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vendredi 22 avril 2016

Danemark, Roumanie, Allemagne : ces supermarchés qui défient les lois

Vendre des produits alimentaires périmés ? Imposer aux supermarchés de ne mettre en rayon que des denrées domestiques ? Transformer le rayon fruits et légumes en une serre où l’on va cueillir soi-même sa salade préférée ? N’en rêvez plus ! N’en jetez plus ! Voici que la grande distribution expérimente tous azimuts, au mépris parfois des lois en vigueur. Entre utopie, SF et protectionnisme déguisé, tour d’Europe des dernières initiatives dans cette revue de presse de la Mission Agrobiosciences.

Au Danemark, le supermarché « social »
Supérette d’un genre nouveau à Copenhague. Son nom ? We Food. Sa particularité ? Vendre des produits évincés des circuits habituels de commercialisation pour cause d’emballage défectueux, d’écrasement lors du transport ou de dépassement de la date de durabilité minimale (DDM) [1]. Lancé par Folkekirkens Nødhjælp, une association humanitaire chrétienne, le projet vise à réduire le gaspillage alimentaire très important au Danemark [2], proposer à la vente des produits alimentaires moins chers (les prix sont réduits de 30 à 50%), et récolter des fonds pour l’aide humanitaire. Les bénéfices du magasin, géré par des bénévoles de l’association, sont en effet destinés à « fournir de quoi nourrir les populations dans les pays en développement et dans les camps de réfugiés » (France 24). Parmi les adeptes de l’enseigne, des étudiants, des personnes âgées, des individus aux revenus modestes ou sensibles à la démarche.
En rayon, les paquets de riz mal étiquetés côtoient les paquets de café périmés, les corn flakes le saucisson pour pizza… L’offre n’est jamais la même. Elle dépend des invendus dont se débarrassent quotidiennement [les] partenaires, un réseau de douze supermarchés et détaillants » explique Birgitte Qvist-Sørensen, la secrétaire générale de l’association à France 24. « Pour que le projet se concrétise, l’association a dû négocier avec le gouvernement, la vente de produits périmés étant interdite » indique le Figaro. Libération rappelle de son côté que d’autres pays membres de l’UE réfléchissent à une suppression ou un assouplissement de la DDM. 

En Roumanie, le supermarché « local »
Autre son de cloche en Roumanie. La Chambre des députés vient d’approuver, à l’unanimité, un texte de loi qui oblige les supermarchés et les hypermarchés à privilégier dans leur politique d’approvisionnement les denrées alimentaires roumaines, et ce pour chaque catégorie de produit. Ainsi les enseignes s’exposent à de graves sanctions dans le cas où « au moins 51% de leur gamme alimentaire serait constituée de produits « non-domestiques ». Objectif : soutenir la production locale. Du moins lorsque cela s’avère possible. La loi autorise ainsi les enseignes à s’approvisionner sur les marchés extérieurs particulièrement en hiver moment où l’offre en fruits et légumes s’appauvrit. Un protectionnisme déguisé qui risque fort de susciter quelques raclements de gorge du côté de Bruxelles.

A Berlin, le supermarché « végétal »
On pourrait croire à un poisson d’avril bien ficelé, avec sa juste dose de SF et de fantaisie… En Allemagne, l’agriculture urbaine a trouvé ses défenseurs dans la start up Infarm. Ici, pas de potager sur les toits des immeubles mais une serre verticale high tech installée là où personne ne l’attend : au rayon fruits et légumes d’une grande enseigne de distribution allemande, Metro. A vous herbes aromatiques et autres salades ultra fraîches, cultivées en hydroponie sur des fibres de coco, sous LED artificielles, et avec un arrosage dispensé au compte-goutte. Exit le bon vieux maraîcher, bonjour le jardinier 2.0. « L’environnement ambiant est contrôlé à distance par les employés du supermarché via une application mobile » explique le média Konbini. Le concept de la fourche à la fourchette condensé en un seul et même lieu.
A en croire les médias et les concepteurs du projet, la formule a tous les atouts : environnemental (culture sans pesticides et économe en eau, absence de transports des denrées), sanitaire (les plantes sont exemptes de parasites, bactéries ou même de champignons), et gustatif, les produits étant, par définition, on ne peut plus frais. Reste à savoir comment les consommateurs vont s’arranger avec ce « Kraüter Garten », ce jardin aromatique qui tient plus de l’armoire en plexiglas que du potager bucolique…

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences, 22 avril 2016

SOURCES. :


[1ancienne DLUO, date au-delà de laquelle les qualités gustatives ou spécifiques d’un produit ne sont plus garanties sans qu’il présente pour autant un danger sanitaire. A ne pas confondre avec la DLC, la date limite de consommation, qui s’applique aux denrées périssables comme la viande ou le poisson. Dans le cas présent, seuls les produits ayant une DDM sont concernés.

[2747kg de déchets par an et par habitant contre 530kg en France

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