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Le Figaro, 17 juillet 2008

vendredi 18 juillet 2008

Les jeunes chercheurs français ont la bosse des maths. Dans son ouvrage Les mathématiques paru aux éditions Le Cavalier bleu Benoît Rittaud énonce ironiquement une série de lieux communs à leur sujet : "Il n’y a plus rien à découvrir en mathématiques. Pour comprendre les mathématiques, il faut avoir un don. Les mathématiciens aiment la complication. Les mathématiciens sont forts en calcul mental et aux échecs. Les mathématiques ça ne sert à rien. La pratique des mathématiques étouffe l’imagination". Nous nous en tiendrons là. Pourtant Caroline de Malet, dans Le Figaro nous montre combien les mathématiciens français relèvent le niveau et démontrent par là même l’importance des mathématiques dans notre beau pays.
La scène se passe à Amsterdam. Le 14 juillet n’est pas jour de remise de Légion d’honneur aux Pays Bas. Pourtant ce même jour le Congrès de mathématiques a distingué quatre jeunes chercheurs français de moins de 35 ans : Laure Saint-Raymond, ENS Paris ; Cédric Villani, ENS Lyon ; Artur Avila, CNRS ; Josselin Garnier, Paris-VII. Ce qui fait dire à Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche : "Avec ces jeunes récompensés aujourd’hui, c’est une nouvelle génération qui est prête à prendre la relève et à perpétuer cette longue tradition française, depuis René Descartes". D’ailleurs depuis ces dernières années il semblerait que l’école mathématique française truste les distinctions. Des distinctions qui ne sont pas exemptes de débouchés car comme l’explique Josselin Garnier, nouveau primé : "les débouchés sont énormes sur les marchés financiers ou en analyse des risques, la simulation numérique se multipliant dans l’aéronautique, l’automobile ou le nucléaire, et les industriels ne trouvent pas suffisamment de candidats." Un discours qui, si l’on en croit Caroline de Malet, tranche avec le rapport de l’Académie des sciences remis à Valérie Pécresse qui dit que "l’attractivité des carrières de la recherche a gravement diminué dans notre pays, y compris dans les mathématiques et la physique". Une bataille à venir entre les Anciens et les Modernes peut-être ?


Voir en ligne : Les sciences arabes : un âge d’or qui rayonne encore, avec Ahmed Djebbar, professeur d’histoire des mathématiques à l’Université des sciences et des technologies de Lille, dans le cadre de l’Université des Lycéens, Lycée Rive Gauche, Toulouse, 17 mars 2008

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