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Ministère de l’Alimentation, Futuribles, Agro-media, Agrisalon.com

jeudi 5 mai 2011


Stop au gaspillage : de vraies pistes en fausses bonnes idées ?

9000. C’est le nombre de kilomètres que peut parcourir un yaourt à la fraise qui, faute de n’avoir été mangé, finit, périmé, dans une poubelle, où il rejoint fruits, viandes, fromages, pain, légumes et autres pâtisseries… Banal, le gaspillage alimentaire fait partie de notre mode de vie.
Selon l’étude Modecom de l’Ademe, chaque année les Français jetteraient en moyenne 20 kg de déchets alimentaires, dont 7 kg de produits non consommés et encore emballés. Multipliez par 66 millions d’individus, le calcul est simple : au total, ce sont quelque 1,2 millions de tonnes de nourriture qui finissent chaque année dans les bennes à ordures françaises.
Un vrai gâchis, mais que l’on ne s’y trompe pas, tous les pays riches sont épinglés.
Comme le rappelle Annie Soyeux, dans « La lutte contre le gaspillage. Quel rôle face aux défis alimentaires ? », publié dans la revue Futuribles d’avril 2010, « selon une étude, réalisée aux États-Unis en 2004, l’ensemble des foyers américains gaspillent chaque année 17 millions de tonnes de nourriture, et la restauration, les fast-foods et autres détaillants jetteraient, sur la même période, 27 millions de tonnes de denrées alimentaires ».
Autre pays sur la sellette, la Belgique, ou encore nos voisins d’Outre-Manche, les plus grands gaspilleurs européens : chaque année, 25% des aliments achetés y sont jetés, soit 8 millions de tonnes d’aliments et de boissons (dont 5 millions encore comestibles).
Le constat est là. Des idées ?
En France, le ministère de l’Agriculture, qui prend le problème très au séreux, vient de commander une étude sur le phénomène du gaspillage afin de proposer, dans quelques mois, des moyens de lutte. En attendant, l’Ademe, l’Agence de l’Energie, a lancé la campagne « Stop au gaspillage alimentaire », proposant au consommateur d’adapter ses achats à ses besoins, de cuisiner les restes, ou encore de pratiquer le compost. Sans doute plus facile à dire qu’à faire.
Outre-Manche, le Gouvernement britannique s’attaque aussi au problème et propose une solution quelque peu radicale et inattendue : supprimer les dates de péremption des emballages alimentaires, informe Agro-media.
Que l’on se rassure, les produits sensibles ultra-frais, les laitages, les œufs et les fruits de mer ne seraient pas touchés. Seuls les paquets de pâtes, de riz ou autres légumes secs, qui finissent à la décharge alors qu’ils pourraient être encore consommés, seraient concernés, précise Agrisalon. Pour Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement, cette solution n’est pas vraiment « transposable en France », car en « Angleterre, il s’agit avant tout de simplifier le système du triple étiquetage » - date de mise en rayon, date de consommation optimum et date limite de consommation.
En France, seule la date limite de consommation, dite date de péremption, est mentionnée. « Si vous mangez de la viande deux jours après sa date de péremption vous pouvez vous rendre très malade, mais pas avec un yaourt dont la date est passée depuis deux jours. A l’inverse sur les paquets de lentilles, « s’il y a une date de péremption c’est pour faire consommer plus ».
Supprimer les dates de péremption sur certains produits, pourquoi pas ? Autre piste à l’étude, le développement des emballages actifs dits intelligents, capables d’indiquer la présence de pathogènes. Ou encore comme le rappelle Benoît Hartmann, qui cite l’Australie en exemple : la déresponsabilisation pénale des producteurs s’ils font don de produits alimentaires à des associations, ces dernières s’engageant bien sûr à respecter la chaîne du froid pour éviter tout problème de santé à ceux qui en bénéficieront.

Sources

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