Ces cours aussi nombreux que variés ne l’empêchent pas d’être membre de l’UMR Dynamiques Rurales, du groupe de recherche Montagnes et Café (MOCA) au CNRS, et co-directeur de la collection ’’Ruralités Nord-Sud’’ à ses heures perdues, ainsi que directeur de thèses. Il est par ailleurs responsable de formation doctorale ESSOR à l’ENFA(Logiques Économiques et Sociétés Rurales). De 1995 à 1999, il a été Directeur de l’Institut Français de Recherche en Afrique (IFRA) à Nairobi. Enfin, il consacre également le temps
restant à l’écriture de nombreux ouvrages. Citons entre autres ’’Fruits du Terroir, Fruits Défendus. Identités, Mémoires et Territoires’’ (Presse Universitaires du Mirail, Toulouse, 2003) et ’’Caféiculture d’Afrique Orientale, Territoires, Enjeux et Politiques’’ (avec François Bart et Bernard Calas, Karthala-IFRA, Paris, 1998, 307p.) Il faisait chaud cette soirée là sous les arcades du Café de l’Hôtel de Ville à Marciac, comme pour s’accorder avec le sujet du jour : ’’Quelle évolution pour les paysans d’Afrique noire, dans le cadre de la fin d’un modèle colonial de développement ?’’
Très vite, le dialogue s’engage entre l’invité, Bernard Charlery de La Masselière, professeur à l’Université de Toulouse-Le Mirail et Jean-Claude Flamant, directeur de la Mission d’Animation des Agrobiosciences. Puis c’est le groupe local de réflexion qui donne le coup d’envoi du débat, avec trois grandes questions :
d’abord sur la paysannerie africaine, dont il est difficile de parler tant les disparités sont grandes à l’échelle du continent. Cependant, une constante : une histoire marquée par la colonisation suivie d’une paysannerie ’’inventée’’ lors de l’apparition de l’Etat.
Ensuite sur le problème du partage des terres : l’agriculture extensive, grande dévoreuse d’espace, risque de déborder bientôt sur les zones pastorales préservées. Entre ces deux extrêmes, l’Afrique peine à trouver un juste milieu, bien que des sociétés agraires particulières aient d’ores et déjà su adapter les techniques importées. Un exmple ? La culture du café, qui a permis l’émergence d’une véritable société de producteurs locaux, facteur d’équilibre social, bien qu’elle soit uniquement tournée vers les marchés extérieurs.
En dernier lieu, le groupe local de réflexion a abordé la question de la « privatisation » des terres communautaires car, en dépit d’initiatives locales encourageantes (Mozambique), la situation reste incroyablement complexe, et les droits fonciers anarchiques, la terre appartenant à qui l’exploite.
Les interventions du public se sont attachées, dans un second temps, à d’autres particularités du système africain : les mutations entraînées par la mondialisation, la question alimentaire et la démographie, l’explosion urbaine, la chute des cours des matières premières, les investissements, le bras de fer Nord/Sud ou encore le thème des économies solidaires, ce qui a fait de ce Café-Débat l’un des plus longs qu’ait connu Marciac ?
De cet échange exhaustif et constructif, les agriculteurs français pourraient tirer plusieurs leçons : les fortes contraintes sociales et économiques ont favorisé l’émergence de solutions originales locales qui ont su prouver leur efficacité. Alors, pourquoi ’’l’Afrique ne croit pas encore à sa capacité à créer des modèles’’ ?
Accéder à la totalité de la conférence débat de Bernard Charlery de la Masselière-
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