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jeudi 4 octobre 2012

Monsanto verrait rouge. Relativisons.
La revue de presse de la Mission Agrobiosciences. 4 octobre 2012
Reuters, Lesechos.fr, FAO

Y aura-t-il un avant et un après l’étude de Gilles-Eric Séralini ? Déjà, en France du moins, les consommateurs, ne voyant pas le bénéfice qu’ils pouvaient tirer des OGM, n’étaient guère favorables à leur culture, encore moins à leur consommation. Aujourd’hui, huit Français sur dix se disent inquiets. En est-ce terminé des OGM ? Plié Monsanto ? Un colosse aux pieds d’argile ?
Une info, publiée ce mercredi 3 octobre par Reuters sous le titre « Monsanto dans le rouge au quatrième trimestre » pourrait laisser penser que la firme est affaiblie. On y apprend que « le géant de l’agrochimie a publié une perte pour le quatrième trimestre de son exercice fiscal à fin août, suite à une baisse saisonnière de ses ventes et s’est montré prudent pour le prochain exercice 2013. »
Relativisons car, informe Reuters, « Le producteur de semences de maïs, de soja et autres cultures génétiquement modifiées a annoncé un objectif de bénéfice situé entre 4,18 et 4,32 dollar par action pour le prochain exercice, alors que les analystes attendaient un chiffre plus proche de 4,38 dollars.
Son chiffre d’affaires a atteint 2,11 milliards de dollars pour l’exercice terminé le 31 août, en baisse par rapport aux 2,25 milliards de la même période de 2011, conséquence d’une baisse des ventes de semences de maïs et de matériel génétique.
(…) La perte nette a atteint 229 millions de dollars, soit 42 cents par action, sur le trimestre, contre une perte de 112 millions de dollars, ou 21 cents par action, un an auparavant.
Ses ventes de semences de maïs et de matériel génétique ont chuté de 12% au quatrième trimestre par rapport à la même période de 2011 et ses ventes de coton de 84%. En revanche, ses ventes trimestrielles de soja ont augmenté de 48% et celles semences de légumes de 26% sur un an. »
Une brève publiée sur le site lesechos.fr permet d’y voir plus clair quant à la stratégie d’ajustement, au délicat équilibre des bénéfices (ou des déficits) par action qu’ a opéré le géant américain en 2011. « Le (…) numéro un mondial des semences génétiquement modifiées tablait alors sur une hausse de l’ordre de 15 % de son bénéfice par action. Et ce, grâce essentiellement à l’Amérique latine (Brésil, Argentine). En fait, le roi des OGM venait de revoir sa copie. Après s’être éloigné des agriculteurs en mettant à son catalogue des produits trop sophistiqués et trop chers, il a fait marche arrière afin de renouer le lien et retrouver ses marges. L’effet a été supérieur aux attentes avec un profit en hausse de 45 %. C’est donc requinqué que le groupe a pu affronter les attaques contre la toxicité des OGM et notamment ceux venus de France. »
Alors certes, l’Europe continue de faire de la résistance contre les OGM en général et le quasi-monopole de Monsanto en particulier. Gageons malgré tout que la multinationale a encore de très beaux jours devant elle. Il suffit pour s’en convaincre de lire le communiqué de la FAO annonçant la conférence électronique sur les OGM qui se tiendra du 5 novembre au 2 décembre.
« Les OGM en chantier : un regard sur les cinq prochaines années dans les secteurs des cultures, des forêts, de l’élevage, de l’aquaculture et de l’agro-industrie dans les pays en voie de développement. Son objectif est d’alimenter le débat sur les OGM, spécialement ceux susceptibles d’être commercialisés dans les pays en voie de développement pendant les cinq prochaines années, et de discuter de leurs éventuelles implications. »
Espérons simplement que le débat sera à la hauteur des enjeux humains et agronomiques.

Sources  :

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