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mardi 18 septembre 2007, Le Parisien, Europe 1, AFP, 20 Minutes, JDD, Le Figaro, Métro, Libération, Echo Nature, La Tribune des Antilles

mardi 18 septembre 2007

Avis de tempête médiatique sur les pesticides aux Antilles. Récemment dévastées par le passage d’un ouragan, les bananes de Martinique et de Guadeloupe sont aujourd’hui dans l’oeil d’un cyclone politico-médiatique. Le cancérologue Dominique Belpomme affirme que les pesticides utilisés dans les plantations peuvent être mortels, et qu’ils ont gravement contaminé les Antilles. Avant-même la publication de son rapport incendiaire, prévu mardi à Paris, Le Parisien consacre lundi sa première page au « scandale qui empoisonne les Antilles ». Le quotidien publie une interview du professeur Belpomme qui focalise ses soupçons sur le chlordécone, un pesticide interdit en métropole depuis 1990. « Cette affaire se révèle être beaucoup plus grave que celle du sang contaminé », affirme-t-il. L’entretien du Parisien est illustré par un reportage en Martinique chez un petit agriculteur, présenté comme « victime du chlordécone ». Romain Bellay, président de l’Organisation patriotique des agriculteurs martiniquais, considère que la pollution est un « héritage des békés », ces descendants de colons blancs propriétaires de la plupart des grandes plantations. Invité le matin même sur Europe 1, le ministre de l’Agriculture confirme : « la situation est très grave », affirme Michel Barnier, qui évoque un « désastre sanitaire ». Des propos aussitôt repris par l’agence France-Presse, qui ajoute que « la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a tenté de relativiser la portée du rapport ». Elle a « tenté d’éteindre l’incendie », résume aujourd’hui le quotidien gratuit 20 Minutes, qui tente de synthésiser en quelques lignes pour ses lecteurs les réactions en chaîne suscitées par la pré-médiatisation du rapport Belpomme sur les antennes, et sur le Web. Sur le site du Journal du Dimanche, le président des planteurs de bananes antillais réagit longuement et vivement contre « une forme de médecine populiste ». « J’en veux beaucoup au professeur Belpomme car il est entré dans le sensationnel et le médiatique », ajoute Eric de Lucy, qui affirme que les planteurs utilisent 60 % de pesticides en moins qu’en 1998 et qu’ils visent un objectif "zéro pesticide" « d’ici 5, 6 ou 7 ans ». Mardi matin, les articles de la presse écrite sont un ton en-dessous de ceux publiés la veille sur leurs sites internet. Le Figaro, qui évoquait « la gravité » de la situation, explique finalement sous la plume de Jean-Michel Bader que « ce cri d’alarme d’un scientifique n’émeut pas beaucoup le monde savant ou les représentants élus de la République ». Le journaliste cite également un chercheur de l’Inserm qui affirme que les chiffres du Pr Belpomme sur le nombre de cancers de la prostate en Guadeloupe sont « totalement faux ». « Rien ne permet d’affirmer le lien entre pesticides et problèmes de santé », réaffirme cet épidémiologiste, Luc Multigner, dans une interview au quotidien gratuit Métro. Pour Libération, le rapport Belpomme « surfe sur les risques potentiels chez l’homme ». « Si rien n’a été démontré à ce jour, c’est parce qu’on n’aurait pas cherché à le démontrer de peur de nuire aux intérêts bananiers », ajoute rapidement Renaud Lecadre, qui ne s’attarde guère sur l’information. Le journaliste de Libération glisse qu’il avait déjà consacré un long article au sujet fin août, qui dénonçait les indemnités promises par le gouvernement à des planteurs qualifiés de « gros pollueurs » après le passage du cyclone Dean. Début septembre, Alex Belvoit préconisait également sur le site Echo Nature de « profiter de l’impact du cyclone Dean pour réorienter l’agriculture des Antilles ». Le journaliste signalait au passage la parution d’un livre, entièrement dédié à la question du Chloredécone aux Antilles sous le titre "Chronique d’un empoisonnement annoncé", édité chez L’Harmattan, co-signé par l’écrivain Raphaël Confiant et Louis Boutrin, directeur de publication du magazine « La Tribune des Antilles ». Cette dernière se félicite de voir les médias nationaux « découvrir enfin le scandale du Chlordécone ».


Voir en ligne : Le rapport du professeur Belpomme sur les pesticides en Martinique

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