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Revue de presse commentée par Jean-Luc Angot, directeur adjoint de l’OIE

vendredi 30 janvier 2009

Agriculture et société "Grippe aviaire : pas de nouvel essor mais une implantation durable et inquiétante du virus dans certains pays" Trois questions à Jean-Luc Angot

Dans sa revue de presse du 20 janvier, Chine : la grippe aviaire reprend son envol ?, la Mission Agrobiosciences, se faisait l’écho d’une apparente recrudescence de la grippe aviaire en Chine.
Assiste-t-on pour autant à un nouvel envol du virus ? Allons-nous faire face à une résurgence de la grippe aviaire sur d’autres continents ? Et plus généralement y a-t-il d’autres épizooties à redouter ? Trois questions que la Mission Agrobiosciences a posé à Jean-Luc Angot, directeur général adjoint de l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale) pour y voir un peu plus clair.

Mission Agrobiosciences : A la lumière des récents évènements dûs au H5N1 en Chine, assiste-t-on à un nouvel essor du virus dans cet partie du globe ?
Jean-Luc Angot : Même si le nombre de foyers dus au virus H5N1 est en constante diminution au niveau mondial, la situation qui sévit dans quelques pays (Indonésie, Bangladesh, Égypte, Nigeria et dans une moindre mesure Chine et Vietnam) demeure préoccupante. On ne peut pas parler de nouvel essor mais d’une implantation durable et inquiétante du virus dans ces pays, où la maladie est devenue endémique, alors que d’autres pays ont réussi à se débarrasser du virus en adoptant les mesures de lutte préconisées par l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale).
Il existe une étroite corrélation entre le nombre de foyers animaux et le nombre de cas humains. Toutefois le virus ne s’est toujours pas adapté à l’espèce humaine et n’est pas transmissible d’homme à homme.

L’Asie du sud-est est la partie du monde la plus touchée par le virus, les oiseaux sauvages risquent-ils de relancer une propagation du H5N1 vers les autres continents à l’heure actuelle ?
La diffusion du virus H5N1 est davantage liée au commerce d’oiseaux domestiques qu’aux migrations d’oiseaux sauvages. Il convient de mieux contrôler le commerce légal et de lutter contre le commerce illégal.

Vous travaillez à l’Organisation mondiale de la santé animale, quelle est l’état de la veille sanitaire, peut-on craindre des épizooties dans les temps prochains ?
La mondialisation des échanges, le réchauffement climatique, l’augmentation de la demande en protéines animales favorisent l’émergence ou la réémergence de maladies animales dont 75 % sont des zoonoses (maladies animales transmissibles à l’homme). Des maladies comme la fièvre du Nil occidental et la fièvre de la vallée du Rift, maladies considérées comme exotiques ainsi que leur nom le suggère, sont particulièrement préoccupantes et pourraient coloniser des régions non tropicales.
Par ailleurs il existe un lien fort entre la sécurité quantitative et qualitative de la production alimentaire et la lutte contre les maladies animales. Ces dernières sont responsables de plus de 20% des pertes pour la production de viande, de lait et d’œufs.
Afin de faire efficacement face aux risques zoosanitaires, les pays doivent améliorer leur gouvernance sanitaire et renforcer leurs services vétérinaires sur la base des normes de qualité de l’OIE.

Propos recueillis par Marc Roze pour la Mission Agrobiosciences en réaction à la revue de presse du 20 janvier 2009 : Chine : la grippe aviaire reprend son envol ?

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