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Jeudi 14 septembre, Libération, Le Monde, agence AP, Nouvel Obs, L’Express, Le Patriote, Fraternité-Matin et Le Nouveau Réveil (Côte d’Ivoire)

jeudi 14 septembre 2006

Les « eaux noires » mortelles du port d’Abidjan. Le déchargement de déchets toxiques d’un bateau dans le port d’Abidjan a provoqué une grave pollution de la capitale de Côte d’Ivoire : intoxications massives de milliers de personnes et au moins 6 décés recensés. Ce « désastre sanitaire vire à l’affaire d’Etat », signale un correspondant de Libération à Abidjan. Charles Amazohoune raconte comment « un banal phénomène de pollution dans une agglomération en proie à une insalubrité chronique », signalé par un reportage sur une chaîne de télévision locale, a conduit à la démission du gouvernement dans une « atmosphère puante de déchets et de corruption ». Le Monde publie le témoignage d’une personne intoxiquée, Espérance Edoukou : « j’ai failli mourir asphyxié parce que certains responsables préfèrent penser à leur intérêt plutôt qu’à notre santé ». Le journaliste Philippe Bernard voit « ses difficultés respiratoires comme le symbole d’un pays à bout de souffle après quatre années de guerre civile ». La presse ivoirienne n’est pas en reste. « La guerre au nord. L’intoxication au sud », résume Le Nouveau Réveil, " journal de choc des Ivoiriens", qui n’hésite pas à pointer du doigt le président Gbago. « Le port d’Abidjan est une pompe à finances pour le régime », confirme Christian Bouquet, professeur de géographie politique à Bordeaux-III et spécialiste de la Côte-d’Ivoire, dans une interview à Libération. Mais sur place, ces accusations peuvent être risquées. Deux journalistes du quotidien "Le Jour Plus" ont été arrêtés pour avoir mis en cause la responsabilité de Simone Gbagbo, l’épouse du président, signale une dépêche de l’agence AP sur le site du Nouvel Obs. Autre quotidien d’opposition, Le Patriote considère que la démission du gouvernement n’est que du « marketing politique ». Ce journal n’est pas qu’une longue tribune politique, comme beaucoup de titres de la presse africaine. Il publie des faîts, des informations, des enquêtes. Le Patriote a ainsi enquêté et retrouvé les chauffeurs des « camions de la mort », ces camions citernes qui ont répandu les eaux noires toxiques sur de nombreux sites de la capitale ivoirienne. Leurs interviews figurent aujourd’hui à la Une du journal. A la Une du quotidien gouvernemental Fraternité Matin, le ministre de l’Urbanisme annonce la pollution de la baie de Cocody. Des correspondants "stagiaires" signalent par ailleurs que le chef du village de Kouédo demande la fermeture de la décharge ou que le maire d’une autre commune interdit la circulation nocturne des camions-citernes. En France, Pierre Haski réclame dans son éditorial à Libération un châtiment exemplaire « même s’il est politiquement explosif » pour un drame exemplaire. Dans un autre article de Libération, Laure Noualhat déplore que le trafic de déchets dangereux est en augmentation en dépit de la règlementation. Même constat de Gaëlle Dupont dans Le Monde : c’est«  un trafic juteux qui se mondialise ».


Voir en ligne : Une "manœuvre conçue et organisée avec habileté par un armateur et un affréteur européens", dénonce Jacky Bonnemain, de l’association Robin des Bois, dans une interview diffusée sur le site de l’Express

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