Accueil > Archives > Le Monde, Les Echos, la FAO, Ouest France des 2 et 3 juin 2008

Le Monde, Les Echos, la FAO, Ouest France des 2 et 3 juin 2008

mardi 3 juin 2008

Crise alimentaire : une réunion au sommet pour envisager un plan d’action

« Le temps du verbe est largement dépassé. (...) le moment de l’action est venu ». C’est par ces mots que Jacques Diouf, directeur général de la FAO, a rappelé, en ouverture du Sommet des Nations Unies pour l’alimentation, qui se tient du 3 au 5 juin à Rome, l’urgence de définir un plan d’action pour faire face à la crise alimentaire qui touche de nombreux pays dans le monde. Initialement programmé sur le thème des défis du réchauffement climatique et des bioénergies, l’objectif de ce Sommet, prévu de longue date, a été redéfini pour faire face à la situation mondiale de flambée des prix des denrées alimentaires, avec les conséquences que l’on connaît : file d’attente devant les boulangeries, émeutes de la faim, troubles sociaux pouvant aller jusqu’à la chute du gouvernement comme ce fut le cas en Haïti. Ainsi, ce sont plus de 190 pays, cinquante chefs d’Etat, dont le Président Nicolas Sarkozy, ou encore Robert Zoellick, le Président de la Banque mondiale et Dominique Strauss-Kahn, Président du Fonds monétaire international, qui sont attendus à ce Sommet, comme le rapporte Laeticia Clavreul dans Le Monde de ce jour.
Il faut dire que la situation est plus que préoccupante. D’une part, on dénombre toujours 862 millions de personnes souffrant de sous-alimentation chronique dans le monde et ce, malgré « l’engagement solennel du Sommet mondial de l’alimentation de 1996 de réduire de moitié, à l’horizon 2015, le nombre de personnes qui ont faim ». Ensuite, « les ressources pour financer les programmes agricoles dans les pays en développement, au lieu d’augmenter, ont nettement baissé depuis lors (...). De 1980 à 2005, l’aide à l’agriculture est passée de 8 milliards de dollars en 1984 à 3,4 milliards de dollars en 2004 » rappelle Jacques Diouf (propos rapportés par le communiqué de presse de la FAO).

Autant dire que le Sommet s’annonce "tendu". Au cœur de ces discussions, la défense des modèles de politiques agricoles mises en œuvre par chaque pays. Comme le rapporte Laeticia Clavreul, « les points d’achoppement sont nombreux : les subventions des pays riches à leur agriculture, les mesures de limitation des exportations prises récemment par des pays producteurs de riz ou de blé pour garantir une alimentation bon marché à leur population, la libéralisation des échanges commerciaux, le recours aux organismes génétiquement modifiés ou encore l’impact des biocarburants sur l’offre alimentaire. » Sur ce dernier point, le Brésil compte bien défendre « bec et ongles son éthanol ». Ouest France, dans son édition du 2 juin, se fait le relais de cette position : « Pour le conseiller du gouvernement brésilien Renato Maluf, les causes de l’augmentation des prix sont à rechercher dans le prix du pétrole, la baisse des récoltes et les spéculations sur les produits alimentaires. »

Dès lors, que peut-on attendre ? « Le meilleur serait bien entendu l’annonce d’une hausse sensible des fonds internationaux pour lutter contre la flambée des prix alimentaires », soulignent Les Echos. Le quotidien précise par ailleurs que le Président Nicolas Sarkozy devrait « proposer la création d’un "groupe international sur la sécurité alimentaire mondiale" qui réunirait institutions compétentes (agences de l’ONU, Banque mondiale, FMI, banques régionales, OMC), Etats, entreprises, ONG, scientifiques etc ». Ce n’est pas tout, car le chef de l’Etat français, en collaboration avec son homologue égyptien soutient, de même qu’il en existe un sur le climat et peut-être bientôt un autre sur la biodiversité, la création « d’un "groupe international de scientifiques sur la sécurité alimentaire" un peu sur le modèle du GIEC ».

De son côté, la journaliste du Monde relaie également les propositions de la FAO et de l’ONU . Elles recommandent deux types de mesures : « à court terme, elles veulent faciliter l’accès des plus vulnérables à la nourriture et aider à augmenter la production, grâce à la distribution de semences et d’engrais. A plus long terme, elles préconisent la mise en place de moyens de garantir le développement agricole des pays pauvres, en incitant à investir dans le secteur et la recherche. » La FAO et l’ONU ne s’y trompent pas. Au-delà de la situation actuelle, un autre enjeu se profile : celui de nourrir 9 milliards d’êtres humains en 2050. Il faudra produire deux à trois fois plus alors que les surfaces disponibles pour les cultures ne sont pas extensibles. Une perspective qu’il faut envisager dès à présent.

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences du 3 juin 2008. Le Monde, les Echos, FAO du 3 juin ; Ouest France du 2 juin 2008.

Top