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Le Figaro, Le Monde. 21 octobre 2010

jeudi 21 octobre 2010

L’intérêt des Français pour la science s’érode, mais son image s’améliore...

L’un titre sur le rapport paradoxal des Français à la science, l’autre sur le manque de valorisation des chercheurs. Chacun à sa manière, Le Figaro et Le Monde rendent compte du sondage CSA réalisé les 13 et 14 octobre derniers pour le Ministère de la Recherche, et dont la publication coïncide avec l’ouverture de la Fête de la Science. Le point avec la Mission Agrobiosciences.

L’un des intérêts de ce questionnaire réalisé par le CSA ? Son suivi depuis 2005. Car pour les mêmes questions, les résultats connaissent des infléchissements dans le temps. Du côté des points positifs en matière de représentation de la science et des technologies dans notre société actuelle ? Son utilité, pour une écrasante majorité des sondés (95%), chiffre en augmentation. De même, pour 80% des personnes interrogées, la science inspire confiance et elle connaît une bonne image pour 94% d’entre eux, soit deux points de plus en un an. Or le paradoxe, que soulignent les deux médias, c’est tout simplement que les mêmes personnes affichent majoritairement leur désintérêt croissant pour ce sujet ! 60% répondent en effet qu’ils sont peu ou pas du tout intéressés, soit 6 points de plus en un an seulement. L’érosion est sensible, à l’exception notable des jeunes de 15-24 ans, qui sont au contraire de plus en plus nombreux, depuis 2007, à déclarer leur intérêt (48%).

Mais, comme le souligne le Figaro, "Les Français n’étant pas à une contradiction près, 64% d’entre eux estiment que les médias ne parlent « pas assez » des avancées de la recherche". De fait, ils se déclarent de plus en plus mal informés (64% en 2010 contre 59% l’année dernière).
En revanche, y a-t-il vraiment paradoxe dans le fait que 74% des sondés conseillent à leurs enfants d’embrasser la carrière de chercheur ? Le Figaro relève là une incohérence. Pas si sûr, en ces temps de crainte du déclassement et vue l’image positive qu’ils ont de ces métiers. Du coup, il est tout aussi normal que les mêmes acquiescent très majoritairement à une rémunération reposant ­davantage sur le mérite et trouvent que la reconnaissance salariale n’est pas à la hauteur du travail et des compétences des chercheurs... que pourraient devenir leurs rejetons !

Il est cependant d’autres informations que donne à lire ce sondage, et que les médias cités n’ont pas relevées. Par exemple, quels sont les domaines où les sondés ressentent le plus un effet bénéfique des avancées des sciences et des technologies ? Sans surprise, les biens d’équipements de la vie quotidienne arrivent en tête, suivis des transports et de la santé. En revanche, cela se dégrade pour l’alimentation, reléguée en fin de liste après l’environnement : seuls 39% y perçoivent des effets favorables, là où ils étaient 46% en 2009 et 52% en 2007. Serait-ce le signe d’une méfiance croissante dans les process industriels ?
De même, quand il leur est demandé de citer les sujets qui les ont marqués ces derniers mois, toujours en matière d’avancées des savoirs et des applications, si la santé a retenu majoritairement leur attention - notamment la question du cancer -, seuls 2% d’entre eux ont mentionné un sujet en relation avec l’alimentation et l’agriculture, dont les OGM. Pas mieux du côté de l’environnement, où il ne reste que 1% des sondés à évoquer les changement climatiques...

Sources :

Le Figaro du 19 octobre

Le Monde du 20 octobre

L’étude du CSA, publiée sur son site, réalisé par téléphone les 13 et 14 octobre derniers auprès de 1051 personnes, de 15 ans et plus.

Lire aussi, sur le site de la Mission Agrobiosciences :

L’enseignement des sciences en questions

Les sciences dans la société : comment réintroduire la part du sensible ?

La science est-elle culturelle ?

L’Université des Lycéens une initiative de la Mission Agrobiosciences, labellisée Université de Tous les Savoirs , en faveur de la culture scientifique des jeunes.

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