19/01/2003
Café-débat de Marciac, le 22 mai 2003

Quelle évolution pour les paysans d’Afrique noire, dans le cadre de la fin d’un modèle colonial de développement ?

Reflux de l’Etat et des politiques publiques, programmes d’ajustement structurels, crise urbaine, baisse des cours des matières premières, libéralisation des filières agricoles, etc. Des décennies 80 et 90, sortent des paysanneries africaines de plus en plus fragmentées et désorientées face à la crise généralisée du modèle de développement colonial et néo-colonial.

Dans ce contexte, est-il possible de tracer quelques orientations majeures sur la façon dont les paysans d’Afrique noire peuvent redéfinir leurs activités et leurs rapports aux lieux et aux territoires ? L’espace rural n’est plus seulement le lieu de la production agricole ; il devient de plus en plus un espace « public », enjeu de stratégies sociales, politiques et économiques contradictoires dans lesquelles se dilue l’identité paysanne. Se pose la question des conditions d’une nouvelle synthèse sociale et spatiale dans laquelle les paysanneries pourraient inscrire leur complexité et leur hétérogénéité, produites par le modèle colonial lui-même.

Les critiques apportées de longue date au processus de développement trouvent dans les recherches récentes sur le milieu rural africain un double écho : soit dans une idéologie « ruralisante » revitalisant les capacités « traditionnelles » des sociétés rurales à s’autogérer et à valoriser les ressources locales, soit dans une utopie territoriale « post-moderniste » supposant que des communautés peuvent reconstruire identité et projets communs par l’association d’initiatives localisées aptes à requalifier, dans le cadre de la compétition mondiale, les caractéristiques spécifiques des espaces ruraux.

A partir des évolutions actuelles des filières des cultures pérennes, en particulier de la filière-café, Bernard Charlery s’interroge alors sur la façon dont on peut, dans ces pays, replacer le secteur de la production - dans sa diversité et ses capacités d’innovation - et les dynamiques territoriales au cœur de la nécessaire requalification des filières locales et nationales ; redéfinir les conditions de l’action collective comme celles des trajectoires individuelles dans la gestion des territoires, l’activation des réseaux socioéconomiques et, par voie de conséquence, dans la promotion des cultures sur les marchés de consommation. La question déborde des objectifs qui seraient strictement techniques. Elle engage une réflexion sur la question paysanne elle-même : entre l’identification d’une « fin des paysans » au Nord et la confirmation d’une « marée paysanne » au Sud, qu’en est-il de l’Afrique noire ? Toute synthèse semble prématurée, pourtant Bernard Charlery peut nous aider à en appréhender les composantes.


Lieu : Marciac (Gers) Horaire : 20h30
contact : Sylvie berthier
Pour en savoir plus : Café-débats de Marciac

Avec Bernard Charlery de la Masselière, Professeur au Laboratoire des dynamiques rurales, Université Toulouse-Le Mirail

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