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Le Monde, Les Echos, Les Afriques, Libération

mercredi 3 décembre 2008

Sols à cultiver, sols à préserver. Quand la terre fait l’objet de nouvelles conquêtes.

D’un côté, il y a ceux qui, à l’image de la Corée du Sud, s’en vont chercher en Afrique des terres à cultiver. De l’autre, en Espagne par exemple, on s’attache à reverdir les zones semi-désertiques pour lutter contre la désertification et éviter que le phénomène ne s’aggrave avec le changement climatique.
Ces jours-ci, la terre est à la fois au centre de toutes les attentions et de toutes les convoitises.

Madagascar : terres à louer

C’est ce que nous apprend Le Monde dans son édition du 20 novembre 2008. Il révèle, sous la plume de Jean-Pierre Turquoi, Philippe Messmer et Sébastien Hervieu, que Daewoo Logistics, la filiale agroalimentaire du conglomérat sud-coréen, viendrait de « conclure un accord pour louer, pendant 99 ans, 1,3 millions d’hectares (de terres) sur l’île de Madagascar ». Les terres concernées, situées à l’ouest et l’est de l’île, seraient utilisées pour produire d’un côté du maïs avec des semences originaires des Etats-Unis, et de l’autre, de l’huile de palme, avec des semences importées d’Indonésie et du Costa Rica. L’objectif pour la firme sud-coréenne est de sécuriser ses approvisionnements agricoles ; la grande majorité des denrées produites doit effectivement lui être adressée.
Dans le cadre de cet accord, comme le précise l’article, Daewoo logistics ne versera pas à l’Etat malgache d’argent au titre de la location de ces terres mais « financera leur mise en valeur » - ces zones de savane servent actuellement pour faire pâturer les troupeaux - et assurera « la mise en place des structures nécessaires ». Reste qu’à ce jour, comme le rapporte le journal Les Afriques, l’accord est démenti par le gouvernement malgache. Ainsi, selon le représentant du Bureau de développement économique de Madagascar, « le contrat signé en juillet ne concerne qu’une facilité en vue d’une recherche foncière. Nous devions les aider à trouver des terres. »
Parallèlement à cela, au sein d’autres groupes agroalimentaires, l’idée d’une telle démarche fait son chemin. Le Koweït, les Emirats arabes unis seraient eux aussi prêts à investir sur le continent africain, en Angola, au Soudan, en Ethiopie ou en Tanzanie. Les Echos, dans la chronique de Favilla, précisent que « de telles transactions, au dire des spécialistes, se sont multipliées depuis la flambée mondiale des prix agricoles, fin 2007 ». A tel point que face à l’ampleur du phénomène, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié un « document de mise en garde contre les risques de néocolonialisme ». Les Echos, de leur côté, pointent la « portée symbolique » d’une telle démarche : « la cession, moyennant finance, de contrées entières semble une pratique d’un autre âge - c’est Napoléon vendant, en 1803, la Louisiane aux Etats-Unis. »

Espagne : terres à reverdir

Du côté de la péninsule ibérique, la quête ne porte pas sur les terres arables mais sur la désertification de celles-ci. Dans un article publié hier, le quotidien Libération se fait l’écho d’une expérience de végétalisation menée par une équipe du Centre d’études de l’environnement méditerranéen au sud de la province d’Alicante, « région la plus désertique de toute l’Europe ». Pour ces chercheurs, l’enjeu est de taille : « notre objectif est de reverdir ce quasi-désert », cette terre mise à mal par des activités agricoles "mal pensées" qui ont appauvries les sols. Le projet consiste à introduire massivement « une biodiversité végétale triée sur le volet » - 17 espèces végétales seront plantées - et d’y associer « des pratiques culturales raisonnées en fonction des particularités du terrain ».
Il faut dire que la question de la lutte contre la désertification est devenue un enjeu majeur en Espagne. Dans un pays où « 58,7% du territoire est classé "semi-aride" (état quasi inconnu dans le reste de l’Europe continentale) et 1,2% "aride" », le gouvernement a approuvé en août dernier un programme ambitieux de 6,5 milliards d’euros visant « à freiner le processus de désertification qui affecte surtout la partie sud-est du pays et à restaurer les régions les plus dégradées en y plantant... 45 millions d’arbres au cours de la prochaine décennie ». Une quasi-obligation, selon certains, face à une « aridité en hausse ».

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences, 3 décembre 2008

Sources :

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