prsentation contacts partenaires abonnez-vous à la lettre électronique Retour  l'Accueil
Loading
"Ça ne mange pas de pain !"
Salon International de la Qualité Alimentaire (SISQA)
Publications
Les recettes de Fernand Cousteaux
En collaboration
Nos sélections
Les mutuelles communales : des territoires aux petits soins  
Du barrage de Sivens aux « grands projets inutiles et imposés » : le temps des barricades ? 
Embargo sur les produits alimentaires : des Russes et des ruses ?  
Territoires ruraux : déloger les ruptures innovantes (annonce diffusion)
Ecouter les 20èmes Controverses européennes de Marciac sur FMR, le lundi 3 novembre 2014, de 11h00 à 12h00
Avec Jean-Louis GUILHAUMON, maire de Marciac, fondateur du festival Jazz In Marciac ; Michka ASSAYAS, journaliste et écrivain ; Christophe CHEVALIER, PDG du Groupe Archer ; Jean-Luc Boursier, agriculteur et Jean-Baptiste Cavalier, animateur-coordinateur du réseau Reneta
en savoir+
Agriculture et forêt : à l’orée de nouvelles relations ?
Les Tables Rondes du Développement durable (annonce). Mardi 25 novembre, de 14h00 à 17H00, à l’ENSA Toulouse
Avec Pierre-Marie Aubert, Andrée Corvol-Dessert et Jean-Pierre Sarthou
en savoir+
Transition alimentaire : pourra-t-on éviter le grand carnage ? (annonce)
Les Tables rondes "Développement durable", mercredi 7 janvier 2015, de 14h00 à 17h00
Avec Jean-Pierre Poulain, sociologue (Isthia-Univ. Toulouse-Jean Jaurès) ; Yves Martin-Prével, épidémiologiste et nutritionniste (IRD) ; et Serge Michels, président de Protéines SAS
en savoir+
    Abonnez-vous à notre flux RSS  
Alimentation et société. Les choix de lecture de la Mission Agrobiosciences.
Slow Food : entre récupération et économie des loisirs ?
Un article de Olivier Assouly, issu du Blog du Monde, en date du 3 novembre 2012

Olivier Assouly (IFM) Dans un article intitulé Slow Food à l’ère du consumérisme culinaire, en date du 3 novembre 2012, le philosophe Olivier Assouly, directeur de la Recherche à l’Institut Français de la Mode, montre comment le Salon du goût du Slow Food (qui vient de s’achever à Turin) révèle les limites de ce mouvement qui semblait être une alternative au modèle industriel. Las ! Serait-il en voie de récupération ou en train de devenir un secteur de consumérisme alternatif au coeur d’une vaste économie de loisirs ?
Alors qu’une refonte en profondeur entre producteurs et mangeurs est nécessaire, notamment pour recréer des liens économiques et sociaux, certains membres et sympathisants de Slow Food regrettent le dévoiement de l’association et d’une cause à laquelle, eux, n’ont pas renoncé.
Un choix de lecture de la Mission Agrobiosciences, à consulter ci-dessous.

 

Slow Food à l’ère du consumérisme culinaire
Un article d’Olivier Assouly (IFM, 3 novembre 2012)

Le salon du goût de Slow Food qui s’est achevé la semaine dernière à Turin donne de solides raisons de croire en une voie alternative au modèle industriel (voir l’article paru dans Le Monde du 28 septembre 2012 : Les aliments qui changent le monde). Mais il fait craindre aussi que ce mouvement soit en voie de récupération et soit en train de devenir un secteur de consumérisme alternatif au sein d’une vaste économie des loisirs.
Indiscutablement, la force de cet événement turinois était dans le rassemblement de milliers de paysans et producteurs artisanaux, avec des produits italiens ou de dizaines d’autres pays, en plus des nombreuses conférences, toutes liées aux enjeux de l’alimentation, au goût, avec en parallèle l’organisation de nombreux ateliers (potagers, cours de cuisine, dégustation de vins, etc.).
Cependant, plusieurs détails frappent l’attention, pas uniquement l’immensité spectaculaire du lieu et le nombre intimidant des exposants avec qui, en raison de la foule et de la dimension mercantile, le dialogue est loin d’être évident. C’est l’espace de restauration des délégations de Terra Madre, mouvement de défense des paysans, qui se trouve être une concession gérée par Autogrill (le « leader mondial de la restauration au service des voyageurs »). C’est encore le groupe Lavazza qui fournit officiellement le café. Par ailleurs, des palettes d’eau minérale embouteillée sont débitées au prix d’une accumulation massive de déchets plastiques. Il faut répondre que c’est la norme habituelle en matière d’organisation et de logistique à l’occasion de tout salon. Mais elle est plus problématique pour un événement qui se veut exemplaire et alternatif.

L’intérêt de groupes industriels à être présents sur ce lieu du « bon, du propre et du juste »
On conçoit aisément l’intérêt de groupes industriels à être présents sur ce lieu du « bon, du propre et du juste » – pour reprendre les valeurs cardinales de Slow Food – en terme de communication et d’images de marques. En revanche, il semble que Slow Food ait pour sa part plus à y perdre. Pour souligner les paradoxes supplémentaires de la situation, l’espace de restauration en question bénéficiait de l’assistance de dizaines de volontaires, au service d’une entreprise avec laquelle ils étaient très loin de partager la même vision du monde.
Evidemment, ce premier constat n’enlève rien à la qualité de la grande majorité des producteurs présents, en provenance de plusieurs continents, porteurs de traditions et de savoir-faire, et d’une véritable diversité végétale, animale et gastronomique. Ce qui paraît plus inquiétant, c’est l’orientation que le mouvement donne à cette richesse agricole et gastronomique en l’inscrivant dans une économie des loisirs.
En témoigne, d’abord, le nombre important de visiteurs déambulant avec appétit, souvent équipés d’une poussette, l’avatar du caddy, qui n’est pas sans rappeler les travées d’un supermarché. Certes, les marchandises vulgaires ont été remplacées par des produits plus artisanaux et frappés du sceau de l’authentique. Mais les visiteurs avides de bons produits n’ont rien à envier à la jouissance boulimique des masses ordinaires de consommateurs.

Le savoir-faire des paysans n’apparait plus qu’à travers des produits finis, de haut de gamme et de luxe
Ensuite, il n’est que de songer à l’ouverture de supermarchés à Turin, Rome ou encore à New York sur la Cinquième avenue, sous le nom de Eataly, avec la bénédiction de Slow Food. Le savoir-faire des paysans et des artisans n’apparaissent plus qu’à travers des produits finis, de haut de gamme et de luxe, soigneusement rangés dans les étals et réservés aux classes supérieures. Le paradoxe du modèle est de défendre les plus humbles mais de satisfaire les appétits d’une population aisée.
Enfin, à un autre niveau, il y a la publication de guides pratiques notant restaurants et produits. Et, chose plus étonnante, la création d’une agence de voyages proposant des circuits oeno-gastronomiques pour découvrir le Piémont, la Toscane ou l’Ombrie, avec visites de lieux typiques et rencontres avec d’ « authentiques producteurs ». Va-t-on se rendre sur ces sites authentiques comme dans des réserves de biodiversité alimentaire transformées en attractions patrimoniales ? Quoi qu’on dise, tout ceci n’est pas étranger à la profusion contemporaine des émissions de télévision, des ateliers de cuisine et à la médiatisation de la cuisine. Tout un champ de l’économie peut compter depuis quelques années sur la cuisine et une entrée en force des loisirs culturels gastronomiques.

Le mouvement gagne en cohérence, mais tend à se normaliser
A mesure que le mouvement s’organise, il gagne en cohérence et visibilité mais tend alors à se normaliser. Il trouve sa place, au sein d’une catégorie alternative, à l’intérieur d’un système commercial déjà établi et tout en contestant certains de ses postulats. Par exemple, la vente de produits biologiques et fermiers dans la grande distribution n’a pas transformé en profondeur son système de profit et la pression commerciale exercée sur les producteurs. On a accordé un statut à part à cette catégorie de produits, mais c’est une façon d’en faire un sous-ensemble – par voie d’intégration – d’un système toujours dominant. En cela, l’intégration reste paradoxalement le meilleur moyen pour la majorité de détruire les minorités et les priver de leur singularité.
L’erreur serait de croire à la nécessité de rivaliser avec l’industrie agroalimentaire en reprenant ses techniques, ses moyens de financement, sa communication, le gigantisme de ses propres salons et ses techniques de commercialisation, ou son système de distribution qui passe par le modèle du supermarché. Aujourd’hui encore, la force de mouvements comme Slow Food est de susciter auprès de la société un fort mouvement de reconnaissance et d’adhésion morale. De ce point de vue, son poids symbolique est tout sauf négligeable. Même sans adhérer au mouvement, les citoyens considèrent que les valeurs défendues sont désirables et qu’elles dessinent un avenir que le productivisme et la spéculation autour des matières premières a détruit.
Mais le modèle en place voudrait faire de la cuisine et des pratiques alimentaires un secteur dynamique d’une économie des loisirs. Ces évolutions actuelles font tendre du côté d’un consumérisme alternatif qui, au reste, est devenu le standard élargi de la consommation. En s’érigeant en loisir, la cuisine ne remet jamais en cause la donne industrielle. Elle complète et affine l’ « offre », et elle redistribue les rôles, en partageant cette idée que la cuisine est ludique et vecteur d’hédonisme.

L’essentiel des pratiques alimentaires tient dans leur inscription au quotidien et dans des territoires
Or, l’essentiel des pratiques alimentaires tient dans leur inscription au quotidien et dans des territoires, dans la refonte des rapports entre producteurs et les mangeurs, par le besoin de vivre et de réformer les modes destructeurs de production, de créer des liens économiques et sociaux. En d’autres termes, l’essentiel n’est pas de voir des produits locaux prisés à l’autre bout du monde, après des heures de transport par avion, par des consommateurs raffolant de l’exotisme d’un sel unique fabriqué au Kenya et labellisé par Slow Food. Il faut encore ajouter que la normalisation de Slow Food se pourrait être le fruit d’une organisation extrêmement pyramidale, l’archétype de l’entreprise du 20ème siècle. Pourtant, la contestation se fait entendre, elle vient de ses membres et des sympathisants dont certains regrettent déjà le dévoiement d’une association et d’une cause à laquelle ils n’ont pas renoncé, mais à laquelle ils pourraient donner à l’avenir d’autres formes et un autre corps.

Accéder au portrait et interviews de Olivier Assouly, sur le site de la Mission Agrobiosciences.
Accéder à l’article d’Olivier Assouly sur le blog du Monde

Accéder à toutes les Publications : Alimentation et Société, Cancers et alimentation, Obésité : le corps sous pressions ; Le consommateur, l’alimentation et le développement durable et Lutte contre la faim : analyses, décryptages, leviers d’action. Des conférences-débats, tables rondes, points de vue et analyses afin de mieux cerner les problématiques sociétales liées au devenir de l’alimentation. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à toutes les publications « l’Alimentation en question dans "Ça ne mange pas de pain !" (anciennement "Le Plateau du J’Go"). Les actes de l’émission de la Mission Agrobiosciences sur l’actualité de Alimentation-Société diffusée sur Radio Mon Païs (90.1), les 3ème mardi (17h30-18h30) et mercredi (13h-14h) de chaque mois. Revues de presse et des livres, interviews et tables rondes avec des économistes, des agronomes, des toxicologues, des historiens... mais aussi des producteurs et des cuisiniers. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences

Accéder à toutes les publications de la Mission Agrobiosciences sur la Méditerranée : repères sur les enjeux agricoles et alimentaires, analyses géopolitiques. Editées par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à toutes les publications « Agriculture et société » et Politique agricole commune : des publications pour mieux comprendre les ajustements successifs et les enjeux à l’horizon 2013. Des conférences-débats, tables rondes, points de vue et analyses afin de mieux cerner les problématiques sociétales liées au devenir de l’agriculture. Edités par le magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à tous les Entretiens et Publications : "OGM et Progrès en Débat" Des points de vue transdisciplinaires... pour contribuer au débat démocratique. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à toutes les publications : Sur les relations entre l’homme et l’animal Pour mieux comprendre le sens du terme bien-être animal et décrypter les nouveaux enjeux des relations entre l’homme et l’animal. Avec les points de vue de Robert Dantzer, Jocelyne Porcher, François Lachapelle... Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences

Accéder à toutes les Publications : "Sciences-Société-Décision Publique"de la Conversation de Midi-Pyrénées. Une expérience pilote d’échanges transdisciplinaires pour éclairer et mieux raisonner, par l’échange, les situations de blocages « Science et Société » et contribuer à l’éclairage de la décision publique. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à toutes les Publications : Science et Lycéens. Les cahiers de l’Université des Lycéens, moment de rencontres entre des chercheurs de haut niveau, des lycéens et leurs enseignants. Des publications pédagogiques, agrémentées d’images et de références pour aller plus loin, qui retracent la conférence du chercheur et les questions des lycéens. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences

Accéder à toutes publications Histoires de... »- Histoire de plantes (gui, luzerne, betterave..), de races animales, de produits (foie gras, gariguette...) pour découvrir leur origine humaine et technique et donc mieux saisir ces objets. Editées par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à toutes nos publications sur les Produits de terroir, appellations d’origine et indications géographiques. Pour tout savoir de l’avenir de ces produits, saisir les enjeux et les marges de manoeuvre possibles dans le cadre de la globalisation des marchés et des négociations au plan international. Mais aussi des repères sur les différents labels et appellations existants. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à toutes les Publications : L’agriculture et les bioénergies. Depuis 2005, nos articles, synthèses de débats, revues de presse, sélections d’ouvrages et de dossiers concernant les biocarburants, les agromatériaux, la chimie verte ou encore l’épuisement des ressources fossiles... Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder à toutes les publications. Sur l’eau et ses enjeux. De la simple goutte perlant au robinet aux projets de grands barrages, d’irrigations en terres sèches... les turbulences scientifiques, techniques, médiatiques et politiques du précieux liquide. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

Accéder aux Carnets de Voyages de Jean-Claude Flamant. De Budapest à Alger, en passant par la Turquie ou Saratov en Russie, le regard singulier d’un chercheur buissonnier en quête de sens. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences

ACCEDER A LA TOTALITE DE LA REVUE DE PRESSE DE LA MISSION AGROBIOSCIENCES

RECEVOIR GRATUITEMENT LA LETTRE ELECTRONIQUE DE LA MISSION AGROBIOSCIENCES

 

 

Dans cette rubrique

Diversité des systèmes alimentaires et changements globaux (annonce)
Levée des restrictions alimentaires en provenance du Japon : silence radio ?
Comment mangent les familles contemporaines ?
Capitalisme et surconsommation : l’organisation d’une faim déstructurée
Pourquoi cette peur au ventre ? Nouvelles obsessions alimentaires (Sélection d’ouvrage)
Etiquetage de la viande. L’origine pour seul cheval de bataille ? (article revue de presse)
Une pomme transgénique qui ne brunit pas : la nouvelle tentation ?
Alimentation : nouvelles règles de conduite (article revue de presse)
Alimentation : Vers de nouveaux modes de consommation ? Conférence inaugurale par Jean-Pierre Poulain, Sociologue de l’alimentation (Université Toulouse II).
Quand l’histoire des fraudes alimentaires nous renvoie à cette question : transparence ou confiance ?
Crise des lasagnes au cheval. Escrocs, arnaques et malandrins : des mots qui ne trompent pas, eux !
Les relations au local des artisans et commerçants de bouche (annonce)
Diversité des systèmes alimentaires et changements globaux
Les alimentations particulières. Mangerons-nous encore ensemble demain ? (Note de lecture)
Chasse au gaspi : tous concernés ? (revue de presse)

   
   
© 2004-2007 Nuances-du-sud.fr