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jeudi 21 septembre 2006, Le Monde, Libération, Midi-Libre, L’Indépendant et La Dépêche du Midi

jeudi 21 septembre 2006

Des OGM "impurs" dans nos sillons ? Le procès de la société Asgrow, filiale du groupe Monsanto, poursuivie devant le tribunal correctionnel de Carcassonne par les services de la Répression des Fraudes pour avoir commercialisé des semences de soja contenant des traces d’OGM, a été présenté comme une grande "première". « Après les faucheurs, les semenciers au tribunal », titre Libération. Le correspondant toulousain du quotidien note avec gourmandise la réaction de José Bové, qui figure plus généralement parmi les prévenus dès lors que la justice traite d’organismes génétiquement modifiés : « c’est jouissif... ». Le procès ne fut cependant pas « le grand débat sur les OGM que pouvaient attendre les militants de la Confédération paysanne », relate Midi Libre, qui atténue volontairement la portée d’une telle audience en titrant sur « quelques OGM de trop ». Le quotidien de Montpellier épouse ainsi la défense de l’entreprise, plaidant que la présence d’OGM dans ses graines était « infinitésimale » (mais sans citer aucun chiffre). A l’inverse, La Dépêche du Midi relaye en plusieurs articles le mot d’ordre des opposants anti-OGM et titre sur leur déclaration de « guerre totale ». Le compte-rendu d’audience du quotidien toulousain s’appuie sur les explications techniques Michel Martin, fonctionnaire du service de la répression des fraudes à l’origine des poursuites : « une impureté OGM n’est pas une impureté variétale ». Un avis auquel s’est rangé le procureur, qui a requis des amendes. Extrait de la réquisition de Jean-Paul Dupont cité par L’Indépendant : « les impuretés sont possibles mais un OGM n’est pas une impureté, il est présent dans la graine ». En marge de ce procès, Le Monde révèle que le quart des semences de maïs importées en France sont « contaminées par les OGM ». L’article, signé de Matthieu Auzanneau, s’appuie sur un bilan de la Direction Générale de l’Alimentation « non publié ». L’article cite aussi une étude de l’Agence française de la sécurité des aliments (AFSSA), également non publiée, qui affirmerait que « "la plupart" des sacs de semences d’importation présentant des traces d’OGM recèlent non pas une, mais plusieurs variétés transgéniques ». Grégoire Berthe, directeur des relations institutionnelles de la coopérative française Limagrain, estime que cela est « inévitable » en raison du«  bruit de fond OGM dans les pollens aux Etats-Unis ». Conclusion de l’article du Monde : souhaiter une filière non-OGM imperméable semble donc impliquer d’interdire l’importation de toute semence venant des pays qui cultivent les OGM.


Voir en ligne : En décembre 2004, un importateur de semences avait déjà été condamné en raison de la présence d’OGM, rappelle le site de la Confédération Paysanne

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