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Les Echos, Le Figaro, La Tribune, Romandie, Agro-media.

lundi 23 janvier 2012

BASF, le numéro un mondial de la chimie jette l’éponge (article revue de presse)

Le numéro un mondial de la chimie, BASF a annoncé le lundi 16 janvier 2012 sa décision d’abandonner le développement et la commercialisation de sa pomme de terre transgénique « Amflora » sur le marché européen, pour recentrer sa production sur les sols américains et asiatique. Le motif de cette décision ? « L’hostilité des consommateurs » comme le rapporte, entre autres, European Voice. Si Amflora quitte le sol de l’Union européenne, qu’en est-il des autres pommes de terre transgéniques du groupe - « Modena », « Amadea » et « Fortuna » ? Réponses dans cette revue de presse de la Mission d’Animation Agrobiosciences.

Amflora sort de l’union…
Bientôt deux ans qu’Amflora, pomme de terre modifiée par transgénèse, alimente le débat. On se souvient peut-être des nombreuses questions qu’avait soulevé l’autorisation de sa culture dans l’Union européenne en mars 2010 et dont la Mission Agrobiosciences s’était alors fait l’écho. Rappelons ici que ce tubercule contient un gène grâce auquel son taux d’amidon s’avère bien plus élevé qu’une banale patate conventionnelle. Sa culture était destinée à la filière papetière, mais aussi aux industries du textile ou du béton. Aucune utilisation à destination de l’alimentation humaine.
Mais voilà… Le lundi 16 janvier, son créateur BASF a annoncé l’arrêt de son exploitation sous le drapeau des 27 : «  il y a toujours un manque d’acceptation de cette technologie dans une grande partie de l’Europe » livrait à l’AFP Stefan Marcinowski, membre du directoire du groupe allemand (repris par European Voice).
Un constat partagé par la Commission Européenne, qui y voit là, selon la Tribune, l’explication de la si faible culture de ladite pomme de terre. En effet, elle serait cultivée sur moins de 300 hectares dans seulement 3 pays européens : l’Allemagne, la Suède et la République Tchèque.
La délocalisation des activités du leader allemand entraînera la fermeture de ses sites locaux et suédois situés respectivement à Gatersleben et Svalov incluant la suppression de 140 postes. 123 postes du site allemand de Limburgerhof seront parallèlement relocalisés à Raleigh (Caroline du Nord), aux Etats-Unis.

…et déménage outre-Atlantique
Abandon du marché européen n’est pas antonyme de persévérance pour BASF. Comme nous l’apprend Les Échos, le groupe « juge le marché OGM prometteur » et voit ce changement d’horizon comme un stimulant potentiel de son chiffre d’affaires. Objectif affiché par BASF : « atteindre 50 milliards de dollars en 2025 contre environ 30 milliards aujourd’hui ».
A l’annonce de l’événement, la Commission Européenne s’est contenté de « prendre acte » de la décision : « c’est un choix d’entreprise et nous prenons note » commentait Frederic Vincent, porte parole du commissaire John Dalli en charge de la Santé et des Consommateurs, comme le rapporte Romandie.
Autre son de cloche du côté des ONG écologistes comme nous le précisent La Tribune et Metro : Greenpeace considère que c’est une « victoire pour les consommateurs » et un « pas en avant pour le développement de biotechnologies sûres ». Pour Adrian Bebb, porte parole des Amis de la Terre Europe, « C’est un nouveau camouflet pour les promoteurs des OGM. Personne ne veut en manger et peu d’agriculteurs veulent en cultiver. En revanche, c’est une bonne nouvelle pour les consommateurs et les agriculteurs ».

Patate, le grand flou
Si BASF suspend la culture d’Amflora au sein de l’Union européenne, qu’en est-il des autres variétés de pomme de terre transgéniques « Amadea », « Fortuna » et « Modena » mises au point par le groupe, et destinées elles-aussi aux industries papetière et de la fécule ? Sur ce point, les réponses apportées par la presse restent imprécises…
D’un côté, European Voice dans un article traduit par le Meridian Institute révèle que BASF « arrête la production de cultures génétiquement modifiées destinées exclusivement au marché européen ». Une information confirmée par Les Echos qui précisent que le groupe abandonne « le développement et la commercialisation de tous ses projets OGM [en Europe] ».
Pour le site Agro-media, la décision ne vaut que pour la pomme de terre Amflora : « les procédures de demande d’autorisation pour ses pommes de terre Amadea, Modena et Fortuna suivront leur cours ». Le Figaro, quant à lui, indique que « les démarches d’homologation de la Fortuna, autre variété de pomme de terre configurée pour résister au mildiou, seront poursuivies ». Sans préciser le sort réservé à Amadea et Modena…
Comme le rapporte Metro, pour Eric Meunier, rédacteur d’Inf’OGM, « BASF part sous des cieux plus cléments mais peut continuer à demander des autorisations en Europe ». Il ajoute : « Seul le comportement commercial à l’avenir dira si l’entreprise tourne le dos aux OGM de ce côté ci de l’Atlantique », rappelant au passage que « l’entreprise avait déjà menacé de délocaliser son site de R&D s’il n’obtenait pas l’autorisation pour Amflora ».

Et le maïs dans tout çà ?
Quid, dans ce contexte, du maïs MON810 dont la culture est elle-aussi autorisée dans l’UE ? C’est la question posée par la Tribune qui livre les derniers éléments du dossier de l’OGM de la multinationale américaine Monsanto. L’article rappelle que si la culture du MON810 est autorisée au sein de l’UE, elle est néanmoins interdite dans 7 des 27 états membres dont la France et l’Allemagne. Dans le détail, l’article nous apprend que « le renouvellement de l’autorisation est attendu par la multinationale Monsanto depuis plus d’un an, mais [que] la Commission n’a pas encore lancé le processus malgré l’avis favorable de l’EFSA, l’Autorité européenne de la sécurité alimentaire ». La Commission attend pour ce faire « l’accord des Etats sur les règles pour la culture ».
Affaires à suivre…

Revue de presse de la Mission d’Animation Agrobiosciences, 20 janvier 2012.

Sources  :

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