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Le Figaro, Ouest France, Le Monde, des 24, 25 et 26 novembre

vendredi 28 novembre 2008

Perturbateurs endocriniens : quand l’environnement chimique malmène l’espèce humaine

« L’espèce humaine est-elle menacée ? » titre le Figaro de mardi dernier en écho à la diffusion sur Arte du documentaire « Mâle en péril ». Dans ce dernier, les journalistes Sylvie Gilma et Thierry de Lestrade reviennent sur l’impact des produits chimiques (pesticides, cosmétiques, plastiques, peintures, détergents...) dont certains sont reconnus ou soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens, ces substances qui ont pour propriété de mimer les effets de certains hormones de l’organisme et ainsi de perturber les régulations hormonales. Après l’affaire des biberons et du bisphénol A, ce documentaire met de nouveau en lumière l’effet supposé ou réel de ces substances, en prenant comme angle d’approche, leur impact sur la fertilité masculine.

La baisse de la fertilité masculine n’est qu’un aspect
Selon les chercheurs danois et américains interrogés dans cette enquête, comme le résume Muriel Frat (Le Figaro), les perturbateurs endocriniens seraient impliqués dans diverses anomalies et pathologies chez l’homme : baisse de moitié, depuis 50 ans, de la production de spermatozoïdes dans l’espèce humaine ; forte augmentation du nombre de cancers du testicule chez les hommes jeunes ; problèmes de malformations congénitales de l’appareil reproducteur masculin.
Et si ce documentaire se focalise sur la fertilité des mâles, il ne s’agit pas des seuls effets possibles. Invité par la Mission Agrobiosciences en décembre 2004 à faire l’état des connaissances sur les perturbateurs endocriniens, Jean-Pierre Cravedi, directeur de recherche à l’Inra au sein du laboratoire des xénobiotiques, rappelait par exemple le cas du Diethylstilbestrol (DES) qui, utilisé dans les années 60-70 comme médicament prescrit dans le cas de grossesse difficile, a provoqué « des perturbations endocriniennes chez les mères, mais également entraîné chez leurs filles, des troubles de la reproduction et dès 30 ou 40 ans, une forme rare de cancer atteignant le vagin ». Sans oublier les possibles effets sur le développement du foetus et de l’embryon ou la régulation thyroïdienne sur lesquels se penchent actuellement les scientifiques.

Des mélanges problématiques
A cela s’ajoute un problème de taille soulevé par Ouest France sous la plume de Serge Poirot : il n’y a pas une mais plusieurs molécules à prendre en considération. Le journaliste rappelle que, dans le cadre de la directive Reach sur les produits chimiques, près de 40 000 molécules vont être testées d’ici 2018. « Mais une à une, pas en mélanges, comme elles se présentent dans la vraie vie. ». Or on ne connaît pas encore réellement les effets que peuvent avoir ces cocktails de substances. C’est ce que rappelait Daniel Zalko, biologiste au département Aliment Humaine de l’Inra. Interviewé dans le cadre de « Ça ne mange pas de pain », le chercheur précisait « qu’aujourd’hui nous sommes exposés à plusieurs dizaines de produits. Nous avons dans l’organisme 300 à 400 polluants chimiques différents que l’on ne trouvait pas à l’époque de nos grands-mères ou arrière grands-mères, parce qu’ils n’existaient pas. La question qui se pose est l’effet de ce mélange sur la santé. »

Des raisins pas très sains...?
Parallèlement à la diffusion de ce documentaire, Le Monde, dans son édition de lundi dernier, révèle les résultats d’une enquête menée par plusieurs ONG. Cette dernière fait état de la présence de résidus de pesticides sur 123 échantillons de raisins de table (sur un total de 124) prélevés en France, en Italie, aux Pays-Bas, en Hongrie et en Allemagne. En France nous dit l’article, les échantillons testés étaient tous contaminés. « On a trouvé des pesticides neurotoxiques, suspectés d’être cancérigènes ou encore pouvant perturber le système hormonal » relève l’une des ONG ayant participé à l’enquête.
Ces jours-ci, l’actualité nous invite regarder d’un peu plus près notre environnement chimique.

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences, 28 novembre 2008.

Sources :

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