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Libération, Les Echos, Le Monde, Le Point, Le Parisien, Le Figaro

vendredi 18 octobre 2013

Agroalimentaire breton. Un seul mot d’ordre : l’emploi

Corps allongés sur le tarmac de l’aéroport de Brest, montagnes de pneus enflammés. Des actions choc, comme pour mieux signifier la détresse et la colère qui animent les salariés de l’agroalimentaire breton. Après les volaillers Doux et Tilly-Sabco ou encore Marvin Harvest (saumon), voici que Gad SAS, une filiale du groupe coopératif Cecab, annonce à son tour la fermeture de plusieurs sites dont l’abattoir de porcs de Lampaul-Guimiliau. Dans une région où l’agriculture et l’agroalimentaire pèsent pour 1/3 des emplois, c’est la survie même du territoire qui est en jeu. Le gouvernement ne s’y est d’ailleurs pas trompé en provoquant ce mercredi une réunion interministérielle sur le sujet. Explications dans cette revue de presse de la Mission Agrobiosciences.

Fermetures en cascade
Le Monde, Les Echos, Libération. La presse dresse la triste chronologie des plans de restructuration et de reprise qui touchent la Bretagne depuis plus d’un an. Eté 2012 : le pôle frais du volailler Doux disparaît ; 1 millier d’emplois détruits. Septembre 2013, le volailler Tilly-Sabco située à Guerlesquin prévoit une réduction de 40% de sa production [1]. Au même moment, Marvin Harvest, le roi du saumon norvégien, indique son intention de fermer à l’horizon 2014 deux usines, l’une à Poullaouen (près de Carhaix), l’autre à Châteaugiron (près de Rennes).
Dans ce contexte, l’annonce – ce vendredi 11 octobre-, de la fermeture de l’abattoir Gad à Lampaul-Guimiliau a agi comme un détonateur.

Défendre l’agroalimentaire breton
Défendre l’agroalimentaire breton. C’est sous ce mot d’ordre que les salariés des entreprises concernées, soutenus par « Produit en Bretagne » et l’Association bretonne des entreprises agroalimentaires, ont mené plusieurs actions coup de poing. Comme le résument les Echos : « dans une région déjà frappée par les difficultés du groupe volailler Doux et de la filière agroalimentaire, […] beaucoup craignent des conséquences en chaîne sur la sous-traitance et le commerce local ». Ainsi, si l’on en croit Corinne Nicole, porte-parole de la CGT du volailler Tilly, il faudra s’attendre « à la suppression de 8000 postes avec les emplois induits ». Pour la représentante FO du groupe Doux, Nadine Hourmant, « la Bretagne est en train de s’effondrer ». Leur crainte : que l’agroalimentaire breton ne connaisse le même sort que la sidérurgie.
Il est vrai que, de la filière porcine à la filière avicole, l’agriculture bretonne est sur le fil du rasoir depuis plusieurs mois. (voir la revue de presse de la MAA).

L’écotaxe met de l’huile du le feu
Si le devenir de la filière agroalimentaire constitue le principal nœud de tensions, d’autres éléments sont venus alimenter le malaise ambiant. Citons en premier lieu l’écotaxe sur les poids lourds qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2014 [2]. Le Figaro revient sur les enjeux liés à cette taxe « qui va s’appliquer aux 800 000 camions français et étrangers de plus de 3.5 tonnes […] et qui circulent sur le réseau national non payant. ». Problème : il n’y a pas d’autoroutes en Bretagne… « En conséquence, tous les transports routiers vont nécessairement se faire par les axes prochainement taxés ». Colère de la FDSEA du Finistère et des entreprises de la région qui craignent dès lors une aggravation de "l’état d’un secteur économique en pleine détresse".
Libération replace pour sa part le débat dans la problématique, plus générale, des projets de développement de ce territoire. Pour le quotidien, on risque à terme d’avoir une Bretagne coupée en deux avec d’un côté, « un axe Saint-Malo-Rennes-Nantes happé par Paris […] et, de l’autre, une Bretagne occidentale laissée pour compte du développement ». Report des projets de ligne à grande vitesse vers Brest et Morlaix, mise en place de l’écotaxe sont autant d’éléments qui tendent à faire des territoires situés à l’ouest de la ligne Rennes-Nantes, un « no man’s land pour les futurs investisseurs » (Alain Glon, président de l’Institut de Locarn).

Un pacte d’avenir
Ce mercredi 16 octobre, Jean-Marc Ayrault convoquait une réunion interministérielle sur le sujet. L’issue ? La mise en place d’un « pacte d’avenir » prévoyant notamment le déblocage de 15 millions d’euros pour soutenir la filière agroalimentaire, la reprise du site de Lampaul-Guimiliau par la communauté de communes de Landivisiau, ou encore la mise en place de « contrats de sécurisation professionnelle » garantissant le maintien de 97% du salaire net pendant une année pour les personnels des entreprises menacées de fermeture (Le Point, Le Parisien).
L’écotaxe sera quant à elle appliquée avec mesure. « L’Etat a déjà accordé une réduction de 50% du montant [de celle-ci] et exclu du réseau taxé la route nationale 164 [3] qui est l’axe vital de la région pour le secteur agroalimentaire ».

Il faut dire que, comme José Bové en son temps avec les Mac Do, les manifestants bretons ont déjà commencé à démonter les portiques de contrôle de ladite taxe…

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences, 17 octobre 2013

(1) Cette décision est consécutive à la suppression des aides européennes à l’exportation
(2) En savoir plus : http://www.developpement-durable.gouv.fr/-Questions-reponses-sur-l-ecotaxe-.html
(3) Qui traverse la Bretagne d’Ouest en Est, de Châteaulin à Montauban-de-Bretagne près de Rennes

Sources :


[1Cette décision est consécutive à la suppression des aides européennes à l’exportation

[3Qui traverse la Bretagne d’Ouest en Est, de Châteaulin à Montauban-de-Bretagne près de Rennes

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