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ruralinfos.org, juillet 2003

mercredi 2 juillet 2003

Donner du temps et des moyens au "dialogue" entre agriculture et territoire. A l’occasion d’une journée de réflexion sur la dimension territoriale de l’agriculture, nombre de participants se sont inquiétés de l’avenir de la place des territoires et de leurs acteurs dans la mise en place des nouveaux Contrats d’agriculture durable (Cad).
Autour de la dimension territoriale des Contrats territoriaux d’exploitation (CTE), une quarantaine de personnes impliquées dans ce travail s’était donnée rendez-vous à Paris pour partager les "Eléments de méthode". Que ce soient les témoignages d’acteurs (Valençay - Indre, Woëvre - Meuse, Coglais - Ile et Vilaine), le point de vue de François Léger (Inra-INAPG) ou celui des participants (agriculteur, élu, représentants associatifs) de la table ronde finale, tous ont souligné la même exigence : le dialogue entre agriculture et territoire ne peut se construire que dans la durée. Or, même s’ils sont aux prises avec la même réalité (des parcelles, des arbres, des animaux, des cours d’eaux,…) agriculteurs, élus, consommateurs, environnementalistes, citadins, … ne les voient pas avec les mêmes yeux ni ne les désignent avec les mêmes mots. Parvenir au dialogue, c’est faire un apprentissage partagé de la façon qu’ont les autres de voir le territoire. C’est en somme parvenir à voir autrement son territoire.
Face au rappel des raisons de la substitution des Cad aux CTE, fait par l’un des attentifs représentants du ministère de l’Agriculture, les participants n’ont pas manqué de souligner que la concertation que le ministre appelle de ses vœux pour la mise en place des Cad ne va pas de soi ! Elle demande une véritable animation de terrain qui pourtant n’est plus reconnue dans le nouveau dispositif (la partie du Fonds de financement des CTE consacrée aux démarches collectives est supprimée). Dès lors, dans un contexte où certes le changement de procédure est destiné à répondre à un problème budgétaire mais où on ne peut pas pour autant évacuer les arrière-pensées idéologiques, qui pourra véritablement s’opposer à ce que les " institutionnels " classiques (Chambre, Adasea, DDAF) s’arrogent seuls la définition des dits territoires ? Pourtant, à bien y regarder, le seul moyen de ne pas perdre les acquis des investissements antérieurs, apparaît bien être la poursuite de la mobilisation locale. l’attractivité des contrats ne tiendra qu’à la condition que les acteurs de terrain, les agriculteurs soient les vrais auteurs des contrats-types auxquels ils devront se référer.


Voir en ligne : Présentation du contrat d’agriculture durable

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