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Les Echos, Le Figaro, Développement Durable, Ouest-France, Le Monde

mercredi 18 mars 2009

Forum mondial de l’Eau : l’ONU fournit des antisèches

Depuis le lundi 16 mars 2009, 15 000 participants provenant de 170 pays sont réunis à Istanbul en Turquie, dans le cadre du Forum Mondial de l’Eau. Organisé pour la première fois en 1997, il est reconduit tous les trois ans à l’initiative du Conseil Mondial de l’Eau. Celui-ci siège à Marseille et regroupe plus de 300 organisations internationales provenant d’une cinquantaine de pays différents. Si la tenue de ce forum s’organise bien entendu dans le but d’infléchir les politiques des Etats et de proposer des solutions concrètes, un récent rapport de l’ONU pointe également des dérives dans la production de biens de consommation qui augmentent les dépenses en eau.

Croissance démographique, changement climatique et modification des habitudes de consommation sont les trois principaux axes du Forum mondial de l’eau selon Les Echos. Le journal définit d’ailleurs en préambule la principale problématique de la question de l’eau : « accès à l’eau potable ne signifie pas ouvrir un robinet à la maison, mais uniquement pouvoir s’alimenter auprès d’un puits protégé de la contamination des animaux dans un rayon de 200 mètres ». Le Monde précise les chiffres qui font mal : « un milliard d’habitants demeurent sans accès à une eau potable saine et à des sanitaires ». Si les statistiques de mortalité due à l’absence d’accès à une eau saine varient en fonction des journaux – entre 1,7 millions et 3 millions par an, ce qui n’est pas rien – le discours est unilatéral lorsqu’il s’agit de pointer les conséquences d’une absence d’accès à une eau propre et potable.

L’effervescence des conflits

Ainsi le Figaro n’hésite pas à titrer sur « la guerre de l’or bleu ». Et le journal épingle les zones de conflit : « L’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie sont virtuellement en état d’"hydroconflictualité" pour le contrôle du Nil » ; « Au Zimbabwe, l’épidémie de choléra, qui a fait plus de 4 000 morts, est due à la déliquescence des structures hydriques ». Selon le journal, le conflit autour des ressources en eau accentue également des zones déjà très belliqueuses : la Chine et le Tibet – présenté comme « château d’eau de l’Asie » ; Israël et les pays arabes voisins ; le Vietnam et l’Inde qui verraient « se profiler le spectre de l’hydropuissance chinoise » sur leurs terres. « Partout où elle se fait rare, l’eau est susceptible d’accentuer les vieilles rivalités historiques » conclue dramatiquement le journal. Ouest-France préfère de son côté évoquer la mauvaise répartition des accès : « un citoyen américain ou japonais consomme 350 litres d’eau par jour ». La faute aux pays occidentaux qui monopolisent cette denrée vitale ?

Boire ou conduire ?

Pour l’ONU, c’est principalement une mauvaise gestion qui explique la situation actuelle : « Le secteur souffre d’un manque chronique d’intérêt politique, d’une mauvaise gouvernance et de sous-investissement », explique l’organisation dans le préambule de son rapport. Les Echos y ont relevé qu’il « faudrait entre 90 et 150 milliards de dollars, chaque année dans le monde, pour construire et entretenir les systèmes d’adduction, d’évacuation et d’irrigation performants ». Mais le rapport de l’ONU s’inquiète surtout de la raréfaction de l’eau concernant le secteur agricole, la production d’énergie et le développement économique. « Préservation de l’eau ou développement durable ? » note le webzine Développement Durable, une question qui peut surprendre et pourtant, à l’heure du développement des agrocarburants, l’ONU indique que 2500 litres d’eau sont nécessaires pour produire… un seul litre de ces nouveaux combustibles. Et ce n’est pas la seule surprise : l’augmentation de la consommation de viande, de blé et de lait – surtout dans les pays émergents – fait également grimper la facture d’eau au vu des quantités nécessaires à leur production. « Un kilo de viande [nécessite] 1000 à 20 000 litres » d’eau en fonction des régions d’après le rapport onusien, indique Développement Durable.
En définitive, les experts de l’ONU préconisent de « trouver un meilleur équilibre entre la lutte contre le changement climatique et l’adaptation à ses effets ». A suivre…

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences. 18 mars 2009.

Sources :

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