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Slate, AFP, La Dépêche du Midi

mardi 26 mai 2009

La consommation en plein remue-ménage

Des prix qui diminuent, puis qui remontent avant de dégringoler de nouveau... Le yoyo actuel du coût des produits manufacturés a de quoi donner des hauts-le-cœur. Entre les matières premières dont les prix augmentent ou baissent, les bons et mauvais indices récurrents de la consommation des ménages français, la crise économique, la récession, les courbes des pouvoirs d’achat et autres enquêtes alimentaires... Les consommateurs ont-ils une chance de s’y retrouver ?

Sept Français sur dix pensent que « les prix des produits alimentaires sont injustes » lit-on dans le magazine Slate, qui relaie les conclusions d’une récente enquête du Centre de recherches pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc). On peut lire dans la présentation de cette enquête que « Les repères des consommateurs à l’égard des prix sont mis à mal par ces variations de grande ampleur, mais aussi par la multiplication des opérations promotionnelles, le développement des offres à bas prix, de la gratuité… ». Bruno Askenazi, de Slate, poursuit cette pensée dans son article : « Dans le passé, un prix devait refléter la valeur d’une chose. Une routine confortable. Maintenant, tous les repères ont volé en éclat ». Le consommateur du XXIe siècle serait-il perdu ?

C’est ce que va tenter d’élucider, entre autres choses, une grande enquête baptisée NutriNet Santé, lancée le 11 mai par Roselyne Bachelot. Mieux comprendre les comportements alimentaires, vérifier les hypothèses sur l’impact de l’alimentation et des pratiques physiques sur les maladies, voilà des objectifs ambitieux. L’étude se déroulera sur cinq ans via un site internet et les participants devront remplir un questionnaire annuel, tout en ayant accès à des informations sur les « résultats intermédiaires » de l’enquête, selon La Dépêche du Midi. Reste que, comme le rappelle le sociologue de l’alimentation Jean-Pierre Poulain dans le quotidien régional, « cette méthode exclut toute une frange de la population qui n’est pas connectée au net : [...] Travailleurs pauvres, familles précaires... ». On pourrait également penser aux moins de 18 ans qui ne peuvent étrangement pas se soumettre au questionnaire, alors qu’ils sont un public de choix pour à la fois les produits alimentaires, mais également certaines pathologies (obésité...).

Toujours concernant les enfants, l’Étude Nationale Nutrition Santé (ENNS) publiait le 26 mai son bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) qui enfonce, de manière discrète, une porte (à demi) ouverte. Portant sur 1 627 enfants de 3 à 17 ans, le BEH souligne que le niveau économique et social de la cellule familiale influe sur la qualité et la variété des plats servis, chiffres à l’appui : « Comparativement aux foyers dont les parents avaient un niveau scolaire supérieur au baccalauréat, les enfants issus d’un foyer de niveau "collège" étaient 2,79 fois plus à risque d’une faible consommation de fruits et légumes », relaie l’AFP. Ce n’est certes pas une grande révélation, ni une grosse surprise, mais les chercheurs estiment que ces résultats « devraient être pris en compte pour les interventions visant à augmenter les apports en fruits et légumes ».

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences. 26 mai 2009.

Sources :

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