoup d’entre nous depuis l’irruption du Covid dans nos vies. « Nous avons en fait simplement tenté de mettre des mots sur notre présent », confient les étudiant.es. Une fiction passionnante, pas très éloignée de la réalité, à découvrir dans ce document mêlant témoignages imaginaires et brochures de communication factices ; le tout étayé par des données scientifiques très concrètes. Peaux sensibles, s’abstenir.

Ces travaux ont été encadrés par Valérie Péan (Mission agrobiosciences-Inrae) et Antoine Doré (centre Inrae Toulouse).

Accéder au document (50 pages)

Dans le cadre du séminaire "instruire une controverse", décembre 2020

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