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Le Figaro, Le Progrès, Les Echos, 15 juillet

mardi 15 juillet 2008

L’agriculture dans tous ses états : modernisation de la PAC ; l’agriculture durable redécouvre la biodiversité pendant que l’Inra redessine les nouvelles campagnes à l’horizon 2030

Il y a près d’un an, l’Union Européenne annonçait la mise en œuvre du bilan de santé de la Politique Agricole Commune dans le but non pas « de réinventer ni de réformer une fois de plus la PAC » mais de la « moderniser, la simplifier et la rationaliser ». Un bilan de santé qui, outre les réactions qu’il soulève, intervient dans un contexte particulier d’une prise de conscience des enjeux auxquels l’agriculture devra faire face à l’horizon 2050 : nourrir 9 milliards d’hommes tout en devant "gérer" l’environnement.
Dans une interview au Figaro, sous la plume d’Eric de la Chesnais, Luc Guyau, Président des Chambres d’agriculture de France réagit sur ces questions. Il estime qu’« il faut garder le principe de la PAC qui assure l’autosuffisance alimentaire des 500 millions d’Européens », mais que cela nécessite « plus de souplesse ». Car les conditions ont changé et les accords de l’OMC menacent l’agriculture européenne. Selon lui, « la politique de l’OMC ne tient pas compte du nouveau contexte international. Nous ne sommes plus en surproduction, mais en déficit alimentaire ».
Cette réaction intervient au moment même où Michel Barnier, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche, préside son premier conseil des ministres européens de l’agriculture, ce mardi 15 juillet, à Bruxelles. Vincent Rocken, pour le Progrès de Lyon l’a interrogé à cette occasion sur ses priorités. Pour Michel Barnier, la PAC figure au premier plan. « Il y a d’abord l’évaluation et l’adaptation de PAC que nous devons conclure au mois de novembre ». Autre préoccupation, la hausse des prix des produits de base alimentaires. Il rappelle ainsi que « les prix des matières premières alimentaires vont rester durablement élevés dans le monde en raison d’une demande notamment des pays émergents ». Nourrir 9 milliards d’hommes d’ici 2050 impliquera de doubler la production agricole d’où la nécessité pour le Ministre de faire que « l’Europe [soit] un grand continent producteur ». Interrogé sur le poids croissant de la production d’OGM, il affirme qu’il souhaite « que toute l’agriculture fasse le choix de l’agriculture raisonnée avec l’agriculture biologique en avant-garde. C’est une priorité stratégique de rendre l’agriculture moins dépendante des produits phytosanitaires, mais aussi du pétrole ». D’où sa volonté de faire également adopter un texte portant sur la « gestion coordonnée des pesticides et des produits phytosanitaires en Europe ».
A ce propos Yves Miserey, dans Le Figaro évoque les résultats d’une expertise pilotée par l’Inra qui conclut que l’agriculture aurait « oubliée la composante biologique » . Il est important de préserver les services du monde naturel. Comme l’explique Xavier Le Roux, chercheur à l’Inra, qui a piloté l’expertise : « L’agriculture intensive s’est construite après la Seconde Guerre mondiale en s’affranchissant de la biodiversité. La vision s’est focalisée sur les flux de matières et on a oublié la composante biologique ». Toutefois, précise l’auteur de l’article, l’expertise « a surtout valeur d’alerte. Prendre en compte le monde naturel, ce n’est pas retourner à l’agriculture d’antan ». Pour autant, précise Xavier Le Roux, « il ne suffit pas de mettre un peu plus de biodiversité et un peu moins de pesticides dans son exploitation pour que l’agriculture soit durable. »
Cette expertise fait écho aux préoccupations exprimées par Michel Griffon, responsable du département écosystèmes et développement durable à l’Agence Nationale de la Recherche, lors de la treizième Université d’été de l’Innovation rurale de Marciac, « Quelle politique agricole européenne voulons-nous ? ». Michel Griffon rappelait ainsi que cette question de la gestion de l’environnement et du fonctionnement des territoires se pose parce que « la situation actuelle n’est pas durable et qu’elle le sera de moins en moins ». Pour lui, « les grandes agricultures productives (....) voient aujourd’hui leurs rendements plafonner. Par ailleurs, en raison de leur forte dépendance à l’énergie, leurs coûts de production vont considérablement augmenter. De plus, les traitement phytosanitaires n’ont « plus d’avenir au sein du modèle agricole dominant que nous connaissons ». Autant de contraintes à prendre en compte... mais aussi d’opportunités à saisir pour l’agriculture.
Reste une dernière dimension à prendre en considération : la mutation des territoires ruraux. Dans un récent colloque, organisé le 10 juillet dernier, l’Inra s’est penché sur les contours de nos campagnes à l’orée de 2030, comme le rapportent Les Echos. « Avec l’urbanisation, quatre types de mondes ruraux cohabiteront en France dans une vingtaine d’année ». Guy Riba, directeur général délégué de l’Inra ajoute : « Ils vont nécessiter des changements de pratiques agricoles ». Quatre formes de ruralité devraient cohabiter : des espaces ruraux fortement réduits, des populations qui vivent à la campagne mais qui travaillent en ville, une agriculture intra-urbaine en PACA et un réseau de villes moyennes proposant des services complets. Rappelons que Guy Riba sera l’un des invités de la quatorzième Université d’été de l’Innovation rurale, organisée par la Mission Agrobiosciences et la Communauté Bastides et Vallons du Gers, les 6, 7 et 8 août 2008, sur le thème, justement, du rural : "C’est par où, le rural ?".
L’avenir de l’agriculture et du rural est donc plus que jamais devant nous.

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences, 15 juillet 2008. Les Echos du 10 juillet ; le Figaro des 11 et 15 juillet ; le Progrès du 15 juillet.

Accéder à la présentation de l’expertise de l’Inra "Agriculture et biodiversité : valoriser les synergies"

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