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lundi 25 février 2013

L’affaire de la viande de cheval vue d’ailleurs

Nous Français avons largement stigmatisé le « cheval roumain ». Mais n’oublions pas que Spanghero, l’entreprise à ce jour considérée comme l’un des principaux responsables de la tromperie, est française. Que pensent nos voisins outre-Manche et nos cousins outre-Atlantique de l’affaire et des nations hippophages ?
Une revue de presse des journaux anglo-saxons par Diane Lambert, pour la Mission Agrobiosciences.

Entre rejeter l’autre et admettre ses fautes… Comme chez nous, l’affaire a, chez les Britanniques, réveillé des relents nationalistes : 53% d’entre eux sont favorables à une interdiction de l‘importation de tous les produits à base de viande « jusqu’à ce que l’on soit certain de leur origine ». Même la ministre de l’Environnement Owen Paterson est montée sur ses grands chevaux et a encouragé le repli nationaliste, en recommandant à ses concitoyens d’ « acheter britannique, pour éviter la viande de cheval » ! Rappelons à cette occasion que l’Irlande, où ont été abattus les chevaux transformés en burgers Tesco, ne fait pas partie de la Grande-Bretagne.

Pour les Irlandais, force est de constater, malgré les premiers espoirs d’un bouc émissaire étranger, que leurs steaks hachés contenant presque 30% de cheval sont uniquement composés de produits nationaux. L’aversion pour la viande de cheval est pourtant légendaire au pays des Connemaras. Un « tabou alimentaire » ancré depuis les débuts du Christianisme, si ce n’est l’Antiquité… auquel s’ajoute la honte, pour les plus pauvres, d’avoir consommé à son insu du cheval introduit dans des produits à bas coûts.

Les mangeurs de grenouilles ont une faim de cheval. Pas de doute, les Français ont tout de même une responsabilité dans cette histoire. Au moins culturelle. Le Time titre : « Des Français refusent d’abandonner leur appétit pour la viande de cheval, même après le scandale », détaillant : « les mangeurs français restent loyaux à certains mets délicats tels que la cervelle de cheval panée, le cœur de cheval frit… » Les Français s’attaqueraient donc non seulement à la viande de l’animal sacré, mais aussi à ses organes les plus symboliques : le cœur et le cerveau. Dans des recettes aussi rares qu’allégoriquement effrayantes… D’où une distance culturelle confirmée entre les Anglo-saxons et l’Europe continentale.

Les Français et la gastronomie : la fin d’un mythe ? Les Américains, qui regardent de loin cette affaire européenne, s’étonnent que les Français puissent manger des plats préparés : Le Washington Post affirme : « Le scandale de la viande de cheval révèle les vraies habitudes alimentaires des Français : l’industrie agroalimentaire gagne du terrain sur la bonne cuisine ». Oui, les Français ne cuisinent pas tous les jours chez eux, avec leur béret, leur vin et leurs torchons à carreaux ! Peut-être parce que les françaises travaillent, 41% de nos dépenses alimentaires vont dans des plats préparés ou des aliments congelés. Ce qui fait tomber le repas gastronomique des Français, inscrit en 2010 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO, au rang des rituels exceptionnels, et non quotidiens comme l’avaient cru nos cousins américains…


Sources :

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