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La Presse Canadienne, la Presse, Associated Press, Chicago Tribune, Los Angeles Times

mercredi 11 février 2009

Intoxication alimentaire aux Etats-Unis : Salmonella ne compte pas pour du beurre

Le 25 Novembre 2008, alerte au pays de l’Oncle Sam ! Le CDC (Centre de contrôle et de prévention des maladies), un réseau d’agences américaines, déclenche l’alarme contre la salmonelle, une bactérie alimentaire, en raison d’infections constatées dans douze états différents. Avec l’aide de la FDA (Food & Drugs Administration, l’agence américaine des denrées alimentaire et des médicaments), le CDC va chercher à remonter l’origine de l’épidémie en recoupant les aliments que les malades ont consommé, afin d’identifier le coupable et responsable. Alors que les cas d’hospitalisation se multiplient, la piste va mener à la firme Peanut Corporation of America (PCA), fabricante et distributrice d’huile et de beurre d’arachide. Las ! L’affaire se complique lorsque l’on découvre que la FDA avait détecté des traces de Salmonella, courant en 2007 déjà, dans des produits qu’elle n’avait pas interdits à la PCA de commercialiser...

Scénario d’un mauvais polar ? En quatre mois, « 575 personnes ont été contaminées, dans 43 états américains, et 8 sont décédées » rapporte la Presse Canadienne. Pire, la salmonellose, nom de l’infection, touche plus gravement les personnes âgées et les enfants, or justement la PCA fournit les « institutions publiques, comme les écoles et les résidences de personnes âgées », ne manque pas de pointer le quotidien québécois La Presse. Conséquence : le terrain propice à l’infection justifie un traitement urgent des causes de la maladie : plus de 1550 produits sont rappelés par une soixantaine de distributeurs aux Etats-Unis et environ 200 produits subissent le même sort au Canada. Au-delà de la dramatique affaire d’intoxication alimentaire, c’est toute la question de la sécurité sanitaire des aliments et de la gestion des crises se trouve remise en cause jusqu’au sein même de la puissante FDA. En effet depuis le début de l’investigation menée conjointement par le CDC et la FDA, les renversements de situation se succèdent.

« Des rapports d’inspection laissent croire que des produits contaminés en provenance de cette usine ont été distribués dès 2007 et que les responsables étaient conscients du problème », selon la Presse Canadienne. En effet la FDA avait trouvé de la salmonelle dans des produits de la PCA, mais la firme n’a pas attendu la contre-expertise (qui infirma la présence de la bactérie pour moitié des produits, et ne fut pas effectuée sur l’autre partie) pour distribuer son huile et son beurre d’arachide, d’après une enquête du Chicago Tribune. Ces produits ont été envoyés aux cantines scolaires de Californie, du Minnesota et de l’Idaho et font actuellement l’objet d’un retrait des stocks.

Des scandales concernant des usines d’emballage et de confection de beurre de cacahuète font actuellement la Une des médias. L’Associated Press rapporte qu’une usine PCA d’extraction d’huile d’arachide, à Plainview au Texas, fonctionnait sans avoir été inspectée depuis des années, mais surtout sans licence officielle du ministère de la Santé ! Le Los Angeles Times, lui, donne la parole à d’anciens employés d’une usine de Géorgie, qui remplissaient des pots avec du beurre de cacahouète dans des conditions d’hygiène déplorable : toit laissant passer la pluie, rats, moisissure sur les outils et jusque dans la chambre froide... Tous les ingrédients du polar sont réunis... Fin janvier 2009 ce sont enfin 168 000 repas d’urgence qu’il a fallu faire revenir. Contenant des produits de la PCA, et donc soupçonnés de propager la salmonellose, ils étaient destinés aux sinistrés d’une tempête de verglas dans le Kentucky.

Alors que la FDA, conjointement avec le ministère de la Justice américaine, poursuit une enquête afin de prouver que l’entreprise PCA était au courant de la contamination de ses produits par la Salmonella, des voix s’élèvent au sein du gouvernement américain contre le mode opératoire de l’Agence des denrées alimentaires. La FDA se reposerait de plus en plus fréquemment sur les rapports d’inspections sanitaires des états américains pour établir les siens. Or, rapportent deux sénateurs démocrates, le budget pour les inspections alimentaires n’augmente pas dans la plupart des états fédérés, et les niveaux de qualification des personnels, ainsi que la qualité de leurs matériels, sont bien inférieurs aux inspecteurs de la FDA. Pire encore : la vénérable institution était informée, depuis le mi-2008, de l’état déplorable de l’usine géorgienne évoquée précédemment. Michael Chapell, porte parole de la FDA, se défend en précisant que l’agence, considérant le problème comme déjà résolu, n’avait pas voulu donner suite à l’alerte envoyée par les inspecteurs de l’Etat de Géorgie. Selon le Chicago Tribune, plusieurs élus ont déjà proposé une législation afin de créer une nouvelle agence, indépendante, pour la sécurité alimentaire américaine.

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences. 11 février 2009.

Sources :

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