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La Croix, The Gardian, Inades-Formation, Action contre la Faim.

mardi 11 juin 2013

Faim dans le monde, le retour du politique ?

Cinq ans après les émeutes de la faim dues à la flambée des prix des produits agricoles de base, le problème de la faim dans le monde revient dans l’agenda du G8. Au Royaume-Uni et en Afrique ce « Sommet contre la faim » est l’occasion de raviver des controverses politiques autour du développement. Une revue de presse du 11 juin 2013 de la Mission Agrobiosciences.

Le 8 juin dernier, rapporte le journal La Croix, deux réunions se sont tenues à Londres en vue de la préparation d’un G8 placé sous le signe de la lutte contre la famine. « Nutrition pour la Croissance », une réunion pour débloquer des fonds, à l’initiative de David Cameron et l’initiative de la « Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition », lancée par les Etats-Unis en 2012. L’objectif de cette dernière est incontestablement louable : sortir 50 millions de personnes de la pauvreté en 10 ans, au moyen d’une alliance entre G8, 10 Etats africains et des firmes agro-alimentaires. Le don de semences provenant des multinationales ainsi que les conditions qu’elles exigent quant à leur participation désespèrent cependant de nombreuses associations, au Nord comme au Sud.

Réponses de la société civile
La société civile, représentée par des milliers de personnes présentes à Hyde Park, entend donc politiser les choix développement qui semblaient naturels dans les discours de la cour des grands. Le 3 juin, cinquante-sept organisations paysannes issues de la société civile africaine, ont rendu public un document, rejetant l’initiative du G8 pour dénoncer « cette nouvelle vague de colonialisme ». Derrière les grands discours, ils craignent, d’assister à une harmonisation des semences et du droit commercial africain. Francis Ngang, secrétaire-général d’Inades-Formation craint qu’à terme : « les efforts déployés par les agriculteurs africains au fil des millénaires sont en passe d’être privatisés et expropriés, tandis que des pratiques traditionnelles vitales, comme la conservation et le partage des semences, menacent d’être criminalisées. » Ainsi, pour la société civile africaine, le développement provenant de cette alliance va surtout entraîner les petits exploitants dans une économie monétaire qu’ils ne maîtrisent pas.
En France, le dossier de l’association Action Contre la Faim du 4 juin, intitulé « Le G8 et sa Nouvelle Alliance : une menace pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique ? » critique, entre autre, l’absence de continuité des politiques existantes et souhaite voir la participation des grandes firmes soumise à un strict contrôle.
La démarche de la société civile est soutenue par un article du Guardian, quotidien britannique de gauche, du 9 juin. Au lieu de la loi du « marché », son auteur prône la souveraineté alimentaire, telle que définie par Via Campesina, insistant sur un renforcement du contrôle local du système de production.

La difficile position française
La société civile française reproche pourtant au Ministre du développement, Pascal Canfin, de ne s’être pas déplacé à Londres pour peser sur les décisions. Dans l’entretien accordé en mai au magazine Faim et Développement, celui-ci a en effet déclaré : « la vision défendue par certains acteurs de cette alliance, en particulier les grandes entreprises de l’agro-alimentaire n’est pas la notre ». La France fait pourtant toujours partie de la « Nouvelle Alliance » qui s’insère dans la diplomatie économique du gouvernement, car un bon nombre d’entreprises françaises sont parties prenantes.
L’heure des choix clairs de développement n’a pas encore sonné.

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