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Nouvel Obs, 20 minutes, Le Monde, Le Figaro, Viniflhor, des 11 et 12 septembre, Revue de presse de la Mission Agrobiosciences du 1er juillet 2008

vendredi 12 septembre 2008

Vendanges 2008 : une récolte mi-figue, mi-raisin

Les prévisions ne laissent aucun doute. D’après Viniflhor, l’organisme national interprofessionnel des fruits, des légumes, des vins et de l’horticulture, le « potentiel de récolte pour 2008 (...) sera inférieur à la récolte 2007 et n’atteindrait que 43.6 millions d’hectolitres ». Une chute de 5% en volume par rapport à l’année 2007 qui ne devrait pas toucher tous les vignobles et les vins de la même manière. Des vendanges que l’on annonce « moroses », « tardives », bref en demi teinte.
Ainsi dans le bordelais, certains producteurs ont commencé à donner, malgré tout, leurs premiers coups de sécateurs, comme le rapporte Fabienne Cosnay pour 20 minutes. Reprenant les mots de Bernard Farges, président du syndicat viticole des bordeaux et bordeaux supérieurs, la journaliste nous dit que «  la récolte promet d’être moyenne. Du côté des blancs, les volumes devraient chuter de 40% à 50% par rapport à 2007. (...) Côté rouge, la récolte s’annonce aussi plus faible - 10 à 15% de moins que l’an passé.  »
En cause, une météo médiocre - hiver peu rigoureux, épisode de gel en avril, été peu ensoleillé et instable -, contrastée, et surtout humide, favorisant ainsi le développement des foyers de mildiou. Et si ce dernier a pu être contrôlé « au prix parfois de traitements coûteux », selon l’organisme Viniflhor, il a tout de même engendré quelques pertes sur certaines parcelles.
Si, pour les vins blancs, la situation semble inquiétante - selon Bernard Farges, il y a un risque de « probable pénurie pour le millésime 2008 » (Nouvel Obs) - les viticulteurs gardent espoir pour les vins rouges dont la récolte est plus tardive. A condition que le ciel de septembre soit des plus ensoleillés. Comme le souligne le président du syndicat viticole des bordeaux et bordeaux supérieurs, « les trois prochaines semaines seront décisives pour la qualité de la vendange en rouge ».
Pour autant, les viticulteurs du bordelais ne broient pas du noir. Car, paradoxalement, comme nous l’apprend le Nouvel Obs, « cette faible récolte en perspective peut présenter des aspects positifs pour l’économie des vins de Bordeaux », dont les prix peuvent être revus à la hausse alors « qu’ils étaient au plus bas niveau depuis des années ». Pour les grands crus tout du moins.
Enfin, cette baisse de la production a une autre conséquence : la France va perdre sa première place des pays producteurs de vins au profit de l’Italie. On pourrait croire les français vexés. Il n’en est rien ! Laeticia Clavreul, dans un article publié ce jour dans le Monde, rapporte ainsi que « la joie des italiens fait plutôt sourire les français » (...) lesquels « placent leurs fierté ailleurs », comprenez dans la qualité de leur breuvage.

Que nous réserve donc cette cuvée 2008 ? Si la baisse des volumes peut être joué comme un atout pour certains, il n’est pas évident qu’elle soit profitable pour tous, en particulier pour les plus petits. « Ceux qui auront moins à offrir pourront se faire facilement remplacer chez un caviste ou un restaurateur, sans être sûrs de retrouver leur place l’année suivante » nous explique Michel Issaly, Président des vignerons indépendants (Le Monde). En outre, rien ne dit que la qualité sera à la hauteur des espérances. Tant que le vin n’est pas tiré, la prudence est de rigueur et ce d’autant plus que l’on sait la filière fragile.
Souvenez-vous... En juillet dernier, les viticulteurs du Languedoc-Roussillon avaient manifesté leur désarroi et même leur colère suite à l’envolée du prix du pétrole et une chute des ventes des caveaux de 20 à 40%.
Aujourd’hui, ce sont leurs homologues gersois qui battent le pavé. Ils étaient plusieurs centaines à défiler, hier, à Auch, pour « dénoncer l’interdiction faite par les autorités de traiter leurs vignes contre un champignon, l’esca, qui s’attaque aux ceps » (Le Figaro). Un champignon qui toucherait près de 20% des vignobles gersois et pour lequel « le seul traitement efficace, l’arsénite de sodium, reste interdit depuis 2002 en raison de risques de cancer qu’il peut entraîner sur ses utilisateurs ». Une fois encore, l’actualité nous rappelle que les raisins sont aussi ceux de la colère.

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences, 12 septembre 2008.

Sources :
Communiqué de presse de Viniflhor, du 9 septembre
« Une année sans pour les blancs », par Fabienne Cosnay, pour 20 minutes, 11 septembre
« Vendanges tardives et en faible quantité dans le bordelais », le Nouvel Obs, 11 septembre
« Une fierté viticole mal placée », par Laeticia Clavreul, Le Monde, 12 septembre.
« Gers : manifestation des viticulteurs », Le Figaro, 11 septembre
« Les raisins de la colère », revue de presse de la Mission Agrobiosciences, 1er juillet 2008

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