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Swissinfo.ch du 19 mai, AFP des 28 et 30 mai, Le Monde du 29 mai.

vendredi 30 mai 2008

Les grandes conclusions de la conférence de l’ONU sur la biodiversité

Du 19 au 30 mai se tenait à Bonn, en Allemagne, la 9è conférence des pays membres de la Convention de l’ONU sur la diversité biologique. Cette Convention, signée en 1992 par 168 pays, lors du Sommet de la Terre à Rio, vise notamment à « ralentir de manière significative d’ici 2010 le rythme actuel effarant de l’appauvrissement de la biodiversité ». Mais voilà, seize ans après, « le taux actuel d’extinction des espèces est 100 à 1000 fois plus élevé que le taux d’extinction naturelle ». Cité par Swissinfo.ch, le ministre allemand de l’Environnement Sigmar Gabriel rappelle ainsi qu’« un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers des amphibiens et 70% des plantes sont aujourd’hui menacés ». En outre, tout ceci à un prix. Le quotidien précise ainsi que, « chaque année, la disparition d’espèces animales et végétales coûte 6% du Produit national brut (PNB) mondial, soit 2000 milliards d’euros.
Durant 15 jours, près de 6000 personnes se sont penchées au chevet de la biodiversité pour envisager, discuter et se mettre d’accord sur un ensemble de propositions qui seront négociées lors de la prochaine conférence organisée au Japon, à Nagoya, en 2010.

Parmi les principales annonces de ces journées de travaux, signalons tout d’abord l’engagement pris par l’Allemagne, le mercredi 28 mai, de « débloquer un total de 500 millions d’euros » entre 2009 et 2012 pour la « protection des forêts tropicales et autres écosystèmes menacés ». Au rythme actuel, la déforestation des forêts tropicales contribue à près du quart des émissions de carbone, une proportion supérieure à celle du secteur des transports (Source AFP relayée notamment par Le Point.fr ).

Ensuite, constatant que « l’information scientifique sur la biodiversité est très éclatée », les membres de l’ONU ont acté, le lendemain, « la création d’un groupe d’experts à l’image du GIEC », le Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat. C’est le quotidien Le Monde qui nous livre cette information. L’objectif de ce "GIEC de la biodiversité" « est de mettre en place un réseau d’experts qui puissent jouer le rôle d’interface entre les scientifiques et les politiques » ou comme le souligne ces mots de Didier Barbin, chercheur au CIRAD qui travaille sur ce projet depuis trois ans, « de mieux organiser l’information de base et de voir les sujets émerger ».

Autre point de discussion et de "dissensus", les agrocarburants. Avec le développement de ces derniers, le principe des jachères est remis en cause. Une perspective qui ne fait guère l’unanimité, les jachères étant désormais "valorisées en tant que milieu riche de biodiversité", comme le soulignait Jean-Claude Flamant, pour la Mission Agrobiosciences, dans l’un de ses billets. Sur ce point, le ministre de l’environnement allemand a signalé que les participants se sont « mis d’accord sur un programme de travail (...). Il s’agit de définir les critères qui seront utilisés pour évaluer l’impact des agrocarburants sur la biodiversité » (AFP du 30 mai).

Selon cette même source, le ministre a indiqué qu’il a été « possible d’établir pour la première fois depuis quinze ans, une feuille de route sur la question de l’accès aux ressources génétiques et le partage des bénéfices découlant de leur utilisation ». Il s’agit peut-être là d’une des plus grandes avancées de cette conférence. Outre la conservation de la diversité biologique, rappelons que la Convention sur la diversité biologique comporte deux autres objectifs : « l’utilisation durable des éléments » et « le partage juste et équitable des avantages découlant de ces ressources ». Autrement dit, si elle vise à protéger les ressources végétales et à travers elles, la biodiversité, elle n’en interdit pas pour autant l’exploitation, en d’autres termes le commerce. Pour mettre de l’ordre dans ce marché qui, en caricaturant, met en scène des pays du Sud détenteurs de ces ressources et d’importantes firmes du Nord qui souhaitent les acquérir, un troisième volet a été ajouté : le partage juste et équitable des avantages découlant de ces ressources. Mais dans les faits, ce troisième point n’est resté qu’un mirage... C’est ce qu’expliquait l’économiste Valérie Boisvert, interviewée en février dernier par Sylvie Berthier : « Lorsque la convention a été signée (en 1992), on pensait que la bioprospection - la recherche de nouveaux principes actifs à visée pharmaceutique - allait exploser. La biodiversité était alors considérée comme un ort vert susceptible de générer d’énormes revenus. Dès lors, on a imaginé que, grâce à la mise en place de règles d’accès et de partage des avantages, les populations gardiennes de cette biodiversité allaient pouvoir tirer profit des revenus de son utilisation.(...) Quinze ans après, on se rend compte que ce modèle n’était qu’un mirage. Non seulement parce qu’il est difficile de mettre en place des règles de partage juste et équitable mais aussi parce que, finalement, il y a peu de choses à partager. ». Une remarque que cette dernière annonce remet en perspective...

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences du 30 mai 2008. Swissinfo.ch du 19 mai, AFP des 28 et 30 mai, Le Monde du 29 mai.

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