Comment ne pas aborder , d’entrée de jeu, l’éternel débat qui oppose d’un côté les socio-philosophes, tenants de la liberté et de l’autonomie de la pensée et, de l’autre, ces « malheureux biologistes » accusés de tous les mots parce qu’ils aliènent la liberté de l’homme par un déterminisme mal compris. Lors de la 7ème Université d’été de l’innovation rurale de Marciac en août 2001, le neurobiologiste Jean-Didier Vincent n’a pas manqué d’ironie. Ce directeur de recherche au Cnrs, auteur de nombreux ouvrages tels que « La chair et le diable » ou « Biologie des passions », a exposé son point de vue et, surtout, sa théorie sur la question. Au postulat qui veut que l’action précède l’état affectif, Jean-Didier Vincent oppose sa théorie : c’est l’acte qui est subordonné à l’état. Plaisir, déplaisir, souffrance, aversion priment et fait de l’individu le produit de ses émotions. A Marciac, ce neurobiologiste, qui n’hésite pas à se confronter à ses opposants d’autant qu’il n’est pas un fanatique du biologisme, a mobilisé ses vastes connaissances et proposé une traversée des recherches sur le vivant en évoquant |