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Conseil français du culte musulman, Ania, Linéaires, la France Agricole.fr, Le Figaro

vendredi 15 février 2013

Alimentation et société : il faudra des remèdes de cheval pour restaurer la confiance.

« Ça bouge au Salon, pour les 50 ans ! » Trop tard pour changer de slogan, à quelques jours de l’ouverture… Effectivement, ça pourrait bien swinguer au Salon international de l’agriculture qui se tiendra du 23 février au 3 mars, et comme chaque année Porte de Versailles, à Paris. Il faut dire que l’affaire des lasagnes au cheval n’en finit pas de rebondir.

L’hallali du halal ?
Un instant, nous aurions voulu croire qu’il ne s’agissait que d’une erreur d’aiguillage dans le circuit de distribution de la viande. Mais très vite, en quelques jours à peine, l’enquête menée par les services de la consommation et des fraudes (DGCCRF pour la France) a permis d’établir qu’il y a bien eu fraude, voire récidive de « l’homme d’affaires néerlandais » qui aurait été « condamné en janvier 2012 par le tribunal de Breda (Pays Bas) pour avoir vendu entre 2007 et 2009 de la viande de cheval qu’il faisait passer pour de la viande de bœuf halal ».
Stupéfaction du Conseil français du culte musulman (CFCM) à la lecture du rapport ! Abasourdi que ces informations n’aient pas été « portées à la connaissance des consommateurs à l’époque », le CFCM demande aux autorités compétentes de divulguer les identités des grossistes et industriels européens, notamment français, qui ont acheté cette fausse viande de bœuf halal et entame « les démarches nécessaires pour que cette demande puisse aboutir rapidement » (communiqué du 14 février). Le début d’une affaire dans l’affaire ?

Alleluia pour les IAA
Bien que toutes les responsabilités ne soient pas encore établies, dans l’actuelle affaire « des lasagnes de cheval », jusqu’à nouvel ordre Findus est hors de cause. L’Ania (Association nationale des industries alimentaires) se réjouit : ce n’est pas l’un des siens qui a fauté. Rassérénée, la puissante association monte au créneau et affirme que pour lutter contre les fraudes de cette nature, l’ensemble de la filière ne peut plus se contenter des contrôles existants. Chaque maillon doit prendre ses responsabilités et mettre en place les actions qui « permettront de garantir toujours plus de sécurité, de traçabilité et de transparence au consommateur ». Et rappelle au passage (dans un communiqué du 14 février) que, malgré cette malheureuse affaire, « la qualité et l’excellence des produits alimentaires français » ne sont pas remises en cause, que les entreprises agroalimentaires de l’Hexagone « transforment chaque année près de 70 % de la production agricole française » et « tient à rappeler les liens de proximité qui unissent la production agricole française et le secteur agroalimentaire. » La grande messe des liens de proximité. Mmm, vraiment ?

Le porc pas très à cheval sur l’éthique
Dans un article en date du 13 février publié sur le site Linéaires, on peut lire que les services de la concurrence et des fraudes (qui sont décidément partout !) viennent de rendre une décision sanctionnant cinq sociétés d’abattage de porcs, représentant tout de même 70% des achats sur le marché du porc breton et dont les prix servent de référence au niveau national, ainsi que deux organismes professionnels. Ce qui leur est reproché ? Rien de moins que de s’entendre pour faire baisser le prix du porc payé aux éleveurs, tout en renchérissant les prix de vente à la grande distribution. Une gifle !
Après cette déconvenue, comment la distribution réagira-t-elle à la main tendue par le secteur coopératif qui lui propose « un partenariat gagnant-gagnant » ? On peut lire dans un papier publié le 14 février par France Agricole.fr que pour Coop de France, le porte-voix des entreprises coopératives, les filières animales françaises doivent « regagner des points de compétitivité face à la concurrence étrangère ». Pour Hubert Garaud, président du pôle animal Coop de France, le bilan est sans appel : « tous les indicateurs sont au rouge » pour les filières d’élevage. « Nous sommes en carence de compétitivité. » En cause, la multiplication des produits et conditionnements demandés par la distribution pour satisfaire le consommateur finit par mettre à mal les filières, avicole par exemple. Et de proposer de réduire le nombre de références, de rationaliser les commandes et - sempiternelle rengaine - de mieux communiquer auprès du consommateur.
Troquant le bras de fer contre une logique de construction commune « entre l’amont, la transformation et la distribution », les coopératives espèrent ainsi récupérer des parts de marchés grignotées par la concurrence européenne. Tout en s’assurant que les enseignes « ne s’accaparent pas l’intégralité des points de compétitivité retrouvés. »

Meli melo
Quel micmac ! Il en faudra des remèdes de cheval pour restaurer la confiance entre le système agroalimentaire et les consommateurs, entre les éleveurs et les transformateurs, entre les producteurs et les distributeurs, entre les citoyens et les politiques…
Et certains déjà de se demander si l’autorisation donnée ce jour par Bruxelles de réintroduire des farines animales dans l’alimentation des poissons à partir de juin (plus tard pour les porcs et les volailles) était vraiment appropriée… Feuilleton à suivre, très prochainement.

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences. Vendredi 15 février 2013.

Sources

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