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L’Expansion, Le Point, Le Figaro, 20 Minutes

vendredi 17 avril 2009

Les quotas de pêche : un débat qui ne manque pas de sel

Du 14 au 16 avril 2009, les ports de Boulogne-sur-mer, Calais et Dunkerque ont été bloqués par des pêcheurs de soles et de cabillauds mécontents de la politique de quotas de l’Union Européenne. Ceux-ci l’accusent de mettre à mal leurs revenus, étant donné qu’ils ont déjà épuisé pour certains jusqu’à la moitié de leur quota annuel... en quatre mois de pêche. Une législation trop contraignante ? D’un autre côté, les associations environnementales voient dans ces quotas un mal nécessaire à la reproduction des espèces, et se prononcent parfois pour l’arrêt complet de la pêche d’une espèce comme le thon rouge, menacé d’extinction. Reste que, la situation n’est pas aussi simple, et jongler entre respect de l’environnement, durabilité des espèces et rentabilité économique n’a rien d’une promenade en bateau, même si tout le monde s’accorde pour saborder la politique des quotas.

Des chiffres en surface

A la demande d’augmentation des quotas, la réponse du ministre de l’Agriculture et de la Pêche fut directe : « Non ». C’est en revanche « une enveloppe de 4 millions d’euros d’ici le 30 juin pour aider [les pêcheurs] pendant la période où ils ne pourront plus pêcher de soles et de cabillauds » qui verra le jour, peut-on lire dans Le Figaro. Une enveloppe qui ne satisfait pas les pêcheurs, peu enclins à rester à terre et qui préfèreraient avoir des revenus provenant de la vente de poisson pêchés. Les ports ont néanmoins été débloqués par les pêcheurs qui « comptent poursuivre leur mouvement sous d’autres formes » indique le quotidien, pendant que Michel Barnier a indiqué qu’il négocierait un échange de quotas avec d’autres pays européens.
En Méditerranée, le début de la pêche au thon rouge le 14 avril inaugurait les nouvelles mesures décidées par l’Union Européenne. Quinze jours de moins et un Total Admissible de Capture (TAC, volume de pêche censé ne pas mettre en danger le stock de poisson) diminué de 3000 tonnes (27 % du total), voilà qui ne plaît pas aux thoniers. Ceux-ci fustigent la volonté du ministre de la Pêche de «  casser la pêche française » (Le Point) en même temps qu’ils lui reprochent d’être trop complaisant avec Bruxelles. Très prisé au Japon, le thon rouge est au cœur des débats sur les quotas de pêche depuis certaines années et « la population reproductrice de thon rouge disparaîtra en 2012 si les quotas actuels sont maintenus » explique l’ONG World Wide Fund (WWF) au Point. La politique des quotas ne semblent pas satisfaire grand monde...

Les quotas de pêche n’ont pas la côte

D’ailleurs, comment se déroule la mise en place de quotas de pêche ? Selon l’Expansion : « Dans l’Union Européenne, la pêche est régie par la Politique Commune de la Pêche (PCP) qui fixe chaque année des TAC » sur la base de rapports scientifiques. S’ensuivent après des négociations entre parlementaires et ministres de l’Agriculture et de la Pêche, puis une validation finale par la Commission Européenne. Le TAC européen est ensuite réparti entre les États membres et des échanges de quotas sont encore possibles entre États par la suite. Toutefois, du fait des négociations concernant le volume et la répartition, « les quotas finaux n’ont plus grand chose à voir avec la répartition des scientifiques » déplore François Chartier de Greenpeace dans l’Expansion. Patrick Haezebrouck, vice-président du comité des pêches voudrait également « une autre organisation. Qu’on se base sur un chiffre d’affaires, sur un nombre de jours en mer, pas sur des quotas ». De plus il n’y a pas de prise en compte des rejets de poissons dans la mer (mauvaise prise, poisson en deçà du poids autorisé, quota dépassé du pêcheur...), alors que cela pourrait concerner 50 % des cabillauds, rejetés morts en mer, donc ne ne participant plus à la reproduction de l’espèce, selon Karoline Schacht de WWF.

D’autres systèmes de régulation de la pêche existent. L’Expansion indique qu’en Norvège, Islande, Nouvelle-Zélande et Australie, ce sont des « quotas individuels et transférables » qui sont en vigueur, que l’on peut ensuite échanger sur un marché. Michel Barnier avertit toutefois le lecteur du journal sur le risque de concentration d’entreprises que cela pourrait entraîner, alors que François Chartier estime que « cela n’a pas permis de restaurer les stocks dans les pays qui l’utilise ». Reste que, si tout le monde s’accorde sur la nécessité de changer le système économique de la pêche, un accord satisfaisant à la fois les associations environnementales, les pêcheurs et les scientifiques ne semble pas être au menu des discussions...

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences. 17 avril 2009

Sources :

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