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jeudi 30 mai 2013

Obésité : le combat continue
Dans La Croix du 28 mai 2013, Yves-Martin Prével, épidémiologiste et nutritionniste, Institut de recherche pour le développement (IRD), donne le ton général : « Le Brésil a pratiquement éradiqué la forme la plus grave de la malnutrition en vingt ans, mais gagne 1 % d’obèses par an. Après l’Amérique latine et dans une moindre mesure l’Asie, l’obésité devient un problème dans les villes africaines. Cette maladie touche d’abord les couches les plus aisées. Demain, elle se répandra parmi les classes moyennes, avant de se concentrer sur les pauvres. Les victimes de la malnutrition aiguë coexistent déjà avec celles de l’obésité. Tout le monde tire la sonnette d’alarme. Mais personne ne veut financer des programmes contre l’obésité dans les pays en développement. Cela reste un sujet politiquement incorrect. »
Le parisien.fr et tahiti-infos.com nous apprennent que 70% des mexicains sont en surpoids. «  Au Mexique, l’obésité a connu une véritable explosion en passant de 9,5% de la population en 1988 à 32% en 2012. Et 70% des quelque 115 millions de Mexicains sont en surpoids. » Une anecdote :
« Ofelia Montiel, 52 ans, buvait jusqu’à trois litres de Coca-Cola par jour, et avait atteint les 100 kg pour 1,50 m. Il y a un an et demi, elle a subi une opération de chirurgie bariatrique et ne le regrette pas. Elle ne peut plus avaler aujourd’hui que quelques bouchées de nourriture par jour.
"Par contre, je continue de boire mon Coca. Ca me fait roter et ça me donne un peu plus de place pour la nourriture", explique cette retraitée qui ne pèse plus aujourd’hui que 50 kilos.
 »
En effet, le parisien.fr précise que le Mexique est le principal consommateur de boissons sucrées au monde par tête et le second pays à être touché par l’obésité. « Il y a eu un changement d’habitudes alimentaires qui s’est accentué très fortement au cours des vingt dernières années avec une pénétration plus importante des aliments traités industriellement", en particulier les boissons gazeuses, explique à l’AFP Alejandro Calvillo, directeur de l’ONG Pouvoir du consommateur, qui lutte au Mexique pour la réglementation des produits nocifs pour la santé. »
L’obésité peut avoir plusieurs origines, dont l’héritage génétique, mais la cause dominante est à trouver dans les mauvaises habitudes de la vie moderne, rappelle David Garner, fondateur de la clinique River Centre de l’Ohio (États-Unis) spécialisée dans les troubles alimentaires.
« Les boissons gazeuses, classiques ou de régime, contribuent à l’obésité et aux problèmes cardiaques", souligne M. Garner. "Mais on ne fait rien" au niveau législatif, déplore-t-il, avant de dénoncer "le lobby extrêmement puissant" de l’industrie des boissons. »
L’article indique q’une proposition d’impôt pour les boissons sucrées a été déposée devant le parlement mexicain. A ce jour sans suite. Autre précision : les coûts directs ou indirects des problèmes de poids ont été estimés à près de 10 milliards d’euros pour le système de santé publique mexicain.
Après le Mexique, le Pérou. Si l’on en croit lemonde.fr, il part en guerre contre la malbouffe car au Pérou « les problèmes de surpoids toucheraient, dans le pays andin, plus de 52 % des femmes et 24 % des enfants de 5 à 9 ans, selon les chiffres officiels. » Le chef de l’état Ollanta Humala a promulgué, jeudi 16 mai, une loi visant à « promouvoir l’alimentation saine chez les jeunes ». Colère de l’industrie agroalimentaire qui refuse toute réglementation. Pourtant Crisologo Caceres, président de l’Association péruvienne de consommateurs affirme que : « Ce grand nombre de publicités participe au fait que la population, et surtout les plus jeunes, souffre de plus en plus de diabète, de surpoids et de problèmes cardiovasculaires. »
L’Amérique latine, après le continent nord-américain, n’est pas la seule a être frappée par l’obésité. Offremedia.com prédit, si l’on en croit les statistiques, « qu’en 2030, 58% des adultes espagnols seront en surpoids ou en obésité. »
Au même titre que l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), Coca Cola a décidé de s’attaquer au problème de l’obésité. Ainsi, en Espagne son agence SCPF à proposé une opération spéciale : « un ascenseur « responsable » dans un centre commercial. Comment ça marche : les portes de l’ascenseur s’ouvrent en dévoilant aux gens qui attendent de simples escaliers. « Si vous montez par les escaliers, vous changez les statistiques », impliquant les gens dans ce problème de société. » Même opération au Canada nous explique le site newswire.ca, site de Coca Cola Canada : « The Coca-Cola Company a dévoilé ses engagements mondiaux pour aider à lutter contre l’obésité : 1 - offrir des boissons à teneur faible ou nulle en calories dans tous les marchés ; 2 - faire preuve de transparence en matière d’information nutritionnelle, notamment en affichant le nombre de calories de ses produits sur le devant de tous ses emballages ; 3 - aider les gens à faire de l’exercice en soutenant des programmes d’activité physique dans tous les pays où elle est établie ; et 4 - commercialiser ses produits de manière responsable, notamment en ne ciblant pas les enfants de moins de 12 ans du monde entier. »
La Nouvelle République.fr revient sur l’engagement pris par les Etats membres de l’OMS au sujet de l’obésité. L’objectif est de réduire de 30% l’apport moyen en sel dans la population, augmenter l’activité physique de 10%, et taxer les produits mauvais pour la santé. John Stewart, un des responsables de l’ONG Corporate Accountability International, pense que « les grandes entreprises du secteur alimentaires réalisent des "profits en produisant des aliments trop sucrés, trop gras ou trop salés. » Les géants de l’alimentaire ont approuvé le plan de l’OMS. Cependant, « cette Alliance, qui représente 11 des plus grosses entreprises dans le secteur, dont Coca-Cola, Kellog’s, McDonalds, Nestlé, Pepsico et Unilever, et l’organisation Food Drink Europe, qui représente les plus grands de l’industrie alimentaire au niveau européen, rejettent largement l’idée d’une taxe sur certains aliments. » Aucune étude n’a démontré que taxer ces produits réduit leur consommation. Et, avertissent-elles, les familles les plus défavorisées risquent en conséquence d’acheter davantage de produits caloriques bon marché mais contenant moins d’ingrédients nutritifs.
RFI (Radio France international) nous indique que les associations de consommateurs sont très actives au Brésil, notamment à l’encontre de McDonald’s. le 22 avril 2013, McDo a été condamné à une amende de 780 000€ «  pour avoir ciblé les enfants lors de campagnes de publicités. » La justice estime que vendre des jouets encourage la malbouffe. Le fléau de l’obésité atteint près de 33% des enfants au pays du Roi Pelé. La documentariste et ex-top model Estela Renner, égérie d’associations de consommateurs précise que : «  aujourd’hui, un enfant brésilien passe en moyenne trois heures par jour à l’école et un peu plus de cinq heures quotidiennes devant la télévision, ce qui est un record mondial ! Or l’industrie dépense des millions en marketing et en publicité pour séduire ses jeunes consommateurs. » la condamnation de McDo apparaît dans ce contexte comme un signe fort en direction des consommateurs.
La bataille contre l’obésité remplacera-t-elle la guerre contre la cigarette au siècle dernier ? la suite au prochain épisode.

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