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Libération, Centre des Médias Alternatifs du Québec, Le Monde, Ouest France

jeudi 2 avril 2009

Bien-être animal : l’Europe veut chasser les pratiques douloureuses

La Commission Européenne (CE) est à l’origine de deux textes de loi polémiques à la fois au sein des États membres, mais également au niveau international. L’un de ces textes - que le Parlement Européen devrait ratifier en avril - prévoit un durcissement des règles encadrant l’abattage d’animaux, notamment via un renforcement des contrôles pour sanctionner les pratiques douloureuses. Mais le deuxième volet de ce texte précise qu’un contrôle devra également être effectué pour tout produit animal importé en Europe. Avec l’ouverture de la chasse au phoque, les canadiens se sentent menacés, d’autant que cette chasse reste très critiquée au sein de la communauté internationale. Le deuxième texte renvoie plus généralement au commerce des animaux en Europe, et vise à instaurer des densités maximales de chargement pour le transport de bêtes. Cependant, même si la CE veut légiférer sur le bien-être animal, ces deux sujets ne sont pas nouveaux, et ont déjà donné lieu à de fortes controverses concernant la régulation du commerce animal, sans pour autant aboutir à un consensus sur la question.

La plus récente directive européenne en matière de règles d’abattage d’animaux date de 1993. Un texte, validé le lundi 16 mars 2009 par les députés européens membres de la Commission de l’Agriculture, dont la vocation est d’« améliorer le bien-être animal en permettant une application plus uniforme des normes de l’UE dans les Etats membres », sera examiné par le Parlement Européen du 4 au 7 mai, précise un communiqué de presse. Étourdissement avant la mise à mort - sauf pour les pratiques religieuses -, éviter les pratiques douloureuses, clarifier les normes administratives et surveiller les viandes importées en sont les quatre grands thèmes. Or c’est bien ce dernier point qui a soulevé la polémique sur l’import de produits issus de la chasse au phoque, puisque les règles d’abattage préconisées par le texte ne seraient pas respectées par les chasseurs canadiens.

Chasse au phoque : un débat qui glace le sang ?

« Depuis une quarantaine d’années et la diffusion d’un documentaire présentant un chasseur dépeçant vivant un blanchon (bébé phoque), cette chasse est critiquée pour sa "cruauté" » indique Libération. Les dépeçages d’animaux vivants, la difficulté d’encadrer les pratiques et les images souvent choquantes relayées par la presse alimentent ce débat. Mais la critique porte également sur l’utilité d’une telle chasse. Ses défenseurs la justifient par le fait que l’espèce n’est pas menacée alors que d’autres pointent au contraire que les phoques seraient une menace pour les poissons de la région. La régulation par la chasse ? Le débat divise à la fois les scientifiques et les associations écologistes, comme l’illustre un article du Centre des Médias Alternatifs du Québec. L’annonce du texte de loi européen n’est pas passée inaperçue outre-atlantique, puisqu’elle intervient précisément au moment de la reprise de la chasse au Canada. Libération précise que « la ministre canadienne des Pêches Gail Shea [...] étudiait tous les recours juridiques et diplomatiques », jusqu’à une possible plainte à l’OMC. Pourquoi un tel ramdam ? Le Monde apporte la réponse : « L’Europe est le premier débouché de la chasse commerciale canadienne avec plus de 60 % de parts de marché ».

Big Europe is watching you !

Le transport des animaux au sein de l’Europe est également en discussion. Ouest France rapporte que « la CE envisage d’instaurer des densités maximales de chargement à bord des camions, d’interdire le transport des animaux à l’abattoir au-delà de 9 heures de trajet et de limiter les convoyages », avec toutefois des dérogations pour les fermes isolées. En 2004 déjà, un projet similaire avait été mis à la corbeille, suite au refus de la France, de la Grèce, de l’Italie et du Portugal. Mais la CE entend bien aller jusqu’au bout, et n’est pas tendre avec la législation en place : « les règles actuelles de bien-être des animaux durant le transport sont en permanence contournées par les professionnels, et les États membres de l’Union ne font pas d’effort pour les faire respecter », relaie Ouest France. La CE que voudrait installer un traceur dans chaque camion, relié à un satellite, vérifiant par ce biais si les transporteurs respectent bien les temps d’arrêt et de chargement.

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences. 2 avril 2009.

Sources :

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