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Notre temps, l’Usine nouvelle, Paysan Breton, Les Echos

vendredi 1er mars 2013

Agriculture bretonne : de l’insoutenable abattement à l’inévitable transition

Ce pourrait être une plaquette de promotion sublime en quadri et sur papier glacé : la Bretagne, ses paysages exceptionnels, ses 38 000 exploitations agricoles, dont près d’une sur dix produit sous signe d’identification de l’origine et de la qualité (Label Rouge, AOC, IGP, Agriculture Bio). Avec un chiffre d’affaires de 8,2 milliards d’euros (12% du chiffre d’affaires national), la Région productrice de lait, d’œufs, de porcs et de volailles, mais aussi de choux-fleurs, d’artichauts, d’échalotes et de tomates sous-serre… caracole au rang de première région agricole française. Moins glamour, l’envers du décor s’avère quelque peu calamiteux, par endroits

Agriculteurs : un suicide toutes les deux semaines
Lancé par la députée européenne et maire de Morlaix Agnès Le Brun, ce cri d’alarme : le Finistère compte « un suicide d’agriculteur toutes les deux semaines » (notre temps). La détresse et le désespoir touchent toutes les tranches d’âge, confirme Olivier Billon, président des Jeunes agriculteurs du Finistère, également éleveurs de porcs.
Si l’actualité a opéré un coup de projecteur sur le groupe d’abattage de porcs Gad SAS en redressement judiciaire, et où 1700 emplois sont en sursis pour six mois, c’est l’ensemble de la filière qui est frappée au risque de provoquer un nouveau « Doux dans le porc » comme le craint le ministre de l’Agroalimentaire, Guillaume Garot (Usine Nouvelle).

Faudrait pas un Doux dans le porc
Il faut dire que « sur les 31 000 emplois dans la filière porcine bretonne, 3 100 sont menacés à court terme » (hebdomadaire Paysan Breton). Alors certes, les éleveurs bretons sont abattus, déçus, en colère et manifestent à grand bruit mais, pour sauver leur peau, proposent un plan aux pouvoirs publics. Le deal ?
Pas de demande de subvention, non, ni même un assouplissement des normes environnementales. Leurs seuls desiderata concernent « la simplification administrative » notamment pour la mise à jour des plans d’épandage et une « harmonisation des seuils d’installations classées avec les seuils européens ». En échange de quoi, ils sont prêts à investir 524 millions d’euros pour moderniser leurs élevages et « s’engagent à poursuivre leurs efforts de transparence sur les flux d’azote et à entrer dans une démarche collective de responsabilité sociétale avec définition et suivi d’indicateurs de développement durable. » Dans les pas de Terrena ?

Le bonheur est dans le clapier
Après quatre années pour opérer sa mutation écologique, la coopérative du Grand Ouest Terrena lançait, justement cette semaine, sa « nouvelle agriculture » (Les Echos). Sa quoi ? En fait, son virage vers l’agriculture intensivement écologique, mais intensif étant devenu un gros mot en Bretagne…
Fruit de sa conversion, Terrana met sur le marché des barquettes de lapin (une niche-test à faible enjeu) nourris sans antibiotique, ni Ogm, mais au lin et au colza local. Cela va sans dire, les animaux bénéficient de conditions d’élevage leur garantissant un meilleur bien-être. Positionnées entre le bio et l’ordinaire, les produits affichent allégations écologiques et nutritionnelles et un prix de 10 à 15% supérieur pour mieux rétribuer les éleveurs. Cerise sur le gâteau, les barquettes sont distribuées dans une soixantaine de magasins Système U, distributeur qui mène une nouvelle politique d’approvisionnement, sous la houlette de son très médiatique président Serge Papin. Pourquoi pas : par les temps qui courent, de nouvelles alliances durables producteurs-distributeurs, ça ne mange pas de pain.

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences, 1er mars 2013

Sources :

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