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Revue de presse du 30 avril 2008 ; Libération, Le Monde, Autour du Bio

mercredi 30 avril 2008

L’étiquette éthique du commerce équitable c’est pas du toc ! Comment s’y retrouver ? Fabrice Rousselot dans le Libération de ce jour écrit que "le commerce équitable a une bonne image ; en fait, il est peu pratiqué". Le consommateur a du mal à suivre entre les différents labels et leurs engagements. Les uns proposent de "changer le monde en changeant les consommateurs", d’autres refusent l’idée même de consommation. Alors que "70% des produits issus du commerce équitable sont vendus en grande surface" nous assure Rémi Roux, cofondateur de la marque Ethiquable dans une interview au Monde.fr.
Toujours selon Rémi Roux, "un Français dépense environ 3 euros par an dans des produits issus du commerce équitable alors que pour un suisse, ce sont près de 20 euros". Et pas que les "bobos". Cependant ajoute le cofondateur d’Ethiquable "... c’est vrai que le prix plus élevé de nos produits nous empêche de toucher les classes les plus populaires." L’avenir est représenté par les classes moyennes. Un avantage toutefois : "Outre les économies d’échelle, la flambée actuelle des matières premières qui touche entre autres, le café et le riz, nous est favorable. Le commerce équitable n’est pas du tout pénalisé puisque les prix étaient déjà au-dessus de ceux du marché. Nous ne sommes donc pas obligés de les augmenter" conclut Rémi Roux.
Catherine Maussion et Laureen Ortiz dans Libération tentent de nous aider à nous y retrouver entre les labels et leurs intentions. "46% des Français disent ne pas acheter ces produits, faute de les repérer dans les magasins. Et 57% des personnes au fait du commerce équitable disent ne pas être assez informées sur son fonctionnement." Heureusement il y a la quinzaine du commerce équitable en cours du 25 avril au 11 mai qui réparera tout cela. Car la confusion règne dans les rayonnages. Comme l’écrivent nos consoeurs de Libération "avec Lobodis, au moins c’est clair : les trois paquets [de café] sont équitables. Idem pour Alter Eco. En revanche avec Malongo, on ne sait plus très bien". D’où le dilemme du consommateur : "Peut-on faire confiance à une marque qui mélange les genres ? Ou, faut-il préférer les produits aux prix élevés parce qu’ils seraient plus "vertueux" ? Et que tout ça n’est pas terminé avec l’entrée en lice de la grande distribution dans le concert de l’équitable. Monoprix, Leclerc, Auchan s’y mettent : Viens chez moi tu trouveras de l’équitable ! De quoi irriter le canal historique de la consommation équitable. "Il y a un antagonisme entre un commerce qui se veut équitable et la grande distribution" déclare Véronique Gallais, d’Action Consommation. Même son de cloche pour laurent Levard, délégué général d’Artisan du Monde qui refuse l’entrée en grandes surfaces. Joaquin Munoz, Président de Max Havelaar France, a un avis différent. Il dit oui à la grande distribution car il souhaite "démocratiser" cette forme de commerce. "Ce ne sont pas deux ou trois sacs que l’on veut vendre, mais des containers" dit-il. Retour à la question de départ : comment s’y reconnaître ? "la nécessité aujourd’hui vis-à-vis de nous-mêmes, des consommateurs et des producteurs est de fixer des règles claires" répond Laurent Levard, d’Artisans du Monde. "En jeu, une définition précise des différentes formes du commerce équitable et surtout, la mise en place d’un organisme de certification pour décerner avec un maximum de garanties publiques un véritable label" concluent Catherine Maussion et Laureen Ortiz.
Toujours dans Libération et sous la plume de nos deux journalistes, on lira avec intérêt un dialogue entre Tristan Lecomte, fondateur d’Alert Eco et Christian Jacquiau, économiste et auteur du livre Les coulisses du commerce équitable qui illustre l’analyse précédente.
le site Autour du Bio rappelle les enjeux de la Quinzaine du commerce équitable et précise l’importance grandissante des produits du commerce équitable vendus en grande surface à travers la gamme des produits Entr’aide dans les centres Leclerc, Monoprix Gourmet et Monoprix Bio chez Monoprix ou Carrefour Agir Solidaire. "Il y a encore du chemin à faire, mais ça progresse" conclut l’article.
Et les petits producteurs ? Michel Taille, correspondant de Libération à Bogota, en Colombie, est allé les rencontrer. Il s’est intéressé à une communauté indienne locale les Emberas Chamis "unis au sein d’Asprocafé Ingruma, dont la production est vendue à travers les réseaux du commerce équitabble à Max Havelaar et l’Américain Equal Exchange notamment". Nouvelles façons de penser, microprêts, agriculture biologique ; la bataille des coopératives n’est pas facile mais comme l’exprime le paysan Evelio Aguirre : "On ne deviendra pas riches grâce au café. Mais grâce à l’équitable, on survit mieux".


Voir en ligne : Quels défis et quels paris pour le commerce équitable ? avec Alexis Krycève, directeur de marketing d’Alter Eco, dans le cadre des Cafés-débats de Marciac.

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