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Le Monde, 16 août 2008 ; France Inter, In Extremis, 16 août 2008.

mercredi 20 août 2008

Marées vertes : on broie du noir

Quand la mer monte
Les grandes marées ont aussi leur coefficient de vague à l’âme.
Le Monde consacre, dans son édition du 16 août 2008, deux grandes pages ainsi que son éditorial aux tristes rivages asphyxiés par la prolifération de phytoplancton.
Cette situation est en grande partie attribuée à l’utilisation massive d’engrais à base de phosphate et de nitrate, et au rejet incontrôlé des eaux usées. Citant une étude réalisée par Robert Diaz (Institut de science marine de Virginie, Etats-Unis) et Rutger Rosenberg (Université de Gothenbourg, Suède), publiée dans la revue Science du 15 août, le quotidien dénombre « 405 sites totalisant 245.000 km2, soit la surface de la Nouvelle-Zélande ».
Si certaines régions du monde connaissent, comme en France, un répit ou une disparition du phénomène d’eutrophisation, d’autres sont en revanche atteintes de manière permanente ou très grave, comme l’estuaire du Saint-Laurent au Canada, la mer Baltique, la mer Caspienne, la mer Noire, les fjords scandinaves, etc. mentionnés, parmi d’autres, dans l’article.
Les signataires de l’article de Science en appellent à la captation des engrais au sol et à la modération du rejet des eaux usées, « ce qui constitue encore un sujet de recherches ».
Faute de quoi, la concentration de l’activité humaine risque d’aggraver le risque de réchauffement et les conséquences qu’on lui connaît (augmentation de la température des mers, cyclones, etc.)

Innover ou mourir
De son côté, France Inter a invité, le 16 août 2008, le géologue Daniel Nahon pour qu’il s’exprime sur la salinisation des terres. Il a démontré que cet empoisonnement par un excès de sel est paradoxalement lié à une utilisation abusive de l’eau douce, notamment en privant les terres du travail des arbres par la déforestation.
Pour appuyer le propos de Daniel Nahon, l’antenne a donné la parole à Fanny Héros, de l’association Alofa Tuvalu, qui intervient sur l’archipel en sursis. A moins de 2 mètres au-dessus du niveau de la mer, cet atoll corallien « fonctionne comme une éponge » qui inonde les cultures, singulièrement celle du taro, la culture nationale. Pour contourner l’obligation d’importer, l’effort consiste à pratiquer des cultures hors sol, en barriques et à récupérer l’eau de pluie bouillie, seule ressource d’eau douce.
Un centre de formation aux énergies renouvelables a été mis en œuvre, afin de garantir au maximum l’indépendance énergétique. Des démonstrations de production d’essence et d’électricité à partir de la noix de coco ont été faites.
Car l’alternative est simple : innover ou mourir.
Autre exemple, donné par le journaliste Donatien Garnier, des fermes de crevettes qui ont remplacé les rizières au Bengladesh, tellement adaptées à la salinisation des terres que celle-ci galope, l’eau salée prisonnière des élevages se répandant par capillarité. Tout ça pour... l’exportation.

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences du 19 août 2008 :

France Inter, 16 août 2008, In Extremis
Le Monde, 16 août 2008.

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