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Le Figaro, La Via Campesina, Le Monde, Fondation Robert Schuman. 21 juin 2011

mardi 21 juin 2011

Du G20 agricole à la PAC : un si grand besoin de politiques

L’agriculture revient au cœur des préoccupations des « grands de ce Monde ». Vous en doutiez ? Pourtant, ces 22 et 23 juin se tiendra à Paris le G20 agricole - en préparation de la conférence du G20 en novembre, à Cannes. Il faut dire que depuis les émeutes de la faim de 2007-2008, et alors que les prix alimentaires atteignent encore des sommets, il est une urgence partagée par tous - politiques, économistes et associations de tous bords : faire un sort à la volatilité des prix agricoles.
Reste que, face à l’ordre du jour affiché par les 20 super-puissances mondiales, les ONG se disent déçues (Figaro du 20 juin) : la question des stocks, comme un des outils possible de régulation du marché, aurait été oubliée au programme. Autre sujet de grogne relayé par le quotidien : « Oxfam [1] reproche au G20 agricole de ne pas reconnaître les biocarburants comme l’un des principaux facteurs de la hausse des prix des matières premières agricoles et de s’en tenir à une discussion vague sur le sujet. »
Plus dur, dans un communiqué de presse, le mouvement paysan international La Via Campesina s’insurge contre l’instabilité du prix des produits alimentaires qui, d’après son analyse, serait principalement « la conséquence de (…) la libéralisation du commerce, la dérégulation de marchés, la spéculation et la promotion des agrocarburants ». Et accuse les « gouvernements des pays les plus riches de la planète de s’accaparer et de contrôler les politiques alimentaires » : du continent africain, seule l’Afrique du Sud a été admise dans ce club très fermé. Simple discours militant et altermondialiste ? Pas si sûr.
Dans une chronique publiée dans Le Monde, le 13 juin dernier et intitulée « A quoi sert le G20 agricole ? », l’économiste Philippe Chalmin, grand défenseur de la spéculation sur les marchés agricoles, demande : « qui souffre de cette crise ? ». Ce à quoi il répond : « Les pauvres des pays pauvres, et les éleveurs des pays riches. ». Et propose : « Pour les premiers le G20 doit redire le besoin de véritables politiques agricoles, peut-être aussi créer des stocks régionaux destinés aux situations d’urgence. Pour les seconds, la réponse se trouve aussi dans des politiques agricoles faisant la part belle aux solidarités. » Dont acte.
Puisqu’il est question de politique agricole, signalons enfin la publication, sur le site de la Fondation Robert Schuman, de deux articles sur « La Pac en quête de légitimité ». Daniele Bianchi et Nicolas-Jean Brehon rappellent que, outre la flambée des matières premières agricoles, avec la crise sanitaire d’Escherichia coli « l’agriculture est au cœur de l’actualité et le restera, notamment à l’occasion de la renégociation à venir du prochain budget européen (2014 – 2020). » Or, pour les deux auteurs, les réformes de la Politique agricole commune (ou des solutions comme le verdissement) « ne parviennent pas à répondre aux difficultés du monde agricole car elles ne s’attèlent pas au cœur du sujet : la PAC traverse une crise politique de légitimité et une crise de confiance généralisée. Reste à savoir comment sera renoué le lien avec le citoyen…
Pour tous ceux que cette question intéresse, rappelons qu’elle sera justement, les 3 et 4 août prochains, au cœur des 17emes Controverses de Marciac, organisées par la Mission Agrobiosciences et la Communauté de communes Bastides et Vallons du Gers.
Sources

Pour aller plus loin, lire sur le site Internet de la Mission Agrobiosciences


[1Confédération internationale de 15 organisations luttant contre la pauvreté et l’injustice

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