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Ouest France, la Dépêche du Midi, Metro

jeudi 15 janvier 2009

OGM : le tribunal administratif donne raison au Thor

En mai 2008, la préfecture du Vaucluse assignait le conseil municipal de la ville du Thor devant le tribunal administratif de Nîmes. En cause, une délibération du conseil qui s’opposait à toute culture d’OGM sur le territoire de la commune. Finalement la décision du juge, rendue publique ce 12 janvier dernier, a donné raison au conseil municipal en validant l’argumentation de celui-ci, fondée sur l’application du principe de précaution pour ce cas particulier.

Metro, le quotidien gratuit, précise que ce jugement a été prononcé « du fait que son impact éventuel sur la santé publique et l’environnement intéresse la commune du Thor, à vocation essentiellement agricole ». La ville compte en effet parmi ses habitants de nombreux agriculteurs labellisés « agriculture biologique », en plus d’être traversée par la Sorgue (une rivière en zone de protection Natura 2000) et de posséder sur son territoire des vignes AOC. Ce sont ces points qui ont décidé le juge administratif à prendre sa décision en faveur de la commune. Une première en la matière, d’autant plus que la préfecture ne fera pas appel dans cette affaire.
Toutefois, le directeur général du GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants) rappelle à la Dépêche du Midi qu’une délibération « n’a pas de valeur exécutoire ». En effet, ce n’est pas une interdiction des OGM qui a été prononcée mais l’avis du conseil municipal sur la question : « les élus locaux n’ont pas de compétence en matière de politique agricole, réservée au ministère de l’Agriculture » peut-on lire dans Ouest France. Le quotidien précise également que « seul a été reconnu son droit à rendre public une déclaration de principe sur la question des OGM ». Pourtant Jacques Olivier, le maire du Thor, vient d’annoncer qu’il ajouterait à cette délibération un arrêté interdisant la culture de plantes transgéniques, ce qui risque de lui poser des difficultés supplémentaires. Car, comme la Dépêche du Midi l’écrit clairement, « tous les arrêtés pris par les maires dans l’ensemble de l’Hexagone ont été systématiquement cassés par la justice ». Une situation qui s’explique par le fait que la loi sur les OGM de 2008 n’attribue pas de pouvoir de décision aux municipalités concernant ces produits.
Selon Ouest France, même si « le vrai débat de fond n’est pas tranché », le directeur général du GNIS estime que cette affaire « va être une occasion de relancer le débat dont vont certainement se saisir les maires opposés aux OGM ». Telle semble être l’intention de Jacques Olivier qui espère que le jugement aura l’occasion de faire jurisprudence, et dont le souhait est de relancer le débat au niveau national, à la fois sur les OGM mais aussi concernant la prise de décision politique en la matière.

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences 15 janvier 2009.

Sources :

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