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Les Echos, La Croix, Le Monde, Le Nouvel Observateur, le Figaro, la FAO

jeudi 11 octobre 2012

Lutte contre la faim : au-delà des chiffres, que retenir du rapport de la FAO ?

Ce mardi 9 octobre, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds international pour le développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont présenté leur rapport sur «  l’Etat de l’insécurité alimentaire dans le monde 2012 ». Selon celui-ci, 870 millions de personnes sont encore sous-alimentées dans le monde, soit un individu sur 8... Au-delà des chiffres, toujours aussi révoltants, que révèle cette nouvelle photographie de la faim ? Tour d’horizon des analyses faites par les médias dans cette revue de presse de la Mission Agrobiosciences.

La sous-alimentation recule… sauf en Afrique
Sous la plume de Pierre Gasquet, les Echos passent au crible les différents enseignements de ce rapport. D’abord les chiffres : «  870 millions de personnes sont encore sous-alimentées dans le monde (12,5% de la population mondiale), dont l’immense majorité (852 millions de personnes) vit dans les pays en développement (soit 14,9% de leur population) ».
Ensuite, ce constat : globalement, la situation s’améliore à l’échelle de la planète puisque, en 1990, le nombre de personnes en situation de sous-nutrition était d’un milliard. Mieux, selon la FAO, « la lutte contre la faim menée ces vingt dernières années a donné de meilleurs résultats que ce que l’on [FAO] pensait. »(site de la FAO).
Pour autant, des disparités se font jour : si la faim recule en Amérique du Sud et Asie, qui reste le continent le plus touché, elle progresse en Afrique.
Deuxième point saillant de cette étude, la faim sous-jacente, ou "faim cachée", liée non pas au nombre de calories ingérées, mais à l’apport en micronutriments, c’est-à-dire en minéraux et en vitamines essentiels, demeure un problème préoccupant. Les Echos indiquent que les carences en micronutriments affectent « près de 30% de la population mondiale, contribuant à des taux de maladie et de mortalité importants dans certaines régions ».

L’impact de la crise de 2007-2008 relativisé
Le troisième élément des conclusions de cette étude concerne l’impact de la crise de 2007-2008. Fait surprenant, selon les auteurs, la crise de 2007 et la « grande récession » n’ont pas aggravé la sous-nutrition comme on le pensait jusqu’alors… Comme le relève le quotidien Le Monde, « le haut niveau des prix agricoles, ainsi que leur volatilité depuis la crise alimentaire de 2007-2008 n’auraient donc pas aggravé la sous-alimentation dans le monde, mais "provoqué un ralentissement considérable des progrès accomplis en matière de réduction de la sous-alimentation" ».
Une nuance dont on pourra trouver quelques pistes d’explications à la lecture de La Croix et du Nouvel Observateur. Alors que le premier s’interroge sur la finesse des nouvelles méthodes employées pour calculer « l’indicateur de sous-nutrition », le second affirme qu’en 2009, la FAO aurait largement sur-estimé le nombre d’individus en état de sous-nutrition.

L’agriculture urbaine et familiale, deux pistes de poids
Au-delà des chiffres, sur quelles stratégies les auteurs de l’étude et les experts misent-ils pour lutter contre la faim ? Deux entretiens, l’un publié par Le Figaro, l’autre par le Monde, donnent du grain à moudre.
Dans son édition de ce mercredi 10 octobre, le Figaro a sollicité l’analyse de Pierre Jacquemot, chercheur à l’Iris [1], pour tenter de comprendre pourquoi l’insécurité alimentaire progressait en Afrique. Détaillant les phénomènes à l’œuvre, de l’exode vers les villes qui a généré un manque de main d’œuvre dans les campagnes, à l’échec des politiques agricoles, ce spécialiste des questions économiques et politiques africaines identifie trois leviers d’action : l’agriculture urbaine qui se développe depuis quelques temps dans les villes et qui est, principalement, le fait des « jeunes et des femmes » ; le « développement de l’agro-écologie » et la promotion de l’agriculture familiale.
Cette dernière est également au cœur des solutions proposées par le président du FIDA [2], Kanayo F. Nwanze. Dans un entretien au Monde, celui-ci explique que la lutte contre la faim et la pauvreté passe par un développement de l’agriculture paysanne et familiale. Dans le détail, cela se traduit notamment par le recours aux engrais et aux semences améliorées pour accroître les rendements, sans pour autant « reproduire les excès de la "révolution verte" ou du modèle occidental d’agriculture intensive », l’accès des producteurs au crédit et aux marchés, et un véritable engagement politique des Etats.
Des pistes que l’on espère fertiles.

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences, 10 octobre 2012.

Sources :


[1Institut de relations internationales et stratégiques

[2Fonds international de développement agricole

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