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Revue de Presse du 11 avril : Ouest France, la Dépêche du Midi, Les Echos, Libération

vendredi 11 avril 2008

Le "bio" s’invite dans les cantines mais la route est encore longue...

C’était là l’une des propositions du Grenelle de l’Environnement : accroître la surface des cultures biologiques et les mettre sur la table de nos cantines. C’est ce que rappelle dans un entretien publié aujourd’hui dans le quotidien régional Ouest France, Philippe Desbrosse, chargé de mission auprès du gouvernement pour la mise en œuvre du programme national agriculture biologique. « Une circulaire à paraître à la fin du mois préconise d’introduire 15 à 20 % d’ingrédients bio dans les menus de la restauration collective de l’administration, y compris les armées et les prisons. »
Mais voilà, alors que beaucoup se réjouissent de cette initiative et que les expériences de déjeuners "bio" fleurissent dans les établissements scolaires, plusieurs questions se posent.
La première concerne l’application même des projets du Grenelle de l’Environnement. C’est ce que soulignent notamment les échos, qui se sont procurés la version quasi définitive du projet de Loi remis au Président et à son premier Ministre. Selon le quotidien, « la crise provoquée au sein de la majorité par le projet de loi sur les OGM fait planer le doute sur l’avenir du Grenelle de l’Environnement. », « le projet est ambitieux mais les débats s’annoncent tendus ». Dans ce contexte, quid du sort de l’agriculture biologique ? D’autant que le coût global du projet est jugé trop élevé aux yeux de certains.
A cet élément d’actualité française s’ajoute un contexte mondial de flambée des prix des denrées alimentaires qui seraient, selon certains, défavorables au bio. Cette surenchère des cours mondiaux n’inciteraient en effet guère les producteurs à délaisser l’agriculture conventionnelle pour l’agriculture biologique. C’est ce que souligne Jean-Luc Fossé, de la chambre d’agriculture d’Ile-et-Vilaine, dont les propos sont rapportés par Ouest France : « Les prix sont au plus haut. Passer au bio, c’est accepter de produire moins et donc amputer ses revenus » . Un détail qui a toute son importance. Car, comme le dit Philippe Desbosse, « Depuis le Grenelle, la consommation de produits bio connaît une croissance de 40% ! La demande explose. En face, il faut que la production augmente. C’est là que le bât blesse. On importe la moitié de notre consommation bio ». D’où la nécessaire augmentation du nombre de conversions, à l’heure où l’on remarque plutôt une stagnation du nombre d’exploitations en agriculture biologique.
Du côté de la demande, au-delà même des cantines, on pourrait dire que pour consommer bio, encore faut-il pouvoir identifier ces produits. Car il y a des choses qui se trament du côté des labels. C’est ce que révèle Libération dans un article publié jeudi dernier, "C’est du bio". Dans ce domaine, il existe différents signes officiels, l’un français, l’autre européen, garantissant le respect de cahiers des charges qui diffèrent sensiblement entre l’UE et l’hexagone. « Le logo européen offre les mêmes garanties (NLDR : que le logo français) pour le secteur végétal, mais les réglementations ne concordent pas exactement pour le secteur animal ». L’harmonisation, en cours de discussion, est programmée pour le 1er janvier 2009. Affaire à suivre !

Sur le thème des cantines scolaires, lire sur le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences, Cantines scolaires : quelle sécurité et quelle qualité alimentaire au menu des enfants ?

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