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La Dépêche du Midi, Le Point, la Tribune (Canada), 15 décembre 2009

mardi 15 décembre 2009

Ça chauffe pour le Bisphénol A

Mis en cause par une série d’études scientifiques depuis 2003, banni des biberons au Canada depuis octobre 2008, au nom du principe de précaution, mais aussi dans certains Etats américains ainsi qu’au sein des crèches parisiennes et toulousaines, le Bisphénol A voit se resserrer autour de lui les soupçons, dès lors qu’il est utilisé dans les plastiques alimentaires. La controverse enfle notamment sur la pertinence ou non des seuils d’exposition admissibles fixés en Europe et aux Etats-Unis.

Résumons : ce composé chimique a la fâcheuse capacité de s’extraire spontanément, à très faibles doses, des plastiques et des résines pour la fabrication desquelles il est très largement utilisé. Une faculté qui est démultipliée dès lors que le plastique est chauffé, par exemple au micro-onde. D’où l’alerte sur les biberons, dont certaines marques ont désormais cessé d’utiliser le BPA. Ce dernier est cependant toujours d’usage dans bon nombre de revêtements de conserves, canettes, bouteilles d’eau et contenants destinés, justement, aux micro-ondes. Du coup, ce n’est plus l’exposition des bébés, mais aussi celle des mères et des femmes enceintes qui font l’objet d’attentions nouvelles.
Libéré dans les aliments et les boissons, le BPA peut en effet se retrouver dans l’organisme humain : dans le sang, les tissus gras, le placenta, le liquide amniotique, le lait maternel, etc. Or la liste des effets nocifs imputés à ce contaminant ne cesse de s’allonger en raison des perturbations endocriniennes qu’il génère chez l’animal et chez l’homme. Rappelons d’ailleurs qu’à l’origine, le BPA avait été mis au point pour être utilisé comme hormone de synthèse (plus exactement l’oestrogène de synthèse). D’où les troubles potentiels qu’il peut provoquer en termes de reproductions, de croissance, de comportement… Il aurait également des incidences sur les cancers du sein et de la prostate, l’obésité, le développement du cerveau. Sans oublier cette toute récente découverte, due aux chercheurs du centre Inra de Toulouse, au sein du Pôle de recherche en toxicologie alimentaire, qui ont démontré l’effet du BPA sur l’intestin de rates, pour une dose dix fois inférieure à la dose journalière acceptable (DJA), fixée à 0,05 mg par kilo de poids corporel. Les effets en question : rétention d’eau dans le corps, sensibilité accrue à la douleur de l’intestin, inflammation du côlon.
Des travaux qui vont au minimum dans le sens d’un réexamen de ces fameuses DJA, que certains jugent trop élevés, voire d’une interdiction totale du BPA dans les plastiques alimentaires, ainsi que le demande depuis longtemps en France le réseau Environnement Santé. Un dossier qui plaide également en faveur de recherches plus poussées, en terme d’évaluation des risques, en prenant en compte l’ « effet cocktail » des perturbateurs endocriniens dont le BPA n’est qu’un parmi d’autres.
En attendant, des alternatives toute simples existent : privilégier les contenants en verre ou en carton et éviter de chauffer au micro-onde des plats en plastique.

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences, 15 décembre 2009

Sources :

Accéder au site du réseau santé environnement

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