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lundi 03 septembre 2007, Sud Ouest, AFP, TF1, Futura-Sciences,

lundi 3 septembre 2007

Les ortolans de la colère. Braconnage ou tradition ? Dans le département des Landes, la dénonciation médiatique du piégeage des ortolans tourne au pugilat. Un caméraman de TF1 a été frappé à la tête alors qu’il suivait l’animateur de télévision Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), relate une dépêche de l’agence France-Presse. « Les ortolans, oiseaux très prisés des gourmets mais protégés depuis 1999, sont capturés afin d’être engraissés et pourraient se revendre 100 à 150 euros pièce aux plus grand restaurateurs », précise l’AFP, citant la LPO. Le compte-rendu de cette échauffourée est sensiblement différente dans les colonnes de Sud-Ouest, qui a receuilli la version du chasseur, Michel Darricarrère. Pour le quotidien régional, ce chasseur de Tartas est un pratiquant de « la chasse à la matole ». « Le jour où l’on me dira que cette chasse est interdite, j’arrêterai », déclare M.Darricarrère à Sud-Ouest. Le quotidien régional cite également le président de l’Association départementale de chasse à la matole, Jean-Jacques Lage, qui dénonce « une provovation » de M Bougrain-Dubourg.
L’an dernier déjà, le président de la LPO était venu début septembre dans les Landes pour dénoncer le piégeage des oiseaux. Il était déjà accompagné d’une équipe de TF1, qui avait diffusé un reportage dans le JT du 7 septembre 2006. La chaîne de télévision parle sans équivoque de « braconnage ». Environ 1.500 braconniers attraperaient chaque année entre 30.000 et 80.000 ortolans dans les Landes et les Pyrénées Atlantiques, selon le site Futura-Sciences qui avait à l’époque diffusé un dossier complet réalisé par la LPO. L’association y dénonçait une tolérance qualifiée de « contrat tacite » entre l’Etat et les braconniers, qui auraient accepté de limiter leurs dispositif à 30 pièges et 5 appelants, et « à ne pas en faire commerce ». Quelques semaines plus tard, un restaurateur landais était condamné par le tribunal correctionnel de Dax, relate un site professionnel hôtelier. La tolérance pour la chasse aux matolles était réservé aux seuls agriculteurs, précise un passionné des chasses traditionnelles du Sud Ouest sur son site internet personnel, qui fournit des détails sur cette pratique au nom de la « nostalgie ». Un autre site personnel évoque la mémoire du seul chasseur d’ortolans des Hautes-Pyrénées, qui capturait les oiseaux au filet pour approvisionner les hôtels-restaurants de Bagnères-de-Bigorre, avant-guerre. « L’autorisation lui était donnée par le Sous-Préfet et le Maire, sans doute par respect d’une tradition, mais à une condition : le pré ne devait pas être visible depuis la route », précise la source, orale, de ce site consacré au village bigourdan de Galan.


Voir en ligne : La fameuse scène du dernier dîner aux ortolans de François Mitterrand, racontée dans le livre de Georges-Marc Benamou

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