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Le Nouvel Observateur, Le Monde, Sciences et Avenir, Euractiv

lundi 3 septembre 2012

Flambée des prix : y a-t-il des contre-feux ?

Las. Nous revoilà repartis pour un tour. Comme en 2011 et en 2007/2008, les prix des céréales (exception faite du riz) et du soja s’affolent sur les marchés. La faute aux graves sécheresses aux Etats-Unis et en Europe centrale, principalement, qui laissent présager, dans ces pays fortement producteurs, des récoltes bien moindres que celles estimées. Des incidents climatiques qui donnent de l’eau aux moulins, déjà bien fournis, des mouvements spéculatifs, et qui font peser une pluie de critiques sur les agrocarburants, accusés d’exacerber les tensions sur les marchés en détournant certaines cultures de leur vocation vivrière. Le refrain est malheureusement bien (trop ?) connu. Le scénario est-il pour autant semblable en tous points aux précédentes flambées des prix ? Le point dans cette revue de presse de la Mission Agrobiosciences.

Comme un air de déjà vu
Au départ, comme souvent [1], il y a des épisodes de sécheresse, « exceptionnelle » aux Etats-Unis comme en Europe Centrale, tout particulièrement dans les Balkans, auxquels il faut ajouter un été très sec en Europe de l’Est. La conséquence ne varie guère : dans ces pays gros producteurs et exportateurs [2], les prévisions de récolte sont revues à la baisse induisant, de fait, des tensions sur les prix des matières premières. En juillet, le système s’emballe : les prix du maïs et du soja atteignent de nouveaux sommets « historiques ». Bientôt, ceux du blé et du sorgho leur emboîtent le pas. La machine est lancée. Pire, selon les dernières prévisions, cette hausse risque de perdurer dans les mois à venir comme le détaille le Nouvel Observateur.

Dans les pas de 2007 ?
La situation est-elle pour autant similaire à celle de 2007 ? Interrogé le 27 août par le quotidien Le Monde, le directeur de l’Agence des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), répond par la négative. Stabilité du cours du riz, possible reconstitution des stocks avec les récoltes de l’hémisphère sud « qui en est à la période des semailles » sont quelques-uns des éléments de divergence relevés par José Graziano da Silva. Le directeur de la FAO n’est pas optimiste pour autant. Il prévient : « Dans les décennies qui ont précédé la crise alimentaire de 2007-2008, on s’était habitué à voir les prix agricoles tirés vers le bas. Aujourd’hui, toutes les projections de la FAO aboutissent à la conclusion que les prix agricoles vont rester élevés et connaître une grande volatilité dans les dix années à venir. ». Dans ce contexte, il préconise la constitution de stocks nationaux de produits alimentaires de base.

Bientôt des prix d’AMIS ?
Mais il y a un autre élément d’importance sur lequel insiste José Graziano da Silva : l’existence désormais de l’AMIS, le Système d’information sur les marchés agricoles. Créé en 2011 dans le cadre du Plan d’action sur la volatilité des prix alimentaires et sur l’agriculture, adopté cette même année par les ministres de l’agriculture du G20, l’AMIS a pour mission « d’améliorer la transparence et l’information sur les marchés agricoles de quatre cultures majeures pour la sécurité mondiale » [3]. L’un de ses bras armés est le Forum de réaction rapide qui a notamment pour objectif « d’éviter les prises de décision unilatérales, comme les embargos sur les exportations de certains produits agricoles qui ne font généralement qu’accroître les tensions », explique Le Monde dans son édition du 13 août.
Face aux récentes tensions sur les marchés, Euractiv précise que « le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, a (…) fait savoir que la France, en coordination avec les Etats-Unis et le Mexique étaient prêts à réunir le Forum de réaction rapide (…). Les autorités attendent toutefois la publication d’un rapport sur l’état de la production [agricole] américaine, prévu le 12 septembre »
Une annonce qui n’est pas du goût de certaines ONG, à l’instar d’Oxfam qui dénonce dans un communiqué de presse repris par le Nouvel Observateur « l’attitude attentiste » des principaux pays membres du G20. A ses yeux, il y a urgence à intervenir avant que « l’évolution des prix ne soit totalement hors de contrôle et ne pousse davantage de gens dans la famine ».

Reste à savoir l’effet que pourrait avoir cette possible réunion du Forum de réaction rapide sur les marchés, entre apaisement et affolement. Mais ça, seul l’avenir le dira.

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences, 3 septembre 2012.

Sources :


[1Selon la FAO, la sécheresse a contribué à l’envolée des prix alimentaires quasiment tous les deux ans depuis 2007

[2Comme le rappelle Le Nouvel Observateur, dans son article « La Banque mondiale sonne l’alarme face à la flambée des prix alimentaires », les Etats-Unis sont le premier exportateur mondial de maïs et de soja

[3A savoir le blé, le riz, le maïs et le soja

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